Le président de la République, Patrice Talon, a reçu le mercredi 4 mars 2026 au Palais de la Marina le rapport d’activités de la mandature transitoire du Conseil économique et social (CES). La cérémonie, qui s’est déroulée en présence de plusieurs présidents d’institutions et de membres du gouvernement, marque une étape importante dans la relance de cette institution consultative.

Un an après la réforme structurelle engagée pour redynamiser le CES, l’institution s’est conformée à l’exercice de reddition de comptes prévu par ses textes fondateurs. À cette occasion, le président du CES, Conrad Gbaguidi, a présenté au chef de l’État un rapport détaillant les principales activités menées au cours des douze derniers mois ainsi que la nouvelle dynamique impulsée au sein de l’institution.
Dans son intervention, le président du CES a salué la vision du chef de l’État qui, selon lui, a permis la « renaissance » de l’institution. Il a souligné que le Conseil s’est davantage rapproché des populations grâce à un ancrage territorial renforcé, tout en consolidant sa présence sur la scène internationale. « Nous vous remercions pour cette réforme courageuse et pour cet environnement institutionnel stimulant qui a permis au CES de s’exprimer pleinement », a déclaré Conrad Gbaguidi, réaffirmant l’engagement des conseillers à poursuivre leur mission au service de l’intérêt général.
Le rapport présenté s’articule autour de neuf sujets d’autosaisine portant sur plusieurs préoccupations majeures de la société béninoise. Parmi les recommandations formulées figurent notamment des mesures visant à renforcer la résilience sécuritaire à travers des programmes socio-économiques ciblés en faveur des jeunes, afin de prévenir l’extrémisme violent.
Le Conseil s’est également penché sur la gestion des conflits agro-pastoraux, appelant à l’opérationnalisation de comités de concertation multiacteurs pour prévenir et apaiser les tensions. Sur la question du pouvoir d’achat, l’institution propose la mise en place d’un « panier citoyen », fondé sur la promotion de la productivité nationale, la consommation responsable, l’utilisation des produits de saison et le développement des circuits courts.
En matière de santé publique, le CES recommande par ailleurs un durcissement du cadre juridique afin de lutter plus efficacement contre la prolifération de l’alcool frelaté.
Réagissant à la présentation du rapport, le président Patrice Talon a exprimé sa satisfaction quant aux premiers résultats issus de la réforme de l’institution. Il a estimé que la qualité des travaux réalisés confirme la pertinence de la refonte du CES et son rôle dans l’architecture institutionnelle du pays.
Tout en saluant les avancées enregistrées, le chef de l’État a toutefois invité les conseillers à poursuivre leurs efforts avec rigueur et méthode. « Je souhaite que ce parcours sur les douze derniers mois donne au CES une vie éternelle », a-t-il déclaré, exhortant l’institution à produire des analyses prospectives et des recommandations toujours plus pertinentes face aux défis économiques et sociaux du Bénin.
La remise de ce rapport ouvre désormais une nouvelle phase de réflexion entre le gouvernement et le Conseil économique et social. Un séminaire bilatéral est d’ailleurs annoncé dans les prochains jours afin d’examiner les axes d’amélioration et d’approfondir certaines thématiques encore peu explorées.
Romain HESSOU

