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Déficit commercial du Bénin : Cinq années sous tension

Le Bénin n’a pas dégagé d’excédent commercial depuis deux décennies. Entre 2020 et 2024, le déséquilibre entre ce que le pays vend et ce qu’il achète à l’étranger s’est même sensiblement aggravé, avant une inflexion notable en fin de période, selon les données officielles de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INStaD).

Le déficit commercial est passé de 857,4 milliards de FCFA en 2020 à 1 065,7 milliards en 2021, puis à 1 518,3 milliards en 2022, soit une progression de 36,3 % sur cette seule année, selon l’INStaD. Le mouvement s’est poursuivi en 2023, avec un déficit de 1 535,5 milliards de FCFA (chiffre révisé par la suite à 1 636,4 milliards dans le rapport 2024 de l’institut).

Sur la période, les importations ont crû plus vite que les exportations : elles sont passées de 1 491,4 milliards de FCFA en 2020 à 2 457,6 milliards en 2023, tirées notamment par le riz, les huiles minérales et les produits pétroliers. Les exportations, elles, restent structurellement dominées par le coton, qui représente à lui seul près de la moitié des ventes béninoises à l’étranger chaque année.

Une amélioration en 2024

Le rapport 2024 de l’INStaD marque une rupture : le déficit commercial recule de 25,7 % pour s’établir à 1 215,7 milliards de FCFA, porté par une hausse de 5,5 % des exportations et surtout un repli de 16,9 % des importations. Le taux de couverture des importations par les exportations,  c’est-à-dire la part des achats extérieurs financée par les ventes,  remonte ainsi à 35,7 %, contre 23,8 % en 2022, son plus bas niveau récent.

Un déficit qui pèse sur les comptes extérieurs

Cette situation se reflète dans les grands agrégats macroéconomiques. La Direction générale du Trésor français note que « le Bénin ne dégage pas d’excédent commercial depuis 20 ans », une situation qu’elle attribue à la faible diversification de l’économie et à sa dépendance aux exportations agricoles brutes. Selon des données de la Banque mondiale, la balance commerciale béninoise était « structurellement négative, estimée à 9 % du PIB en 2023 contre 7,6 % un an plus tôt ».

Le déficit courant de notre pays continue d’être financé par un mélange d’investissements directs étrangers, de prêts multilatéraux, notamment de la Banque mondiale et du FMI,  et d’émissions d’euro-obligations, dont une opération de 500 millions de dollars réalisée en janvier 2025.

Des perspectives encore incertaines

D’après les prévisions, le solde courant béninois devrait rester nettement déficitaire, autour de -6 % du PIB en 2025, avant une amélioration progressive attendue à -5,3 % en 2026. Ces projections restent conditionnées par l’évolution des cours du coton, principal poste d’exportation du pays, et par le rythme de la diversification industrielle portée par la zone économique spéciale de Glo-Djigbé (GDIZ), présentée par les analystes comme un relais de croissance pour les exportations manufacturées à moyen terme.

Olivier ALLOCHEME

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