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Togbin-Daho : Le gouvernement évoque des risques d’inondation pour  justifier les déguerpissements   

Les opérations de déguerpissement engagées dans le périmètre de la Route des Pêches continuent de susciter des préoccupations chez les riverains. Alors que des vidéos circulent sur les réseaux sociaux, montrant des habitants supplier les autorités de préserver leurs maisons de la démolition, le ministre, porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, a apporté des clarifications sur les raisons de cette décision et les objectifs poursuivis par l’exécutif. Son intervention remonte au dimanche 18 octobre 2026, lors de l’émission « Face à l’actualité » diffusée sur la télévision nationale.

Selon Wilfried Léandre Houngbédji, le développement du périmètre de la Route des Pêches a entraîné une forte pression sur cette zone, qui s’étend notamment sur une partie de Cotonou, dans le Littoral, ainsi que sur des secteurs de la commune d’Abomey-Calavi et de Ouidah, dans l’Atlantique. Cet engouement a favorisé, selon lui, des installations anarchiques sur les berges et parfois même sur les plans d’eau, au point que certaines portions des rives sont aujourd’hui presque entièrement occupées.

Le porte-parole a également insisté sur la présence de mangroves dans cette zone, rappelant qu’il s’agit d’une espèce protégée à l’échelle internationale. Il a cité, à titre d’exemple, les retards enregistrés dans le projet de construction d’un village de vacances de type Club Med à Avlékété, en raison de la prise en compte de ces espaces naturels. Au-delà de la préservation de l’environnement, le gouvernement met en avant les conséquences de l’occupation des couloirs naturels d’écoulement des eaux. « Le plan d’eau est occupé, obstrué même. Donc le couloir naturel de l’eau s’en trouve accaparé par les habitations. Cela favorise à terme des inondations et parfois des inondations d’ampleur incontrôlée », a expliqué Wilfried Houngbédji.

Pour illustrer l’importance de préserver les voies naturelles d’écoulement, il a évoqué le Programme d’assainissement pluvial de la ville de Cotonou (PAPC), qui a permis de rediriger une partie des eaux vers leur couloir naturel. Bien que les travaux ne soient pas encore achevés, il estime que leurs effets positifs sont déjà perceptibles dans la ville. À l’inverse, le maintien des occupations anarchiques sur les berges pourrait, selon lui, aggraver les dégâts lorsque les eaux retrouveront leur parcours normal.

Le rachat des propriétés en règle annoncé

Face à cette situation, le gouvernement a décidé de déplacer les personnes installées dans les espaces concernés. Le porte-parole a présenté cette mesure comme une décision difficile, mais nécessaire pour protéger les populations actuelles et futures, ainsi que l’environnement. Il a précisé que les propriétés dont les propriétaires sont en règle doivent faire l’objet d’un rachat par l’État. L’objectif est notamment de libérer les emprises nécessaires à l’aménagement des berges et du plan d’eau. « On va aménager les lieux pour rendre à terme navigable le plan d’eau jusqu’à Ouidah, mais aussi aménager les berges pour que des véhicules légers, des cyclistes, des motocyclistes, des piétons puissent y passer », a-t-il indiqué.

Wilfried Houngbédji a par ailleurs rejeté l’idée selon laquelle l’État chercherait à récupérer les propriétés pour les revendre au plus offrant. Il a assuré que des échanges avaient eu lieu avec les représentants des personnes affectées par le projet, en présence du ministre du Cadre de vie, des préfets et des maires concernés. D’après son récit, les représentants des personnes affectées ont exprimé leur compréhension des ambitions du gouvernement et leur volonté d’accompagner le projet, tout en formulant des doléances. « Ils ont exposé leurs doléances. Nous avons pris note et nous avons rendu compte », a rapporté le porte-parole.

La   responsabilité  du gouvernement

Pour le porte-parole du gouvernement, les opérations engagées répondent à un double impératif : préserver les populations des risques liés aux inondations et protéger les écosystèmes naturels de la zone. Il a assuré que les préoccupations exprimées par les personnes affectées avaient été portées à la connaissance du gouvernement. Défendant la nécessité d’agir dès maintenant, Wilfried Houngbédji a estimé que l’inaction exposerait davantage les habitants à des conséquences plus graves à l’avenir. « Soyez rassurés, le gouvernement fait ça pour protéger les populations qui y sont aujourd’hui, celles qui seront là demain, protéger aussi notre environnement. Et si on ne le faisait pas aujourd’hui, ce serait une fuite de responsabilité, parce que les conséquences demain seraient autrement plus graves que celles que nous déplorons aujourd’hui », a-t-il martelé.

Augustin HESSOU

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