
À l’approche de l’élection présidentielle d’avril 2026, le Haut-Commissariat à la Prévention de la Corruption (HCPC) déploie une vaste campagne de sensibilisation à l’endroit des populations. L’objectif principale est de lutter contre la corruption sous toutes ses formes, en particulier la corruption électorale, à travers un message fort axé sur la responsabilité citoyenne et l’intégrité.
Responsables administratifs, acteurs de la société civile, élus locaux, leaders d’opinion, mais aussi élèves et étudiants sont les principales cibles de cette initiative articulée autour du thème évocateur, « Vendre son vote, c’est vendre son avenir ». À travers cette démarche, le HCPC entend éveiller les consciences et promouvoir des comportements exemplaires en période électorale.
Deux approches complémentaires ont été mises en place pour atteindre efficacement les différentes couches de la population. « Nous avons développé une stratégie académique et une stratégie communautaire », explique Gracias Adjinakou, chargée des statistiques, du suivi et de l’évaluation. La première cible le milieu éducatif, du primaire à l’université, avec un accent particulier sur la nécessité de combattre la corruption dès le plus jeune âge. « Nous sensibilisons les apprenants sur les conséquences de la corruption en milieu scolaire et sur l’importance de barrer la route à ce fléau », précise-t-elle.
La seconde stratégie s’adresse aux communautés, notamment les groupements de femmes, les artisans, les jeunes, les organisations de la société civile ainsi que les élus locaux et communaux. « Nous les entretenons sur les méfaits de la corruption et ses impacts sur le développement de la commune et du pays en général, sans oublier la corruption électorale pour les personnes en âge de voter », ajoute la responsable.
Au-delà de la sensibilisation, le HCPC met l’accent sur la responsabilité collective. L’institution appelle chaque citoyen à adopter des valeurs d’intégrité, de probité et de transparence. « Le message est clair : lutter efficacement contre la corruption et faire en sorte que ce message soit relayé au sein des communautés », insiste Gracias Adjinakou.
Sur le terrain, la campagne semble produire ses premiers effets. Les participants, toutes catégories confondues, se montrent réceptifs et engagés à devenir des relais du message. Élèves, responsables associatifs et autorités locales reconnaissent unanimement la nécessité de combattre ce fléau. « La corruption n’est pas une bonne chose », confie Mammaire Lakoussan, élève en classe de CM2, qui s’engage à sensibiliser son entourage. Même son de cloche chez Ganhounouto Manacé, pour qui cette initiative constitue « une bonne chose » à partager autour de lui.
Du côté des acteurs communautaires, l’engagement est tout aussi affirmé. « La corruption est un fléau qu’il faut combattre à la base pour espérer un véritable développement », souligne Madame Bouraïma Djamilatou, présidente d’une plateforme de promotion de la santé, de la paix et du développement.
Autorité locale, Richard Agbassou, chef d’arrondissement, abonde dans le même sens : « La corruption est un acte qui retarde le développement. Nous avons pris l’engagement de la bannir, à commencer par nous-mêmes ».
À travers cette campagne, le Haut-Commissariat à la Prévention de la Corruption entend créer une dynamique nationale de rejet de la corruption, en particulier en période électorale. Une mobilisation citoyenne qui pourrait contribuer à renforcer la transparence du processus électoral et, à terme, consolider les bases d’un développement durable au Bénin.
Romain HESSOU

