
A la faveur d’une séance d’échange tenue samedi dernier, à Cotonou, le Comité National Olympique et Sportif Béninois (Cnos Ben) a célébré l’édition 2026 de la Journée internationale des droits des femmes. La cérémonie d’ouverture de cet espace d’expression et de prise d’initiative, créée par le Comité National Olympique et Sportif Béninois pour affirmer son rôle de catalyseur, offrant à chacune la légitimité de prendre la parole et de tracer sa voie, a été présidée par le président Julien Minavoa. Dans son mot introductif, ce dernier a remercié les communicatrices ainsi que les participantes à cette rencontre. «Ce ne sont pas toutes les femmes qui sont ici. Ce sont les femmes qui ont par le passé ou qui continuent aujourd’hui à faire valoir leur organisme qui sont ici. Merci à vous pour votre engagement», a-t-il déclaré lançant les travaux de cette mémorable séance qui a eu pour thème: «Droits-Justice-Action». Faite de communications sur divers thèmes, cette rencontre a été l’occasion de partager des idées avec la gente féminine existante au sein du mouvement sportif béninois. Toutes intéressantes les unes que les autres, elles ont été d’émouvants moments de réflexion et de proposition d’actions visant à permettre aux femmes de vivre pleinement leur passion sportive. Entre autres sujets abordés, la libération du potentiel des femmes dans le sport béninois. Après le partage des expériences tant positives (les réussites) que négatives (les obstacles), tous les participants à cette rencontre sont tombés d’accord sur l’évidence que les talents ne manquent pas, mais il leur faut un environnement plus favorable pour s’épanouir et rayonner.
Le quotidien des athlètes, des encadreuses et des dirigeantes n’étant pas de go, ce que cela devrait être pour permettre à celles-là de libérer pleinement leur potentiel en la matière. Outre ce point, celui des métiers du sport a été abordé. Et là, il a été souligné la nécessité de former, d’encadrer, mais surtout d’encourager les jeunes filles à oser s’aventurer dans ces filières trop souvent perçues comme inaccessibles aux femmes. Célestine Adjannonhoun (Ancienne Présidente de la fédération béninoise de basketball), l’olympienne Odile Ahounwanou, Clarisse Hounzali (avocate et Vice Présidente de la fédération béninoise de Handball), Léa Guillaume (Directrice de compétition de la Fédération béninoise de Tennis de table), Rafiatou Sitou (Présidente de l’Association pour la Promotion des Valeurs Sportives (APVS) et ancienne arbitre internationale de football) et d’autres, ayant conduit les communications ont aidé, à travers leurs présentations, les participantes à nourrir l’envie de briser les plafonds de verre. «Je reconnais, et il faut le dire, la place qui est faite aujourd’hui à la femme béninoise au sein des instances décisionnelles, ici même au plan national, est très importante. D’ailleurs, parce que quand vous prenez la femme, quoi qu’on dise, il y a une certaine spécificité. La jeune fille qui vient au sport doit connaître son corps. La jeune fille qui vient au sport doit savoir qu’elle est dans un monde où elle doit se préparer à affronter les difficultés. Lorsque nous prenons le thème de l’année, on parle de droit. Le Bénin a suffisamment un cadre législatif bien corsé, bien déterminé et bien logique en plus, pour protéger les femmes, quel que soit le milieu dans lequel nous sommes, de sorte que le milieu sportif n’y échappe pas», a fait savoir Maître Clarisse Hounzali lors de sa communication sur ce que représente la justice pour la gente féminine et spécifiquement dans le milieu sportif.Pour sa part la Présidente de l’Association pour la Promotion des Valeurs Sportives (APVS) et Présidente de la commission centrale des règlements pénalités et sanction de la fédération béninoise de Boxe, Rafiatou Anikè Sitou a lancé un appel à toutes les femmes et filles béninoises. «Au-delà de la santé, le sport peut permettre à la fille, à la femme de s’affirmer. Le sport permet à la fille et à la femme de gagner un leadership, d’avoir une certaine maîtrise de soi au-delà de tout et de participer de façon positive aux prises de décisions et au développement de la société en général», a-t-elle laissé entendre.

A souligner que ce rendez-vous voulu par le Cnos Ben pour non seulement réfléchir à l’épanouissement des femmes dans le mouvement sportif mais aussi pour renforcer les liens entre elles, s’est achevé par des recommandations issues des réflexions sur des questions : Quelles actions pour libérer le potentiel des femmes dans le domaine sportif?, Comment relever les défis, barrières et obstacles à l’évolution de la femme dans le domaine technique ? et Comment engager plus d’hommes à la cause féminine?
Lesdites recommandations ouvrent la voie à des actions concrètes pour les mois à venir. Ceci avec l’ambition de faire du sport béninois un espace inclusif où chaque femme, athlète ou encadreuse, pourra s’épanouir pleinement et prétendre aux postes de direction.Il s’agit de pistes concrètes pour faire évoluer les mentalités avec douceur mais sans jamais rien céder sur l’essentiel. Encadrement, formation, mentorat… autant de voies enthousiasmantes qui témoignaient d’une même soif d’agir, sans se contenter de belles paroles.
Anselme HOUENOUKPO

