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Bénin : Une fiscalité en montée de régime

Au Bénin, l’année budgétaire 2026 se poursuit sous le signe d’une mobilisation accrue des recettes publiques. Entre la loi de finances initiale, les premiers résultats du trimestre et la loi de finances rectificative votée en juin, le gouvernement affiche une trajectoire de consolidation budgétaire fondée sur une pression plus forte sur les recettes internes. Mais à mi-parcours de l’année, un constat s’impose : la dynamique est réelle.

Adoptée à l’unanimité le 19 juin 2026, la loi de finances rectificative a porté le budget de l’État à 4 148,357 milliards FCFA en ressources et charges, contre 3 783,984 milliards FCFA dans la loi initiale. Cela représente une hausse de 364,373 milliards FCFA, soit 9,6%.  Dans le même mouvement, les recettes budgétaires passent de 2 645,976 milliards FCFA à 2 736,136 milliards FCFA, soit une progression de 3,4%.

Ce relèvement n’est pas anodin : il traduit l’idée que l’État béninois estime pouvoir compter sur une meilleure mobilisation fiscale et sur des marges supplémentaires de financement au cours de l’exercice. En clair, la loi rectificative ne corrige pas seulement des hypothèses macroéconomiques, elle entérine aussi une capacité de collecte jugée plus solide que celle initialement retenue en décembre 2025.  

 Un premier trimestre déjà robuste

Sur le plan de l’exécution, le rapport au 31 mars 2026 montre que le budget a commencé l’année sur un rythme soutenu. Les recettes budgétaires et ressources de financement totalisent 1 300 106,8 millions FCFA au premier trimestre, soit 34,4% du budget annuel initial.  Le document officiel souligne une « dynamique robuste », avec une bonne corrélation entre activité économique et performance des recettes.

En matière fiscale, les données les plus directement exploitables indiquent que les recettes fiscales globales de l’État atteignent 1 029,2 milliards FCFA à fin mars 2026, en hausse de 6,2% par rapport au premier trimestre 2025.  Cette progression reste conforme à la trajectoire d’un pays où la fiscalité intérieure continue de s’élargir, sans pour autant atteindre des niveaux de croissance spectaculaire. L’essentiel est ailleurs : le Bénin continue de faire progresser ses recettes dans un cadre de discipline budgétaire assumée.

La DGI au cœur de la mobilisation

La Direction générale des Impôts demeure la pièce maîtresse de cette montée en puissance. Au premier trimestre 2026, la DGI a recouvré 1 214,2 milliards FCFA pour un objectif de 1 332,6 milliards, soit un taux de réalisation de 91,1%.  Le niveau est inférieur à la cible, mais il reste élevé et surtout en progression de 106,9 milliards FCFA par rapport à la même période de 2025.

Cette performance doit être lue avec prudence. D’un côté, elle confirme que les services fiscaux béninois savent maintenir un niveau élevé de collecte malgré les contraintes macroéconomiques et administratives. De l’autre, elle montre qu’au premier trimestre, la cible fixée par la programmation budgétaire n’était pas encore totalement atteinte. La DGI reste donc dans une logique de rattrapage et d’ajustement, plus que dans une dynamique de surperformance massive.  

Pour le deuxième trimestre 2026, le détails des recettes fiscales n’est pas encore disponible.  

Une trajectoire de fond  

Au-delà des chiffres trimestriels, la stratégie béninoise repose sur quelques piliers bien identifiés : l’élargissement de l’assiette fiscale, la poursuite de la digitalisation, la réduction des niches injustifiées et un meilleur recouvrement. La hausse des recettes budgétaires inscrite dans le PLFR 2026 s’inscrit dans cette logique.

Le gouvernement veut faire des régies financières un levier central de financement du développement. Le pari est clair : collecter davantage sans créer de nouveaux impôts ni relever les taux existants, mais en améliorant l’efficacité du système. Cette orientation donne au Bénin le profil d’un État qui cherche moins à taxer plus qu’à taxer mieux, même si la frontière entre les deux reste politiquement sensible.  

Olivier ALLOCHEME

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