Les acteurs de la chaîne des bâtiments et travaux publics (BTP) se sont réunis, vendredi 12 juin 2026 à Cotonou, à l’occasion de la Journée d’opportunités BTP 2026. Placée sous le thème « Bénin Alafia 2060 : quelles perspectives pour les PME de construction ? », cette rencontre a servi de cadre d’échanges entre autorités publiques, ordres professionnels, entrepreneurs et experts du secteur sur les défis et opportunités liés au développement des petites et moyennes entreprises du BTP.

Organisée à Golden Tulip Le Diplomate Cotonou, l’initiative de ce vendredi 12 juin 2026, ambitionne de créer un espace de dialogue entre les différents maillons du secteur BTP afin de renforcer les capacités des entreprises locales et favoriser leur intégration dans les grands projets structurants du pays.
À l’ouverture des travaux, le coordonnateur de la Journée d’opportunités BTP, Bruno Gnidéhoué, a rappelé que cette édition s’inscrit dans une dynamique de renforcement du secteur, avec un accent particulier sur la sous-traitance. Selon le coordonnateur, plusieurs préoccupations persistent quant à l’accès des PME locales aux grands marchés, à la formalisation des contrats et à la gestion des litiges susceptibles de ralentir les chantiers. « Comment faire pour que les PME locales puissent accéder au rang de grandes entreprises qui méritent de prendre de grands marchés ? », s’est-il interrogé, estimant nécessaire de créer un cadre permettant aux acteurs de partager expériences, opportunités et bonnes pratiques.
Des PME au cœur de l’écosystème du BTP
Pour le président de l’Ordre national des ingénieurs civils du Bénin, Victor Gbaguidi, le thème retenu revêt une importance stratégique dans la mesure où il interroge la place des entreprises béninoises dans la transformation du pays à long terme. « Quand le bâtiment va, tout va », a-t-il rappelé, soulignant que le secteur du BTP demeure un puissant levier de développement économique, de création d’emplois et d’amélioration du cadre de vie.
Toutefois, il a insisté sur les nombreuses difficultés auxquelles restent confrontées les PME du secteur, notamment l’accès au financement, aux marchés, aux compétences techniques et à la digitalisation. Pour lui, le développement durable du BTP passe par la compétence, l’éthique, la qualité des prestations et une meilleure structuration des entreprises locales.
Victor Gbaguidi a également plaidé pour des mécanismes concrets d’accompagnement, incluant la formation continue, le mentorat entre grandes entreprises et PME, ainsi qu’une meilleure valorisation de l’expertise locale dans les projets structurants.
Briser les silos et renforcer les synergies
Même son de cloche du côté de la présidente de l’Ordre national des architectes et des urbanistes du Bénin (ONAUB), Françoise Amoussou, qui a insisté sur la nécessité d’une collaboration renforcée entre architectes, ingénieurs, urbanistes et entrepreneurs. Selon elle, les ambitions de transformation du Bénin ne sauraient être atteintes sans une synergie « forte, intelligente et structurée » entre tous les acteurs du BTP.
Face à une urbanisation croissante et aux défis climatiques, elle estime indispensable d’intégrer davantage les PME locales aux grands projets d’infrastructures, tout en misant sur la formation continue, l’innovation technologique et le respect rigoureux des normes professionnelles. « La performance ne se décrète pas, elle se construit », a-t-elle affirmé, appelant à faire de cette journée un point de départ pour des collaborations concrètes et des transferts de compétences.
Le gouvernement promet davantage de place aux PME locales
Procédant à l’ouverture officielle de la rencontre, le ministre du Cadre de vie et des Transports chargé du Développement durable, Georges Alé, a salué une initiative favorisant le dialogue entre les différentes composantes du secteur. Évoquant la dynamique infrastructurelle engagée au Bénin depuis plusieurs années, il a souligné le rôle stratégique du BTP dans la transformation économique et sociale du pays.
Sous le leadership du président de la République, Romuald Wadagni, a-t-il indiqué, le gouvernement entend renforcer l’impact social des investissements publics en accordant une place plus importante aux PME locales dans l’exécution des projets. « Les PME seront de plus en plus mises au cœur de notre dispositif », a assuré le ministre, précisant que les entreprises internationales seront davantage invitées à nouer des partenariats actifs avec les acteurs nationaux.
Pour Georges Alé, la Vision « Bénin 2060 ALAFIA, un Monde de Splendeurs » exige des entreprises plus professionnelles, innovantes et compétitives, capables de répondre aux standards de qualité et aux enjeux contemporains liés notamment aux matériaux innovants, à la territorialisation du développement et aux infrastructures durables.
Au terme de cette journée, les participants sont appelés à formuler des recommandations susceptibles de renforcer durablement les capacités des PME du BTP et d’accroître leur participation aux ambitions infrastructurelles du Bénin de demain.
Romain HESSOU

