- (« L’agenda électoral est maintenu, rien ne bouge », martèle Wilfried Houngbédji)
Face aux journalistes, dans la salle Fleuve Jaune du ministère des Affaires étrangères, ce mercredi 10 décembre 2025, Wilfried Houngbédji a déroulé minutieusement les événements d’un dimanche dont l’intensité et la gravité, selon lui, auraient pu faire basculer le Bénin.

Le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, a rencontré les hommes de presse pour exposer la chronologie, les décisions et le bilan provisoire liés à la tentative de déstabilisation survenue le dimanche 7 décembre 2025. C’était ce mercredi 10 décembre 2025, à la salle Fleuve Jaune du ministère des Affaires étrangères. « Notre pays ayant vécu il y a quelques jours des événements d’une gravité extrême, lesquels justifient que nous nous retrouvions pour en tirer les enseignements et en dire aussi à cette étape-ci l’essentiel », ainsi, a-t-il planté le décor de cette conférence de presse.
Le secrétaire général adjoint du Gouvernement, Houngbédji a décrit les auteurs comme limités en nombre. « À la suite du point que le conseil extraordinaire des ministres en a fait, mais d’ores et déjà, il n’est pas superfétatoire de rappeler que ce dimanche 7 décembre 2025, un groupuscule de soldats a essayé de déstabiliser notre pays… J’ai dit groupuscule, parce que sur l’effectif de notre armée, qui compte des milliers de personnes, on avait une centaine ou tout au plus, 200 personnes, parmi lesquelles encore la grande majorité n’avait certainement même pas conscience de l’aventure dans laquelle quelques gradés les entraînaient », a-t-il affirmé.
Capacités et rôle des forces républicaines
Wilfried Léandre Houngbédji a rappelé les efforts de renforcement des forces et des infrastructures, citant notamment la garde nationale et certaines casernes. « Dans la garde nationale, qui est la dernière création du président Patrice Talon, elle est assez bien équipée, bien entraînée, dispose d’infrastructures modernes, comme la caserne de Dessa, comme la base militaire de Togbin… » Selon lui, ces moyens ont permis à l’armée républicaine d’intervenir efficacement.
A croire le porte-parole du gouvernement, « les faits ont commencé à 2 h du matin, à peu près, au domicile des gens, vers 5 h du matin, ils étaient chez le président de la République, dans la matinée les mutins ont réussi à intervenir sur la télévision nationale… ». Il a précisé que, après des actions matinales, les mutins se sont repliés sur la base de Togbin, identifiée comme « la source de la mutinerie ». Située au cœur d’une zone d’habitation, le gouvernement a décidé d’éviter des affrontements dans ce périmètre d’habitation. À cet effet, selon le porte-parole, le président de la République a été ferme à ce qu’il n’y ait pas de carnage pour éviter moins de victimes possibles et surtout pour éviter qu’il y ait des dégâts collatéraux.
Recours à la coopération sous-régionale
Sur l’intervention extérieure, il a expliqué la demande de mandat et la visée des frappes. C’est au soir de la mutinerie, où la situation était déjà maîtrisée par l’Armée républicaine, que la coopération est entrée en jeu. La CEDEAO a donné mandat au Nigeria pour mener les frappes ciblées sur la base de Togbin, identifié comme la source de la mutinerie. « On voulait qu’elles soient ciblées chirurgicalement pour qu’il n’y ait pas de victimes collatérales… ». Il ajoute que les règles du droit international ont été respectées et que les soldats désarmés n’ont pas été attaqués. « Dès lors qu’ils étaient désarmés, les consignes étaient claires. N’attentez pas à leur vie et ils n’ont pas été inquiétés », a révélé le porte-parole.
Bilan provisoire
Le porte-parole a fait état d’un bilan provisoire pour l’assaut au domicile du chef de l’État. « Nous avons à l’occasion, perdu un (01) agent, et nous avons eu également un (01) blessé grave pris en charge. Du côté des mutins, il y a eu des blessés, il y a eu des morts, mais ils sont partis avec les corps. En attendant que l’armée fasse le point des effectifs, on ne peut pas dire exactement le nombre de morts qu’il y a dans leur rang. » Interrogé sur à peu près le nombre des assaillants, le porte-parole a indiqué qu’ils sont une centaine d’hommes (100-200) personnes au total déployées, dont « le gros lot ne savait pas dans quoi il était embarqué ».
Wilfried Houngbédji n’a pas manqué de saluer l’attitude des citoyens, restés serins. « Les populations béninoises étaient concentrées chez elles, le pays était généralement calme. Et tout le monde, dans notre quasi-unanimité, a condamné cette entreprise mortifère de militaires », a-t-il dit.
Maintien du calendrier institutionnel
Wilfried Houngbédji a été formel sur la poursuite des échéances. « L’agenda électoral est maintenu, rien ne bouge. Nous ne modifions pour rien, aucun de nos agendas officiels, institutionnels, le pays doit continuer à vivre, continuer à inspirer la confiance qu’il inspire au monde entier, aux investisseurs », a-t-il déclaré. Pour lui, « la journée du 7 décembre 2025 n’aura été qu’une tache noire regrettable sur notre peau commune, mais que nous allons travailler à la nettoyer très vite… »
Augustin HESSOU

