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Soutenance de thèse sur la résilience religieuse au Sahel : Augustin Longa consacré docteur avec les honneurs

Augustin Longa a brillamment soutenu ce samedi 15 novembre 2025 sa thèse de doctorat en missiologie appliquée devant un jury international dans la salle de conférence CJC-EH de Kandévié à Porto-Novo. Son travail, « Leadership et résilience dans les Mouvements des Faiseurs de Disciples (MFD) face à la persécution musulmane au Sahel », lui a valu une note de 17 sur 20 avec mention honorable.

Étudiant de la Faculté de Théologie Holistique et de Missiologie Appliquée (FATHMA), le docteur Longa a défendu son travail devant un panel d’experts venus de plusieurs pays. Le jury était présidé par le Professeur Phenom N. Aslo, spécialiste de l’Ancien Testament, enseignant à la FACTEC-Cameroun et à l’ISTEDI-Tchad. Sa thèse a été dirigée par le Professeur Afolabi Ghislain Agbèdè, éminent spécialiste en Théologie Urbaine Migratoire Africaine à la FATHMA. Parmi les autres membres figuraient le Professeur Simon Kossi Dossou de l’UPAO/FITEP-Bénin, la Docteure Jane Mbacham Enow de la FATHMA-Cameroun, et le Docteur Jean-Paul Abakalaou Apissidi de l’IFTM-Cameroun.

Dix-sept ans de terrain condensés en une thèse

« C’est l’aboutissement d’un voyage, l’expression d’une passion », confie le nouveau docteur. Son travail synthétise dix-sept années passées auprès des populations non atteintes par l’Évangile au Sahel. « Il ne s’agit pas d’un sujet sur lequel nous épiloguons, mais d’un rapport de voyage », précise-t-il.

Au cœur de sa recherche : « Notre frère musulman est atteignable par l’Évangile. Il est aimable. » Mais le docteur Longa va plus loin en dénonçant une lacune majeure dans les pratiques actuelles. « Lorsque ce frère venu à Christ devient disciple, il n’est pas un trophée. C’est un être humain qui a besoin d’un encadrement », souligne-t-il.

Selon lui, l’Église se concentre trop sur la célébration des conversions au détriment de l’édification spirituelle qui doit suivre. Il compare ce processus à une construction en terrain marécageux nécessitant un remblayage : « Il faut déconstruire la théologie du musulman venu à Christ pour le reconstruire en vue d’ériger un édifice plus solide. »

Normaliser la persécution pour mieux la surmonter

L’un des apports majeurs de cette thèse réside dans la « normalisation de la persécution ». « Nous devons comprendre que la persécution est normale. Elle n’est pas un obstacle sur le chemin », affirme-t-il. Cette perspective vise à préparer spirituellement les nouveaux disciples aux réactions de rejet.

Le chercheur invite également à l’empathie envers les familles musulmanes : « Si mon fils devenait bouddhiste, je deviendrais furieux. Nous ne pouvons pas interdire à quelqu’un qui a vu son fils devenir disciple de Jésus le droit de pleurer. » Son approche privilégie l’accompagnement empreint d’amour et de respect.

Un modèle opérationnel révolutionnaire

Le docteur Longa propose un « modèle opérationnel intégré » reposant sur trois piliers. D’abord, former des leaders : « La société se transforme lorsqu’elle se tient sur les épaules des leaders. Avoir des convertis qui restent bébés longtemps n’est pas suffisant. »

Ensuite, cultiver la résilience, définie comme « la capacité à accueillir le choc, l’absorber et le retourner à la communauté en énergie positive », à l’image d’un panneau solaire transformant les rayons du soleil en électricité.

Enfin, et c’est là le plus audacieux : restituer les nouveaux disciples à leur communauté d’origine. « Nous avons transformé l’Église en orphelinat qui héberge des personnes dont les parents sont vivants », critique-t-il. « L’Église peut accueillir le disciple pour son édification, mais elle doit intentionnellement le redéployer vers les siens. C’est là-bas que sa vie est appelée à s’épanouir. »

Une urgence contextuelle

Dans un contexte où « le taux de persécution à l’échelle globale augmente », cette recherche revêt une pertinence particulière. Le docteur Longa rappelle que l’Église primitive, malgré une double persécution et des moyens bien moindres, a su transmettre un message transformateur.

« L’Église d’aujourd’hui comprend-elle la nécessité de transmettre à la génération future un Évangile sans tâche ? », interroge-t-il. « Si c’est le but, alors nous devons apprendre à confronter l’adversité avec amour et patience. »

Au terme des échanges et après délibération, le jury a rendu un verdict favorable. Il a accepté la thèse et déclaré Augustin Longa digne du grade de docteur en missiologie, option missiologie appliquée. La qualité exceptionnelle de son travail lui a valu une note de 17 sur 20, correspondant à la mention honorable.

Cette consécration académique, officialisée à Porto-Novo ce 15 novembre 2025, marque un tournant pour le docteur Longa. Au-delà du titre, C’est l’impact concret de ses travaux sur le terrain sahélien qui constituera son véritable héritage dans un contexte marqué par des défis sécuritaires et religieux majeurs.

Fidèle KENOU

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