
C’est plus qu’un tissu. C’est une couleur. Une histoire. Une identité. Le pagne africain revient intensément à la mode chez les Béninois pour se valoriser à nouveau. Il y a ceux qui les vendent, les coupent et ceux les portent. Entre tradition et modernité, l’exploration de la seconde vie du pagne. Sous le soleil matinal de ce samedi 30 mai 2026, plusieurs allées du marché Dantokpa s’animent progressivement. Des commerçantes déplient avec soin des tissus aux couleurs éclatantes : rouge, jaune, bleu et violet se mêle dans une véritable mosaïque de motif. Ici le pagne africain attire les regards et rappelle à lui seul une partie de l’histoire du continent.
Longtemps considéré comme un simple vêtement du quotidien, le pagne est aujourd’hui au cœur d’une dynamique de valorisation qui touche la culture, la mode et l’économie. Depuis plusieurs générations, le pagne occupe une place importante dans les sociétés africaines. Il accompagne les grands moments de la vie : mariage, baptême, funérailles, fête religieuse et cérémonie traditionnelle. Chaque motif, chaque couleur et parfois même chaque nom donné au tissu véhicule un message. « Pour les motifs des pagnes africains, on dénombre, entre autres, Chiganvy, GTP, UNIWAX, Vlisco, Chana. En prenant la signification d’un seul pagne appelé « Mon mari est capable », la vendeuse AKABASSI, explique : « Les lèvres illustrées sur ce pagne vont symboliser l’affection. Et la considération que l’homme a envers sa femme, il est dit que celui qui offre ce pagne à sa femme est un homme qui a les moyens, un homme capable. » Selon plusieurs spécialistes du patrimoine africain, le pagne représente une forme d’expression culturelle qui dépasse largement sa fonction vestimentaire. Les motifs permettent même de transmettre des valeurs sociales, des enseignements ou des proverbes populaires. Robe de soirée, costume, veste, sacs à main, chaussures et accessoires le pagne se déclinent sous de multiples formes.
Nina AVODAGBE (Stag.)

