
Révisée le samedi 15 novembre 2025 à l’Assemblée nationale, la constitution béninoise a fixé désormais le mandat présidentiel à 7 ans renouvelable une fois, ainsi que celui des députés et des élus communaux. Cette réforme suscite depuis peu une vague de critiques. Reçu sur E-Télé, il y a quelques jours, Iréné Josias Agossa, membre du bureau politique du parti Union Progessiste-Le Renouveau a évoqué le bien fondé du choix du septennat. Selon ses explications, le Bénin a un problème de transmission du développement, car le quinquennat adopté par les anciens gouvernants ne lui convient pas. « La transmission est importante dans tout processus de développement. Et c’est de ça le Bénin souffre. Si vous avez reçu un objet d’art de vos parents, qui n’est pas utile pour vous, vous allez certainement le jeter à la poussière parce que c’est transmis mais l’effet de transmission ne permet pas de résoudre un problème chez vous. Donc cet objet n’a plus la valeur et vous pouvez aller acheter d’autre chose pour pouvoir satisfaire le besoin qui est en vous », a-t-il fait savoir. Pour Iréné Agossa, lorsqu’à chaque fois, le principe transmis n’est pas utile pour le bénéficiaire, on assiste à un éternel recommencement. Ce qui est visible, souligne-t-il, à travers les réalisations des projets. « On se pose alors la question, combien de temps faut-il pour pouvoir réaliser ces projets de manière à rendre plus visibles les fondamentaux de développement et permettre à ce que l’équipe qui va prendre le relais ne reprend pas à zéro, car ce qu’on faisait depuis 1990 jusqu’en 2016, c’est la reprise permanente à zéro », a affirmé Iréné Agossa.
« Il ne faut pas juste regarder le chiffre 7 »
Le chiffre 7, à considérer les explications de l’acteur politique, n’est pas ce sur quoi il faut se focaliser. Il faut voir plutôt combien de temps il faut pour une équipe de rendre transmissible le développement. C’est-à-dire permettre à ce que les fondamentaux soient installés. « À partir de Président Talon, on a compris qu’il fallait aller un peu plus au-delà des 5 ans. Celui qui ne pense pas à cela et qui place directement toutes ses idées sur 7 ans ne comprend rien » a-t-il relevé. En effet, pour Iréné Agossa, pour bien instaurer les fondamentaux tels que les infrastructures politiques, institutionnelles, économiques, sociales, énergétiques, il faut donner du temps au pouvoir. « C’est ainsi qu’on comprend qu’avec le septennat, nous disposons de deux mandats suffisamment longs pour mettre en place notre système industriel, conduire les projets structurants et rompre avec la culture de l’urgence et du court terme. Ceci afin de privilégier la cohérence des politiques publiques et favoriser la maturité institutionnelle en évitant les campagnes électorales trop rapprochées » au justifié le membre du bureau politique de l’UP le Renouveau. C’est d’ailleurs sur ce point qu’Iréné Agossa a centré son argumentation. À le croire, quand la durée du mandat ne permet pas de bien asseoir une politique de développement, cela créé des difficultés et dès qu’une équipe entame la mise en place des fondamentaux, « elle se retrouve nez à nez avec déjà une autre campagne, compte tenu du temps d’exécution ». Il est donc important, nous apprend Iréné Agossa, d’élargir le mandat présidentiel pour une gouvernance stable plus efficace orientée vers le long terme. En donnant l’exemple de la France qui adopte aujourd’hui le quinquennat, Iréné Josias Agossa a fait savoir que l’hexagone n’a pas été construite à partir de Mitterrand ni de De Gaulle. La France, a-t-il rappelé, a été construite depuis les rois et ça a pris du temps pour mettre en place les fondamentaux. Et les autres sont juste venus pour gérer cette transmission de développement. « Alors on leur a bien transmis le développement. Ils sont entrés dans cette culture. Et pour gérer le développement, ils ont pris 7 ans depuis la 3ème République. Ce n’est qu’en 2002 à partir de Chirac qu’ils sont revenus au quinquennat pour monter que l’équipe au pouvoir peut maintenant avec ce temps gérer les problèmes. Nous, nous ne sommes pas encore là », a souligné Iréné Agossa.
Naurice Adagbe (Stag.)

