
Le Bénin vient de franchir une étape décisive dans la consolidation de sa crédibilité financière internationale. Le mercredi 25 février 2026, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a officiellement acté la clôture réussie d’un cycle de coopération stratégique entamé en juillet 2022. En validant les derniers examens liés à la Facilité élargie de crédit (FEC), au Mécanisme élargi de crédit (MEDC) et au Mécanisme pour la résilience et la durabilité (MRD), l’institution de Bretton Woods autorise un décaissement immédiat d’environ 118 millions de dollars, soit 65,67 milliards de FCFA.
Une discipline budgétaire payante
Ce dénouement couronne une trajectoire de réformes jugée exemplaire par les services du Fonds. En l’espace de deux ans, le Bénin a su redresser ses comptes publics avec une rigueur remarquable. Le déficit budgétaire, pointé à 3,1 % du PIB en 2024, devrait passer sous la barre symbolique des 3 % dès cette année, s’alignant ainsi sur les critères de convergence de l’UEMOA. Cette performance repose sur un double levier : une mobilisation accrue des recettes fiscales et une rationalisation des dépenses, tout en préservant les investissements sociaux prioritaires.
L’économie béninoise confirme par ailleurs sa vitalité avec une croissance projetée à 7,5 % pour 2025. Cette dynamique est portée par la montée en puissance de la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), dont les exportations commencent à équilibrer une balance des paiements autrefois fragilisée par d’importantes importations de services.
Une dette sous contrôle malgré un ajustement technique
L’examen final a également mis en lumière un ajustement statistique notable. Conformément aux normes internationales, plusieurs prêts contractés en 2021 par des entreprises publiques ont été reclassés en dette publique directe. Ce changement porte mécaniquement le ratio d’endettement à 60,5 % du PIB à fin 2024. Toutefois, cette révision à la hausse n’entame pas la confiance du FMI, qui maintient le Bénin dans la catégorie des pays à risque de surendettement modéré. L’institution souligne une capacité de remboursement solide, tout en recommandant une vigilance accrue sur la gestion des risques de refinancement externe et un pivot progressif vers l’endettement intérieur.
Cap sur la résilience et l’inclusion
Au-delà des chiffres, ce programme laisse un héritage structurel profond. Sur l’enveloppe globale de 481 milliards de FCFA injectés depuis 2022, une part substantielle a été dédiée à la résilience climatique. Le pays s’impose désormais comme un précurseur régional, notamment à travers ses réformes sur la tarification de l’eau et le déploiement de l’assurance agricole.
Pour Kenji Okamura, Directeur général adjoint du FMI, le défi consiste désormais à pérenniser cet élan. L’avenir du modèle béninois dépendra de sa capacité à formaliser davantage son économie pour élargir l’assiette fiscale et à renforcer la protection sociale des ménages les plus vulnérables via la mise à jour du registre social.
En quittant ce cycle de revues avec les félicitations de Washington, le Bénin s’assure un accès privilégié aux marchés financiers pour ses futurs projets de développement, transformant cette stabilité macroéconomique en un argument de poids pour attirer les investisseurs privés.
Augustin HESSOU

