
Le parti Les Démocrates traverse une zone de fortes turbulences alors que la justice béninoise vient d’être saisie pour arbitrer le violent conflit de leadership qui oppose Éric Houndété à la nouvelle direction de Nourénou Atchadé. Cette bataille pour le contrôle de l’appareil politique, née de la succession de Boni Yayi et aggravée par des choix divergents pour la présidentielle d’avril 2026, menace désormais l’unité de la principale force de l’opposition nationale à l’aube d’un scrutin décisif.
La démission inattendue de l’ancien président Thomas Boni Yayi de la tête de la formation a ouvert une période d’incertitude que l’intérim initialement confié à l’Honorable Éric Houndété n’a pas suffi à apaiser. Ce qui devait être une transition organisée s’est mué en un véritable bras de fer lors du récent conclave du parti. Alors que les instances dirigeantes annonçaient la désignation de Nourénou Atchadé comme nouveau président, une partie des cadres, menée par Éric Houndété, a choisi de quitter la salle en signe de protestation, contestant vigoureusement la régularité du processus électoral interne.
Cette fracture s’est accentuée dès le lendemain avec une guerre de déclarations par médias interposés. Tandis qu’Éric Houndété réaffirmait sa légitimité en tant que président par intérim, des voix influentes du parti, à l’instar de l’Honorable Kamel Ouassagari et du vice-président Eugène Azatassou, montaient au créneau pour valider la nouvelle gouvernance. Cette confusion au sommet a rapidement pris une tournure électorale majeure. Alors que le parti décidait officiellement de ne soutenir aucun candidat pour le scrutin du 12 avril prochain, Éric Houndété et ses partisans ont franchi le rubicon en signant le « Pacte républicain » avec le duo de la mouvance présidentielle, Romuald Wadagni et Mariam Chabi Talata.
La réponse de la direction officielle ne s’est pas fait attendre avec une mesure d’exclusion immédiate visant Éric Houndété et les militants ayant affiché ce soutien public à la majorité. Refusant de cautionner cette sanction qu’il juge infondée, le clan Houndété a décidé de porter l’affaire devant les tribunaux pour faire annuler l’élection de Nourénou Atchadé, qualifiée d’illégale. C’est donc désormais devant les juridictions que se jouera l’avenir du parti, les juges ayant la lourde tâche de désigner qui, des deux camps, détient la signature légale et la légitimité pour diriger Les Démocrates.
Augustin HESSOU

