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Loterie Nationale Du Bénin (Lnb) à la BRVM : Un titre sous pression, un nouveau capitaine à la barre

Dix-huit mois après son entrée à la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières, la LNB aborde la deuxième moitié de 2026 avec un bilan boursier contrasté et une direction renouvelée. 

La cérémonie de passation de service avait les allures d’un changement de cap. Le 16 juin 2026, au lendemain de l’annonce de sa nomination, Marius Adanzounon prenait officiellement les commandes de la Loterie Nationale du Bénin (LNB), en présence de la Présidente du Conseil d’administration, Sarah Bénédicte Kpénou. Il succède à Gaston Zossou, qui a dirigé l’entreprise pendant dix ans, et dont la nomination s’inscrit dans la vague de renouvellements engagée depuis l’investiture du président Romuald Wadagni le 24 mai 2026. Pour les actionnaires de LNBB, la question qui se pose immédiatement est celle de la trajectoire boursière du titre : dans quel état Marius Adanzounon hérite-t-il de l’entreprise ?

Un titre qui creuse l’écart avec son prix d’introduction

La réponse est lisible dans les cours. Le prix de cession retenu lors de l’offre publique de vente de décembre 2024 avait été fixé à 4 800 FCFA par action. Depuis, l’érosion est patente. Au 31 décembre 2025, l’action LNBB clôturait à 4 295 FCFA, en recul de 9,2 % depuis le début de cette même année. Sur les six premiers mois de 2026, la tendance s’est poursuivie avec acuité : le titre a oscillé entre un plus bas de 3 760 FCFA et un plus haut de 4 520 FCFA, pour une moyenne annuelle de 3 994 FCFA. En séance ce 25 juin 2026, LNBB cotait à 4 200 FCFA, en progression de 5 % sur la journée, signe d’un rebond technique mais qui ne suffit pas, à ce stade, à effacer le décrochage accumulé depuis l’introduction.

2025 : une chute des résultats qui a pesé sur le sentiment de marché

Pour comprendre la défiance des investisseurs, il faut remonter aux fondamentaux. La LNB a enregistré au premier semestre 2025 un bénéfice net de 841 millions de francs CFA, en baisse de 88 % par rapport au résultat annuel de 2024, les recettes ayant chuté de 6 % en raison de la concurrence croissante des opérateurs de jeux privés et illégaux. Le résultat net de l’exercice 2024, en forte hausse à 7,18 milliards FCFA, apparaissait ainsi comme un pic fragile plutôt qu’un socle durable. Le profit warning publié en fin d’année a confirmé le pire : pour l’exercice 2025, la LNB prévoyait un recul de 8 % de son chiffre d’affaires et une chute de près de 47 % de son résultat net, attendu à 3,78 milliards FCFA.

Cette dégradation s’explique aussi par des facteurs structurels. Entre 2021 et 2024, la LNB avait affiché une croissance soutenue de son activité, avec un chiffre d’affaires passé de 79,9 à 102,5 milliards FCFA. Mais cette dynamique s’était accompagnée d’une explosion des charges d’exploitation, en hausse de 17 % sur un an en 2024. Le coefficient d’exploitation avoisine désormais 70 %, révélant une perte d’efficacité opérationnelle, et la marge opérationnelle est passée de 12,7 % à 4,45 %.

Face aux émetteurs béninois : un positionnement difficile

Rapportée à l’ensemble des valeurs béninoises cotées à la BRVM, la situation de LNBB est encore plus saisissante. La Bank of Africa Bénin (BOAB), qui cotait à 8 950 FCFA en séance ce 25 juin 2026, affiche depuis le début de l’année une trajectoire haussière soutenue par des résultats bancaires solides dans un contexte régional favorable.   En comparaison, LNBB, avec un PER de 16,59 au 12 juin 2026,  contre 11,97 six mois plus tôt,  présente une valorisation qui a mécaniquement gonflé non pas par la hausse des bénéfices, mais par leur contraction, signe d’une action sur laquelle le marché commence à actualiser un potentiel de redressement plutôt qu’une performance avérée.

En mai 2026, les analystes notaient que les performances de 2025 s’étaient finalement révélées légèrement au-dessus des anticipations les plus pessimistes, mais que les marges restaient sous pression en 2026.

L’effet Adanzounon : un pari sur le numérique

C’est dans ce contexte que le profil du nouveau directeur général prend tout son relief. Marius Adanzounon totalise 17 ans de carrière dans les télécommunications et une expertise reconnue dans l’expérience client et la transformation numérique, sans expérience préalable dans le secteur des jeux. Son arrivée intervient précisément au moment où la LNB entend lancer une plateforme de paris sportifs et de jeux virtuels en ligne pour récupérer des parts de marché face aux opérateurs privés et illégaux.

Pour les investisseurs, l’équation est claire : le titre reste sous son prix d’introduction, les résultats financiers traversent une phase de contraction marquée, et la concurrence du marché informel s’intensifie. Mais le profil technologique du nouveau DG, adossé à une capitalisation boursière de 76,7 milliards FCFA, offre un catalyseur potentiel que le marché sera attentif à valider dès les prochains résultats trimestriels.

Olivier ALLOCHEME

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