Les deux décisions prises le 3 septembre 2026 par le président de l’Assemblée nationale, Joseph Fifamin Djogbénou, ont suscité des réactions sur les réseaux sociaux, certains les présentant comme des mesures de licenciement visant plusieurs dizaines d’agents. Invité sur Esae TV, le chef de la Cellule de communication du président de l’Assemblée nationale, Rachidi Odjo, a apporté des précisions sur la portée de ces décisions. Selon lui, il ne s’agit pas de licenciements, mais d’une régularisation de situations administratives.

« Il n’y a pas eu de licenciement à l’Assemblée nationale du Bénin », a déclaré Rachidi Odjo. Il explique que les mesures prises concernent le statut administratif de 52 personnes et non une rupture générale de leur relation de travail avec l’institution.
Les deux décisions, référencées 2026-077/AN/PT et 2026-078/AN/PT, annulent plusieurs actes d’engagement, de titularisation et de reversement pris entre 2021 et 2026. La première concerne 39 agents qui perdent leur qualité d’agents permanents de l’Assemblée nationale. Le texte prévoit toutefois que les contrats de travail dont ils étaient titulaires retrouvent leurs effets à compter de la date des actes annulés.
Pour expliquer le contexte, Rachidi Odjo distingue trois catégories de personnels au sein de l’administration parlementaire. La première regroupe les agents parlementaires permanents relevant de la fonction publique parlementaire. La deuxième est constituée des agents contractuels, titulaires de contrats à durée déterminée ou indéterminée avec l’Assemblée nationale. La troisième concerne les collaborateurs des députés, qui sont employés par les élus et non directement par l’institution parlementaire.
S’agissant des 39 agents concernés par la première décision, le responsable de la communication présidentielle affirme qu’un état des lieux a fait apparaître des situations qui ne correspondaient pas aux conditions prévues pour l’accès à la fonction publique parlementaire. Il évoque notamment la limite d’âge de 40 ans fixée par l’article 28 du statut du personnel parlementaire.
Selon ses explications, ces agents ne sont toutefois pas exclus de l’Assemblée nationale. Ils retrouvent leur situation contractuelle antérieure, avec, selon lui, conservation de leur ancienneté, de leur grade et des avantages liés à leur contrat.
Treize autres personnes concernées
La seconde décision porte sur 13 personnes. Selon Rachidi Odjo, celles-ci étaient initialement des collaborateurs de députés et se seraient retrouvées dans le répertoire de la fonction publique parlementaire à la suite d’un dysfonctionnement administratif.
La décision n°2026-078/AN/PT les retire des effectifs de la fonction publique parlementaire, tout en prévoyant leur maintien dans une relation contractuelle avec l’Assemblée nationale. Les textes rapportés indiquent qu’elles sont considérées comme titulaires d’un contrat de travail à durée indéterminée.
Pour Rachidi Odjo, les mesures prises relèvent ainsi d’un processus de régularisation. « Il y a eu un rétablissement du fonctionnement normal de l’administration parlementaire dans sa dimension relative à la gestion des ressources humaines », a-t-il expliqué.
Il estime que les éventuels dysfonctionnements administratifs doivent être corrigés dès leur identification afin de maintenir le fonctionnement de l’institution en conformité avec les textes qui la régissent.
Romain HESSOU

