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Jubilé des 30 ans du Tribunal ecclésiastique de Cotonou : Le prof. Charles Babadjidé décrypte l’abus sexuel au Bénin

Au cœur du Jubilé des 30 ans du Tribunal ecclésiastique de Cotonou, le professeur Charles Babadjidé a livré un regard sociologique approfondi sur le phénomène de l’abus sexuel au Bénin.

Vice-doyen honoraire de la Faculté des Sciences Humaines et Sociales de l’UAC, le professeur, Charles Babadjidé a animé, le samedi 29 novembre 2025 à Aupiais, une communication consacrée au « regard sociologique sur le phénomène de l’abus sexuel au Bénin ». Ladite communication entre dans le cadre du Jubilé placé sous le thème « Prévenir le phénomène de l’abus sexuel dans la société ».

Articulée autour de cinq points, sa présentation s’est appuyée sur les données de l’Institut National de la Femme (INF), qui recense 1 049 cas d’abus sexuels entre 2019 et 2021. Il a détaillé la répartition des cas par département, citant notamment l’Atlantique (16 %), le Couffo (13 %) et le Zou (12 %).

Vice-doyen honoraire du département de Sociologie anthropologie de l’UAC, le professeur Babadjidé a particulièrement insisté sur la situation d’Abomey-Calavi, où la violence sexuelle connaît une recrudescence inquiétante. Selon l’INF, une trentaine de mineures ont été violées en 2021 dans cette seule commune, qui a enregistré plus de 156 plaintes en un an. Il a souligné que ces actes sont commis par divers acteurs sociaux (ouvriers, artisans, responsables hiérarchiques) sur des filles vulnérables. Après avoir rappelé la définition de l’abus sexuel, il a expliqué que « quel que ce soit le consentement, l’interaction entre un enfant et un adulte, la responsabilité incombe automatiquement à l’adulte qui assure les conséquences »

Le Vice-doyen honoraire a également montré comment la loi béninoise interdit et punit toutes les formes de violences faites aux filles et aux femmes. Il a dans sa communication, évoqué les actions menées par plusieurs institutions internationales, dont l’Union Européenne, le l’UNFPA pour informer, sensibiliser et soutenir les victimes.

Son intervention a mis en lumière l’évolution des attitudes sociales face à ces violences. Il a rappelé que jadis, les abus étaient souvent réglés en famille, dans la discrétion, en raison du poids de la tradition, des tabous et du statut social des auteurs. Une logique désormais bousculée par les réformes juridiques, l’émergence d’organes comme l’INF, la possibilité d’auto-saisine du procureur, et l’action croissante des médias. Selon lui, « aujourd’hui, les choses ont changé », et la société béninoise, en pleine mutation, dispose de nouveaux outils légaux pour combattre efficacement le phénomène.

Par cette communication dense et documentée, le professeur Babadjidé a éclairé les prêtres, religieuses et autres sur l’ampleur d’un fléau profondément enraciné et sur les transformations en cours pour mieux protéger les victimes et responsabiliser la société.

Augustin HESSOU

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