Trois mois après son accession à la magistrature suprême, Romuald Wadagni commence à imprimer sa méthode de gouvernance. Pour le Dr Gérard Sokégbé, macroéconomiste, les premières décisions prises depuis le 24 mai 2026 témoignent d’une volonté de traduire rapidement les engagements électoraux en mesures concrètes. De la discipline institutionnelle à la protection sociale, en passant par le soutien à l’activité économique et la sécurisation des échanges, l’expert analyse les principaux axes de cette première phase du mandat.

Les cent premiers jours d’un mandat permettent souvent de percevoir les premières orientations d’une gouvernance. Dans le cas de Romuald Wadagni, le Dr Gérard Sokégbé relève une dynamique qu’il qualifie de centrée sur la concrétisation des engagements pris devant les citoyens. Selon le macroéconomiste, plusieurs décisions prises depuis le 24 mai permettent déjà d’identifier les principaux marqueurs de cette nouvelle gouvernance.
Premier élément relevé par l’expert : la volonté d’instaurer une organisation plus structurée du fonctionnement gouvernemental. La nouvelle périodicité des réunions du Conseil des ministres traduit, selon lui, une recherche de méthode et de rigueur dans la conduite de l’action publique.
Gérard Sokégbé met également en avant l’articulation entre les engagements annoncés et les arbitrages budgétaires. L’adoption du collectif budgétaire destiné notamment à accompagner certaines mesures sociales constitue, à ses yeux, une illustration du passage du discours aux décisions financières. Pour le macroéconomiste, cette traduction budgétaire des engagements constitue un élément déterminant de la crédibilité de l’action gouvernementale.
Répondre aux besoins urgents
Le deuxième marqueur identifié concerne la dimension sociale des premières décisions. L’analyse du Dr Gérard Sokégbé met l’accent sur les mesures destinées aux populations vulnérables et sur la réponse apportée à certains besoins immédiats.
La prise en charge des personnes admises aux urgences dans les centres hospitaliers du pays figure notamment parmi les décisions qu’il considère comme révélatrices de cette orientation. L’objectif est, selon lui, de réduire la vulnérabilité des citoyens face aux situations sanitaires urgentes.
L’expert évoque également les mécanismes visant à faciliter l’accès au financement pour les personnes disposant de faibles ressources. De tels dispositifs pourraient, à son analyse, favoriser l’auto-emploi, soutenir le petit commerce et stimuler l’activité économique à l’échelle locale.
Croissance et développement territorial
Au-delà des mesures sociales, Dr Gérard Sokégbé estime que les premières décisions s’inscrivent dans une perspective plus large de croissance inclusive. Pour lui, la sécurisation des échanges et des espaces économiques constitue une condition essentielle au développement des activités productives.
Dans cette perspective, la gestion de la sécurité transfrontalière apparaît comme un enjeu économique autant que sécuritaire. La maîtrise des risques sur les corridors commerciaux doit contribuer, selon son analyse, à préserver les flux d’échanges et à garantir un environnement plus stable pour les pôles économiques régionaux.
Cette approche s’inscrit, toujours selon l’expert, dans une vision de long terme. L’enchaînement des premières décisions poserait progressivement les fondations d’une politique visant à mieux répartir les effets de la croissance entre les différentes régions du pays.
Dr Gérard Sokégbé voit dans ces premiers mois les prémices d’une gouvernance proactive, fondée sur la recherche de résultats concrets. Il identifie trois grandes priorités : renforcer la discipline institutionnelle, répondre aux besoins sociaux urgents et créer les conditions d’une croissance davantage inclusive.
Cette lecture des cent premiers jours ne constitue toutefois qu’une première photographie du mandat. La portée réelle de ces orientations devra être appréciée à l’épreuve de leur mise en œuvre, de leur continuité et de leurs effets sur les conditions de vie des populations et sur la dynamique économique nationale.
Romain HESSOU

