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Première édition du CISFA : La santé des femmes africaines au centre des débats scientifiques à Cotonou

Du 8 au 10 juillet 2026, le Palais des Congrès de Cotonou accueille la première édition du Congrès international sur la santé des femmes africaines (CISFA). Réunissant près de 300 chercheurs, cliniciens, décideurs publics et représentants de la société civile issus de 17 pays d’Afrique et d’Europe, cette rencontre scientifique ambitionne de faire progresser la recherche sur les spécificités de la santé des femmes africaines et de renforcer l’équité dans les politiques de santé. Plusieurs autorités béninoises et partenaires internationaux ont salué une initiative appelée à devenir une référence sur le continent.

Le Palais des Congrès de Cotonou est, du 8 au 10 juillet 2026, le théâtre de la première édition du Congrès international sur la santé des femmes africaines (CISFA). Placée sous le thème « Les enjeux d’équité dans la recherche sur la santé des femmes », cette rencontre scientifique rassemble près de 300 participants provenant de 17 pays d’Afrique et d’Europe autour d’un objectif commun, celui de mieux comprendre les réalités sanitaires des femmes africaines afin d’améliorer leur prise en charge.

À l’ouverture des travaux, la présidente du comité d’organisation, Dr Clémence Chantz, est revenue sur la genèse de cette initiative née dans le prolongement d’une journée scientifique organisée en mars 2025 au CNHU-HKM. Seize mois plus tard, le projet a pris une dimension internationale avec un programme comprenant 14 conférences plénières, 108 communications scientifiques, 26 posters ainsi que plusieurs activités parallèles, dont une collecte de sang en partenariat avec la Fondation Claudine Talon.

Fruit d’une collaboration entre le Collège national des gynécologues obstétriciens du Bénin (CNGOB), le Laboratoire d’épidémiologie des maladies chroniques et neurologiques (LEMACEN), l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et l’Université Paris Cité, le congrès témoigne de la volonté de renforcer les collaborations scientifiques entre l’Afrique et ses partenaires internationaux.

Le président du CNGOB, Dr Emmanuel Ewagnignon, a souligné que la coopération entre chercheurs, cliniciens et spécialistes de différentes disciplines constitue désormais une exigence pour produire une science capable de répondre efficacement aux besoins des femmes. Il s’est réjoui de la forte mobilisation enregistrée, saluant la présence de délégations venues de 17 pays ainsi que le soutien du gouvernement béninois.

Même satisfaction du côté de l’ambassadrice de France au Bénin, Nadège Chouat, qui a insisté sur la nécessité de rendre davantage visible la recherche consacrée à la santé des femmes africaines. Selon l’ambassadrice, ces dernières demeurent insuffisamment représentées dans les études scientifiques, ce qui contribue à des diagnostics moins précis, à des traitements parfois inadaptés et à un creusement des inégalités sanitaires. Elle a rappelé que l’Afrique subsaharienne concentre encore près de 70 % des décès maternels recensés dans le monde, plaidant pour une recherche davantage ancrée dans les réalités du continent.

Présidente de l’Institut national de la Femme, Huguette Bokpè Gnacadja a, pour sa part, replacé les débats dans une perspective plus large de justice sociale. Pour elle, la santé des femmes dépasse le cadre médical et constitue un levier essentiel de développement. Elle a appelé les participants à promouvoir une médecine fondée sur les preuves, mais également profondément respectueuse de la dignité et des réalités culturelles, économiques et sociales des femmes africaines.

Prenant la parole sous un registre plus personnel, la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Formation technique, Romarique Sèdami Médégan Fagla, a partagé sa propre expérience face aux difficultés rencontrées pour obtenir un diagnostic adapté lors de changements biologiques liés à l’âge. Son témoignage a mis en lumière les insuffisances persistantes dans la compréhension médicale des spécificités féminines, notamment chez les femmes noires, qu’elle considère comme une véritable question d’équité et de justice sociale. Elle a souhaité que cette première édition du CISFA contribue à renforcer la recherche et à susciter davantage de spécialisations médicales dédiées à la santé des femmes.

Procédant à l’ouverture officielle des travaux, le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, a rappelé que les femmes demeurent insuffisamment prises en compte dans la recherche biomédicale mondiale. Il a notamment indiqué que moins de 10 % des budgets mondiaux de recherche sont consacrés à la santé des femmes et que moins de 2 % des essais cliniques concernent directement les femmes africaines.

Le ministre Hounkpatin a également présenté les principales réformes engagées par le Bénin, notamment la révision de la loi sur la santé de la reproduction, qui élargit l’accès à l’avortement sécurisé, ainsi que la loi portant protection des femmes contre les violences fondées sur le sexe. Tout en reconnaissant les progrès accomplis, il a invité les chercheurs à produire des recommandations scientifiques susceptibles d’orienter les politiques publiques et les investissements futurs.

Pendant trois jours, chercheurs, professionnels de santé, universitaires et représentants des institutions internationales confronteront leurs expériences afin de proposer des solutions adaptées aux défis sanitaires auxquels font face les femmes africaines. Au-delà des échanges scientifiques, les organisateurs ambitionnent de faire du CISFA un rendez-vous international de référence consacré à une recherche plus inclusive, plus équitable et davantage au service des réalités du continent africain.

HESSOU Romain

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