La ville de Namur, en Belgique, a accueilli les 8 et 9 juin 2026 la 107e réunion du Bureau de l’Association Internationale des Maires Francophones (AIMF). À l’invitation de la bourgmestre Charlotte Bazelaire, le maire de Cotonou, Luc Gnacadja et près d’une centaine de maires et représentants de villes et capitales francophones se sont réunis pour réfléchir aux réponses que les collectivités locales peuvent apporter aux grands défis contemporains.

Venus notamment d’Abidjan, Antananarivo, Brazzaville, Casablanca, Cotonou, Dakar, Douala, Kinshasa, Libreville, Paris, Québec ou encore Rabat, les participants ont réaffirmé leur volonté de renforcer la coopération entre territoires afin de produire des résultats concrets au bénéfice des populations.
Ville particulièrement engagée dans la coopération décentralisée, Namur entretient de nombreux partenariats internationaux axés sur l’aménagement urbain, la culture, le patrimoine et les échanges économiques. Cette dynamique s’inscrit dans l’engagement plus large des collectivités belges membres de l’AIMF et bénéficie du soutien constant de la Région wallonne.
Parmi les temps forts de cette rencontre figure l’intervention du maire de Cotonou, Luc Gnacadja, qui a pris part aux réflexions consacrées à l’évolution de la coopération internationale et à son impact sur les politiques publiques locales. S’exprimant devant ses homologues francophones, l’édile de Cotonou a défendu une vision renouvelée de la coopération entre collectivités. Selon Luc Gnacadja, les crises actuelles sont mondiales dans leurs origines mais se manifestent toujours à l’échelle locale, qu’il s’agisse des effets du changement climatique, des tensions géopolitiques ou des difficultés économiques et sociales. « Les citoyens se tournent d’abord vers leurs collectivités locales lorsque surviennent les crises », a-t-il souligné, plaidant pour une reconnaissance accrue du rôle des territoires dans la conception et la mise en œuvre des politiques publiques.
Pour le maire Gnacadja, la coopération internationale doit désormais dépasser la simple logique d’assistance financière pour favoriser la transformation durable des systèmes locaux. Il a appelé à privilégier la co-construction des solutions, le partage des expériences et le renforcement des capacités des collectivités.
Le maire de Cotonou a également insisté sur la nécessité de valoriser les innovations développées par les villes africaines, confrontées à l’une des transitions urbaines les plus rapides au monde. Résilience, mobilité, économie circulaire, inclusion sociale ou gouvernance locale constituent, selon lui, autant de domaines dans lesquels les collectivités africaines produisent déjà des réponses innovantes susceptibles d’inspirer d’autres territoires.
De cette rencontre de Namur, les membres de l’AIMF ont réaffirmé leur conviction que les villes ne sont plus seulement des bénéficiaires du multilatéralisme, mais des acteurs à part entière de sa construction. Un message fort dans un contexte où les collectivités locales apparaissent de plus en plus comme des leviers essentiels de stabilité, de résilience et de développement durable.
Romain HESSOU

