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Élections de 2026 : L’Ambassadeur EDON exhorte à la souveraineté du peuple par le vote

À l’approche des élections générales prévues de janvier à avril 2026, Jean-Pierre A. Edon, Ambassadeur et spécialiste des questions internationales, lance un appel solennel à la mobilisation citoyenne. Dans cette tribune, l’Ambassadeur Edon rappelle que le vote demeure le socle de toute démocratie et l’expression la plus achevée de la souveraineté populaire. Marqué par le souvenir du coup d’État déjoué du 7 décembre 2025, il invite les citoyens béninois à transformer les tensions politiques en un sursaut civique, loin de la violence et de la résignation. Face aux discours de défiance et à la tentation de l’abstention, Jean-Pierre A. Edon plaide pour une participation massive aux urnes, convaincu que le pouvoir ne s’impose ni par la force ni par le silence, mais s’exerce pleinement à travers le bulletin de vote.

Lire ci-dessous l’intégralité de sa tribune.

EXHORTATION A LA SOUVERAINETE DU PEUPLE : LES ELECTIONS

A l’occasion des élections générales qui se dérouleront de Janvier à Avril 2026, je voudrais attirer notre attention sur la nécessité de voter et sur l’importance de cet acte civique dans un régime démocratique comme le nôtre. Le coup d’Etat déjoué du 07 décembre 2025, évènement malheureux et condamnable, doit être transformé en énergie supplémentaire pour courir très prochainement vers les urnes. Une fois encore, on confirmerait ainsi que le pouvoir n’est pas au bout du fusil, mais plutôt dans les urnes.

Le vote est un droit et aussi un devoir

Voter est un droit, un acte citoyen qui permet de choisir ses représentants à l’occasion d’un scrutin. En démocratie, ce droit fondamental donne la possibilité d’exercer sa citoyenneté et d’exprimer sa volonté au cours d’un scrutin. Il fonde la légitimité des élus.

Dans certains pays européens le vote est obligatoire et son non-accomplissement est sanctionné par une amende. Ailleurs, comme au Benin, bien que ce soit un droit et un devoir, il n’est pas obligatoire, mais son importance recommande que tout citoyen s’en acquitte. Il offre la possibilité à chacun d’exprimer ses convictions, garantir ses droits, préserver la démocratie et se sentir associé aux mesures nationales qui le concernent.

Une démocratie ne peut vivre que si les citoyens s’approprient le processus politique, à commencer par les élections qui sont le premier et le plus simple des modes d’action. Le vote est le moyen de la faire fonctionner et par conséquent, de protéger les libertés.

Voter, permet de choisir nos dirigeants, ceux à qui on fait confiance, ceux dont les opinions sont les plus proches des nôtres ou, à défaut d’écarter ceux qui ont déçu. En effet, même si tous les candidats nous paraissent ‘’mauvais’’, il est néanmoins nécessaire de voter pour éliminer les pires.

Le sens et l’intérêt du vote

Le vote n’est pas seulement un droit ; c’est aussi une responsabilité sacrée, un devoir, une arme pacifique, un acte de foi dans le destin d’un pays.  C’est faire vivre la démocratie non pas en paroles seulement, mais aussi par des actes concrets. Avec ce devoir citoyen, on procède au changement qui est le fruit de la reconnaissance des erreurs et insuffisances du passé et la ferme détermination de faire mieux à l’avenir grâce à un nouveau paradigme.

Le changement n’est pas une utopie, mais une nécessité vitale qui booste le progrès. C’est ainsi que par la conférence nationale de 1990, le peuple béninois a fait preuve de sa capacité à changer ce qui ne lui convient pas. L’originalité de cet évènement historique qui a fait tache d’huile en Afrique, réside dans la mise en cause radicale, sans effusion de sang, d’un système politique contraignant, et l’incorporation du consensus dans le bloc de constitutionnalité, cette méthode d’entente ayant fait ses preuves dans la réussite desdites assises nationales.

Aujourd’hui encore, votre vote massif permettra au peuple béninois de démontrer, comme par le passé, qu’il sait transformer les difficultés en sursaut, le pessimisme en courage, le désespoir en espérance.

Voter, c’est plus qu’un geste, c’est un acte de transmission à nos enfants et petits-enfants l’idée que nous avons fait notre part pour leur garantir un pays de liberté, de dignité, d’équité. Chaque bulletin déposé dans l’urne est une pierre posée pour bâtir le Benin de demain. C’est à juste titre que Abraham Lincoln, 16e président des Etats-Unis, déclarait que : « un bulletin de vote est plus fort qu’une balle de fusil ». C’est donc une force, une puissance à la disposition du citoyen.

Ne pas voter, c’est laisser la parole à d’autres à notre place, c’est consentir par le silence, à la confiscation de notre avenir. Notre génération a reçu un héritage : une République fondée sur la liberté et le dialogue. Nous devons en être les gardiens et les artisans. Le patriotisme aujourd’hui c’est voter, participer, débattre, contrôler, s’engager.

Au défaitisme, opposons le patriotisme et la force tranquille de la participation massive. Soyons convaincus que le bulletin de vote est plus fort que la violence et plus durable que les promesses.

En 2026 chaque voix comptera, chaque abstention et non-participation profitera à ceux qui veulent décider à votre place. Par le vote, on choisit ceux qui aiment et défendent la justice et on fait échec à ceux qui se plaisent dans la méchanceté. En effet il est dit que « quand les justes se multiplient, le peuple est dans la joie. Quand le méchant domine, le peuple gémit » (Proverbe 29 :2)

Ne pas voter, c’est se priver du moyen le plus simple de peser sur notre avenir. Aucune élection n’est à négliger. Toutes les élections sont importantes, que ce soient les présidentielles, les législatives, les communales. Chacune d’elles porte sur une partie des pouvoirs publics.

Cet acte civique est une tâche cruciale que tout citoyen doit pouvoir accomplir sans hésitation. Mais du fait de la mauvaise gouvernance et de la déception qui très souvent en découle, certains citoyens croient à tort qu’il vaudrait mieux s’abstenir d’user de ce droit.

La raison de cet appel au vote massif

Aussi, la présente exhortation au vote, trouve-t-elle son fondement dans les propos peu civiques et pessimistes que des citoyens tiennent pendant les périodes électorales, propos qu’on entend déjà à quelques semaines des élections de 2026. Il s’agit des déclarations alarmistes suivantes : je ne voterai pas parce que mon vote ne changera rien. Les hommes politiques sont les mêmes et aucune promesse électorale n’est jamais tenue. C’est la politique de ôte-toi que je m’y mette et pire, les dés sont déjà pipés etc…

Le fond de vérité que contient ce langage, ne suffit pas pour renoncer à l’exercice de ce droit. Si tous les électeurs menaient le même raisonnement pour rester amorphes, la situation déplorée, serait pire. Le peuple irait de déception en déception faute de sanctions contre les élus. Il vaut mieux agir dans les urnes pour désapprouver ceux qui ont démérité.  On prouverait ainsi une fois encore que le pouvoir appartient au peuple.

Croire que son vote ne changera rien est une erreur. L’histoire nous a prouvé qu’une seule voix compte dans la prise des décisions qui impactent la vie des populations et des pays. En voici quelques illustrations :

En 1645, un seul vote a donné le contrôle de l’Angleterre à Oliver Campbell. En 1649, un vote permit l’exécution de Charles 1er. En 1767, un vote décida que l’Anglais et non l’Allemand sera la langue des Etats-Unis. En 1868, un vote sauva le président Andrew Johnson de la destitution. En 1875, un vote transforma la France en République. En 1923, il a suffi d’un vote pour donner à Hitler le contrôle du parti nazi, et le monde se souvient de la suite calamiteuse des évènements.

Ces quelques exemples mettent en exergue l’importance et l’utilité d’une seule voix qui permet de prendre d’importantes décisions. Participons donc massivement aux prochaines élections générales pour « choisir parmi tout le peuple, des hommes capables, craignant Dieu, des hommes intègres ennemis de la cupidité » (Exode 18 : 21).

Votons pour des élus qui jouissent des valeurs morales sus-évoquées, et qui dans la tâche de construction nationale, feront mieux que leurs prédécesseurs. C’est l’occasion rêvée pour reprendre confiance en notre pouvoir collectif.

En 2026, veillons bien accomplir ce devoir avec dignité et espérance pour un Benin de justice, solidaire, fraternel, un pays de liberté où la jeunesse croit à nouveau en l’avenir. Le changement s’amorce dans l’urne, le Benin de demain commence aujourd’hui par vos actes patriotiques et comportements citoyens dans un environnement paisible.

La violence appelle la violence et ne résout aucun problème. Au contraire, elle crée le ressentiment, le mécontentement, les frustrations, perturbe la paix et la sécurité etc… A la place des actions violentes, instaurons et privilégions le dialogue, la tolérance, le consensus, le respect des lois de la République. Faisons des prochaines élections générales, des occasions de fêtes et de fraternité. Il en sera ainsi par la grâce de Dieu, et que vive le Benin.

Jean-Pierre A. EDON, Ambassadeur

Spécialiste des questions internationales.

Cotonou le 17/12/25.

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