
A l’occasion de son investiture à la tête de la 10ᵉ législature ce mercredi 15 avril 2026, le président du parlement, Joseph Djogbénou a apporté des clarifications sur les rapports devant exister entre l’Assemblée nationale et le Sénat récemment institué au Bénin. Il a d’abord tenu à faire savoir aux députés que la dernière réforme constitutionnelle opérée modifie en profondeur l’exercice du pouvoir législatif. « L’Assemblée nationale garde le monopole du contrôle de l’action du gouvernement, mais ne conduira plus seule le processus de législation » a-t-il expliqué. L’article 79 nouveau de la Constitution béninoise stipule que le pouvoir législatif est désormais exercé par un Parlement composé de deux chambres : l’Assemblée nationale et le Sénat. Une évolution institutionnelle qui ne remet toutefois pas en cause le rôle central de la chambre basse dans l’élaboration des textes. « L’Assemblée nationale demeure le siège de la fabrique de la loi puisqu’elle garde le pouvoir de délibérer », a précisé Joseph Djogbénou, ajoutant cependant qu’elle « ne détermine plus le sort politique de la loi, seule ». Et de poursuivre en levant toute ambiguïté sur la nature des relations entre les deux chambres. « La plage constitutionnelle entre le Sénat et l’Assemblée nationale n’institue pas les deux organes dans un duel institutionnel ». Selon le président du parlement, les deux institutions sont appelées à fonctionner dans une logique de coopération. Les deux organes constituent un duo dans une « complémentarité utile et fertile ». Ils n’exerceront pas leur mission en concurrence mais évolueront, à en croire Djogbénou dans un concert institutionnel destiné à renforcer la qualité du travail législatif.
Christian TCHANOU

