La CCI Bénin a organisé du 20 au 22 mai 2026 à l’Hôtel Amazone de Bohicon, un atelier de renforcement des capacités au profit des points focaux du Mécanisme d’Alerte aux Obstacles du Commerce (MAOC).

Permettre aux points focaux de mieux s’approprier l’outil MAOC en éliminant les Mesures Non Tarifaires (MNT) pour offrir aux opérateurs économiques un environnement d’affaires prévisible, rapide et hautement compétitif. Tel est l’objectif majeur de l’atelier de renforcement des capacités tenu du 20 au 22 mai 2026 à l’Hôtel Amazone de Bohicon. Ledit atelier, organisé par la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin (CCI Bénin), s’inscrit dans la mission permanente de la chambre consulaire de soutenir les entreprises et de dynamiser le paysage commercial national.
Lors de la cérémonie de lancement de l’atelier, Razack Yessoufou, Point focal national du MAOC au Bénin et Chef département Facilitation des échanges et Services Concédés à la CCI Bénin a, au nom du Président de la CCI Bénin Arnauld Akakpo et de son Secrétaire Général, souhaité la bienvenue et remercié tous les points focaux institutionnels, les agences gouvernementales, les directions techniques des ministères pour leur présence à l’atelier. Il n’a pas manqué de manifester sa gratitude aux acteurs du secteur privé dont, pour lui, la présence et la contribution sont essentielles pour garantir le succès de l’objectif fixé pour l’atelier.
De son côté, le représentant de la CCI Bénin, Félix Agbakou, a transmis les remerciements de l’institution consulaire aux partenaires ITC (Centre du Commerce International) pour son expertise technique et sa collaboration institutionnelle ainsi qu’à TRADE MARK AFRICA (TMA) pour son soutien financier à l’organisation de l’atelier. Il a aussi exhorté les points focaux à une active participation. « Les entreprises vont se porter mieux lorsqu’il n’y a pas d’obstacles à la bonne évolution de leurs activités », a-t-il déclaré avant de d’insister sur le rôle central que jouent les points focaux dans l’écosystème économique national.
Pour sa part, le Coordonnateur de Trade Mark Africa (TMA), Eustache Pomalegni a salué le leadership de la CCI Bénin et son engagement constant en faveur des échanges et de l’environnement des affaires au Bénin. « Le MAOC est un outil stratégique permettant de signaler, de suivre, de résoudre de manière concertée les difficultés rencontrées par les acteurs du commerce », a- t-il affirmé avant d’ajouter : « Pour Trade Mark Africa, soutenir ce type d’initiative revient à contribuer de manière concrète à la fluidification des échanges, à la dynamisation du commerce et à la création d’un environnement plus favorable au secteur privé. »
L’appui technique et financier déterminant de Trade Mark Africa
Selon les représentants de la CCI Bénin, la tenue et la réussite de cet atelier ont été rendues possibles grâce au soutien financier et technique de Trade Mark Africa (TMA). Grâce à son expertise reconnue en matière de facilitation des échanges et d’intégration économique sur le continent, TMA confirme son statut de partenaire clé du secteur privé béninois. Cet appui permet au MAOC de s’aligner sur les bonnes pratiques au niveau africain et internationale, accélérant ainsi la mise en œuvre des réformes liées à la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf). Ce financement témoigne de la confiance accordée à la CCI Bénin et de la vision partagée par les deux institutions : bâtir des corridors commerciaux compétitifs, interconnectés et prêts à tirer pleinement profit de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf).
Le MAOC, un levier stratégique pour les entreprises
Les obstacles au commerce constituent des freins majeurs à la fluidité des échanges, tant au niveau national que régional. C’est pour répondre à ce défi que le MAOC a été mis en place, agissant comme un véritable outil de résolution des goulots d’étranglement logistiques, douaniers ou administratifs. Le MAOC ne peut être pleinement efficace que si ses acteurs partagent le même niveau d’informations et de réactivité.
Pendant trois jours, les points focaux issus des ministères sectoriels, des douanes, des structures de contrôle de qualité, des associations professionnelles ainsi que des régions économiques de la CCI Bénin ont été pleinement outillés pour prendre en charge, de manière proactive, les obstacles rencontrés au quotidien par les chefs d’entreprises. Ce qui garantit aux opérateurs économiques un accompagnement de proximité plus dynamique, une meilleure écoute et une réactivité accrue sur l’ensemble du territoire national.
L’un des premiers leviers explorés a été l’amélioration du dialogue public-privé. Sous la facilitation de Razack Yessoufou, communicateur principal de ladite séance, les participants ont exploré les différents mécanismes permettant aux entreprises de mieux collaborer avec les administrations de contrôle. Cette collaboration souhaitée requiert plusieurs actions, notamment un dialogue permanent, une participation au processus consultatif, une connaissance mutuelle des textes règlementaires, une meilleure interconnexion entre les administrations (douanes, impôts, normes) et la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin (CCI Bénin), institution de relais d’informations auprès des acteurs économiques.
Échanges sur les Mesures Non Tarifaires (MNT)
Pour apporter des solutions aux entreprises, les travaux se sont structurés autour de trois tables rondes thématiques et interactives avec pour objectif de lever méthodiquement les verrous administratifs, techniques et douaniers qui paralysent les opérations commerciales.
La première table ronde portait sur les exigences techniques et l’évaluation de la conformité des produits. Cette session a traité des barrières techniques au commerce (normes de qualité, lourdeur dans les contrôles sanitaires) qui bloquent souvent l’accès des produits béninois aux marchés extérieurs et intérieurs. Les discussions ont permis de clarifier les processus d’évaluation, de conformité et de certification des agences spécialisées. L’enjeu identifié reste la réduction des délais tout en évitant les redondances dans les inspections tout en garantissant la qualité exigée à l’international.
En ce qui concerne la table ronde 2, elle portait sur les règles commerciales, certificat d’origine et gestion des devises. Les échanges entre acteurs publics et privés ont fait cas des procédures lourdes qui pénalisent les exportateurs et qui freinent parfois la compétitivité des entreprises, notamment les délais d’obtention du certificat d’origine et d’accès aux devises. Les débats ont conduit à la nécessité de rechercher des solutions pour l’allègement desdits délais et la facilitation des autorisations de change.
Pour finir, la table ronde 3, avait pour thème inspections, taxes et autres formalités douanières. Consacrée au passage frontalier physique et documentaire, les échanges de cette table ronde ont fait cas de la rationalisation des contrôles. En effet, sur le terrain, les transporteurs font face à une multiplication des points de contrôle, à des passages systématiques et lents au scanner ainsi qu’à des inspections physiques redondantes. À cela s’ajoutent des taxes annexes ou des frais imprévus perçus par diverses administrations, ce qui fait grimper le prix de revient des produits et augmente les délais de route. L’enjeu est de simplifier les inspections en ciblant uniquement les cargaisons à risque afin de réduire les délais de route et d’éradiquer les barrières anormales sur les corridors de transit.
Cas pratiques sur traitement d’alertes
Passant de la théorie à la pratique, les points focaux ont été soumis à l’examen minutieux de cas réels de rapports d’obstacles enregistrés par les opérateurs économiques sur la plateforme MAOC. Cet exercice pratique a permis de simuler la résolution de litiges. Ils ont ainsi pu mesurer l’importance de la coordination inter-administrative utile pour garantir que chaque plainte ne reste sans réponse et soit traitée dans les plus brefs délais.
Pour Razack Yessoufou, point focal national du MAOC au Bénin, cet atelier de renforcement des capacités des points focaux marque une étape décisive dans la volonté de la CCI Bénin d’offrir un environnement d’affaires de plus en plus fluide. Pour lui, la collaboration entre le public et le privé permet de développer des mesures pour anticiper sur la facilitation des échanges car « l’intérêt aussi bien pour le privé que pour le public est que lorsque l’entreprise est compétitive, c’est l’État et l’entreprise qui gagnent ».
Appropriation de l’outil numérique du MAOC
En point d’orgue de cet atelier, la transition numérique du mécanisme a été matérialisée par la présentation technique de Irwing Gbaguidi, Chef département service informatique à la CCI Bénin. Il a expliqué le fonctionnement de la plateforme numérique du mécanisme d’alerte.
Augustin HESSOU

