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Bénin : Voici comment les béninois qualifient les premiers pas de Wadagni

Depuis son investiture le 24 mai 2026, Romuald Wadagni a engagé ses premiers chantiers à la tête du Bénin. Mesures sociales, santé, éducation, proximité avec les populations et réorganisation du fonctionnement gouvernemental. Après trois mois d’exercice, plusieurs citoyens rencontrés à l’intérieur du pays portent un regard plutôt favorable sur les premiers pas du nouveau chef de l’État. Mais derrière les encouragements, une attente demeure, celle de voir les promesses de campagne se traduire durablement dans le quotidien.

Cent jours après l’installation de Romuald Wadagni au Palais de la Marina, le verdict du terrain commence à se dessiner. De Cotonou en passant par Bohicon et dans d’autres localités de l’intérieur du pays, les premiers avis recueillis sont globalement positifs, même si les citoyens interrogés se gardent de tirer un bilan définitif d’une présidence encore à ses débuts.

Pour Romaric Lissanon, citoyen de Bohicon, les premiers signaux envoyés par le nouveau pouvoir sont encourageants. Il apprécie notamment le choix de maintenir dans leurs fonctions certains cadres expérimentés. « Les 100 premiers jours du président de la République Romuald Wadagni m’ont touché positivement », témoigne-t-il. Selon lui, le chef de l’État a conservé une approche technocratique dans ses premières nominations, tout en s’appuyant sur des responsables déjà aguerris à la conduite des affaires publiques. Pour illustrer cette continuité, il reprend une formule bien connue, « C’est au bout de l’ancienne corde qu’il faut tisser la nouvelle. »

La nouvelle cadence gouvernementale appréciée

Autre élément relevé par ce citoyen est la décision d’instaurer un Conseil des ministres mensuel. Une évolution qui, à ses yeux, doit permettre au gouvernement de consacrer davantage de temps à l’exécution des décisions prises. « Ça permet à l’équipe, après le Conseil des ministres, de se mettre résolument au travail », estime-t-il.

Mais c’est surtout la présence du président Wadagni sur le terrain qui retient son attention. Les déplacements et les contacts directs avec les populations sont perçus comme un changement dans le rapport entre le pouvoir et les citoyens.

Romaric Lissanon comme beaucoup de citoyens apprécient particulièrement cette démarche qui consiste, selon eux, à aller à la rencontre du « bas peuple », afin d’écouter directement les préoccupations exprimées loin des bureaux et des rapports administratifs. Ils formulent toutefois un souhait, que cette proximité permette réellement au gouvernement de mieux identifier les besoins des populations et d’agir en conséquence.

Le social comme premier marqueur

Pour Marc Macaire Medebo, les premiers mois du nouveau pouvoir sont également marqués par une orientation sociale perceptible. « En 100 jours, c’est trop peu d’apprécier, de donner une appréciation globale de ces actions », reconnaît-il d’emblée. Mais il estime que plusieurs actions ont déjà été engagées et constituent des signes encourageants.

Il cite notamment les mesures prises dans le secteur de la santé, avec la mise à disposition de ressources pour permettre aux centres de santé de mieux prendre en charge les urgences. « Ça montre déjà que notre président Wadagni écoute la population et il a le souci du mieux-être », analyse-t-il. Pour lui, les 100 jours constituent davantage un point de départ qu’un véritable bilan. Il s’attend à voir les autres secteurs progressivement bénéficier de nouvelles mesures dans les prochains mois.

Éducation et transport universitaire au cœur des satisfactions

Du côté d’Armand Guehou, c’est surtout la continuité de certaines politiques publiques et les mesures en faveur de l’éducation qui sont mises en avant. « Romuald Wadagni fait la fierté des Béninois. Nous sommes très contents de constater une très bonne continuité », affirme-t-il.

Il cite notamment la gratuité des études pour les filles dans l’enseignement secondaire public, ainsi que l’élargissement de certaines mesures d’accompagnement scolaire. Le secteur universitaire n’est pas oublié. L’acquisition de bus destinés au transport des étudiants figure également parmi les actions saluées par cet interlocuteur.

Pour autant, Armand Guehou refuse de considérer ces premiers mois comme une période suffisante pour porter un jugement définitif. « Ce serait très tôt de dire qu’on l’attend sur certains points. Parce que ce n’est que les 100 premiers jours », souligne-t-il.

Son attente est désormais claire, voir le chef de l’État respecter les engagements pris devant les électeurs. « On ne peut que faire le souhait de voir réaliser tout ce qu’il a promis durant sa campagne électorale », ajoute-t-il.

Une gouvernance qui se veut rassembleuse

Dans le monde économique également, les premiers mouvements du nouveau pouvoir sont observés avec attention. Pour l’opérateur économique Pamphile Tobossi, Romuald Wadagni semble vouloir inscrire son action dans une logique de rassemblement. Il évoque notamment les déplacements du chef de l’État dans les pays voisins ainsi que les nominations intervenues dans les différentes institutions comme des signes de cette volonté.

Une perception qui rejoint l’un des enjeux majeurs des premiers mois du mandat, celui d’installer un nouveau style de gouvernance sans rompre brutalement avec les acquis de la période précédente.

Encouragements, mais aussi obligation de résultats

Au terme de ces témoignages, un constat se dégage, les 100 premiers jours de Romuald Wadagni sont accueillis avec une certaine bienveillance par les citoyens interrogés. Le social, la santé, l’éducation, la proximité avec les populations et la continuité administrative figurent parmi les éléments les plus appréciés.

Mais aucun des interlocuteurs ne considère cette période comme suffisante pour dresser un bilan définitif.

Les premiers mois ont permis au nouveau président d’afficher une méthode et de poser plusieurs actes. Désormais, le regard des citoyens se portera davantage sur leur impact concret.

Car au-delà des annonces et des premières décisions, une question finira par s’imposer au fil du mandat, celle des  mesures engagées seront-elles suffisamment durables pour améliorer réellement les conditions de vie des Béninois ?

Pour les citoyens rencontrés, les 100 premiers jours constituent donc moins une conclusion qu’un premier rendez-vous. Les encouragements sont là. Les attentes aussi.

Romain HESSOU

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