Après plusieurs mois de sensibilisation et de délai accordé aux garagistes et propriétaires de véhicules, ce lundi 21 septembre 2026, la mairie de Cotonou est passée à la phase opérationnelle de son dispositif de libération des espaces publics. Une opération menée avec l’appui de la Police républicaine et qui cible notamment les épaves, les véhicules abandonnés ainsi que ceux stationnés sur les voies et emprises publiques.

La mise en œuvre de la mesure annoncée par la mairie de Cotonou est désormais effective. Depuis ce lundi 21 septembre 2026, les équipes municipales, accompagnées de la Police républicaine, sillonnent plusieurs artères de la ville pour procéder à l’enlèvement des véhicules abandonnés et des épaves qui encombrent les espaces publics, notamment aux abords des garages.
Cette opération intervient après plusieurs semaines de sensibilisation des garagistes et des propriétaires concernés. La municipalité leur avait accordé un délai pour libérer les voies et mettre leurs activités en conformité avec les dispositions municipales. Malgré ces mesures préalables, plusieurs véhicules continuaient de stationner sur les espaces publics.
Pour la première adjointe au maire de Cotonou, Arlette Saïzonou, l’opération vise à vérifier concrètement le respect des instructions données aux acteurs concernés. « C’est une opération que nous avons programmée pour aujourd’hui, c’est-à-dire contrôler la mise en conformité des instructions que nous avons données par rapport au dégagement des voies », a-t-elle expliqué.
La municipalité estime avoir suffisamment sensibilisé les garagistes avant de passer à l’action. Selon Arlette Saïzonou, certains acteurs ont effectivement procédé au dégagement des espaces, tandis que d’autres auraient considéré les annonces comme de simples avertissements.
La mairie avait initialement prévu le démarrage de l’opération dès le 12 juillet, avant d’accorder davantage de temps aux personnes concernées afin de leur permettre de se mettre en conformité. Sur le terrain, le constat effectué dans plusieurs rues montre toutefois que des véhicules occupent encore les emprises publiques. Près d’une dizaine de véhicules ont ainsi été embarqués dès cette première journée, selon les responsables municipaux.
Salubrité et sécurité en ligne de mire
Au-delà de la question de l’occupation du domaine public, la mairie justifie également cette opération par des impératifs de salubrité et de sécurité. Certaines épaves sont en effet immobilisées depuis longtemps dans les rues et aux abords des garages. Pour la municipalité, leur présence contribue à la dégradation du cadre de vie et peut également poser des problèmes de sécurité. « On a déjà pris près de 10 véhicules, des épaves qui datent de très longtemps, qui ne participent même pas à la sécurité », a relevé Arlette Saïzonou. Elle estime que certains véhicules abandonnés peuvent notamment constituer des espaces susceptibles d’être utilisés à des fins délictueuses.
L’opération doit ainsi permettre de débarrasser progressivement les rues des véhicules hors d’usage ou abandonnés, tout en favorisant une meilleure circulation et une occupation plus organisée des espaces publics.
Des frais à la charge des propriétaires
Les véhicules retirés sont conduits à la fourrière municipale. Leur récupération est soumise au paiement des frais prévus par la réglementation. Le directeur adjoint de la Police municipale, Julio Soglo, distingue plusieurs catégories de véhicules concernés, comme les épaves, les véhicules abandonnés et ceux stationnés dans des garages installés sur la voie ou le domaine publics.
Pour les épaves, une amende municipale de 100 000 francs CFA est prévue. À cette somme s’ajoutent les frais d’enlèvement et de gardiennage, qui restent à la charge du propriétaire.
Pour les véhicules se trouvant dans des espaces de garages installés sur le domaine public, les propriétaires devront également s’acquitter des frais d’enlèvement et de gardiennage, auxquels s’ajoutent les frais correspondant à l’occupation de l’espace public. Ces derniers sont calculés par les services techniques de la mairie.
La réglementation prévoit par ailleurs qu’un véhicule retiré et non récupéré par son propriétaire dans un délai de 90 jours peut faire l’objet d’une vente aux enchères par voie de justice.
Des garagistes saluent la mesure, mais demandent de la précision
Si la mesure est globalement présentée comme nécessaire pour assainir les rues de Cotonou, son application sur le terrain suscite également des réserves chez certains garagistes.
Jacques Ketohou, garagiste, dit notamment saluer le principe de l’opération, qu’il considère comme susceptible de contribuer à l’amélioration du cadre de vie. Il estime toutefois que certaines situations mériteraient d’être mieux distinguées. Selon lui, certains véhicules auraient été temporairement sortis des garages pour faciliter les mouvements et la livraison de véhicules déjà réparés, avant d’être embarqués par les agents municipaux.
Cette remarque pose la question de la distinction entre les véhicules véritablement abandonnés et ceux momentanément stationnés dans les espaces concernés.
Une opération appelée à se poursuivre
Pour la mairie de Cotonou, l’opération ne se limite pas à cette première journée. Les équipes municipales entendent poursuivre les contrôles dans les prochains jours et dans les différentes zones de la capitale économique. L’objectif affiché est de parvenir progressivement à la libération des voies et espaces publics occupés par les épaves, les véhicules abandonnés et les installations irrégulières, afin d’améliorer la circulation, la salubrité et l’organisation urbaine.
Accompagnée par la Police républicaine, la municipalité entend ainsi faire respecter les mesures annoncées après plusieurs mois de sensibilisation. Pour les autorités municipales, la phase des avertissements laisse désormais place à celle du contrôle et de l’application des dispositions en vigueur.
Romain HESSOU

