
Au terme des neuf premiers mois de l’exercice 2026, BOA-Bénin présente des résultats financiers contrastés. Dans un environnement bancaire exigeant, la banque a démontré une réelle solidité de son fonds de commerce, tout en affichant une légère contraction de sa masse bénéficiaire. Les états financiers arrêtés au 30 septembre 2026 mettent en lumière la capacité de l’établissement à faire progresser son chiffre d’affaires bancaire en s’appuyant sur l’optimisation des ressources et la dynamique des services. Néanmoins, l’accent mis sur la prudence opérationnelle et le renforcement de la couverture des risques pèse temporairement sur la rentabilité nette globale de l’exercice.
Sur le plan des revenus, Bank of Africa Bénin affiche un Produit Net Bancaire en progression de 4,10 % par rapport à la même période de l’année précédente. Le chiffre d’affaires atteint 38,59 milliards de francs CFA au 30 septembre 2026, contre 37,07 milliards de francs CFA un an plus tôt, soit un gain annuel de 1,52 milliard de francs CFA. Cette hausse du Produit Net Bancaire s’explique par une meilleure rentabilité des emplois financiers et par une gestion rigoureuse du coût des ressources collectées auprès de la clientèle. De plus, les commissions nettes enregistrent une hausse soutenue de 7 %, dynamisées par le déploiement des flux transactionnels et des offres de bancassurance.
En revanche, le résultat net s’établit à 15,34 milliards de francs CFA, contre 15,88 milliards de francs CFA au 30 septembre 2025, marquant un recul de 3,43 %, soit un tassement de 540 millions de francs CFA. Le résultat avant impôt suit la même tendance en s’établissant à 16,24 milliards de francs CFA, enregistrant un repli de 2,74 % par rapport aux 16,70 milliards de francs CFA comptabilisés l’an dernier. Concernant la structure bilancielle, les dépôts de la clientèle demeurent très stables à 711 milliards de francs CFA, confirmant la confiance préservée des déposants. Les encours nets de crédits enregistrent quant à eux un repli de 5 %.
Le coût du risque et les crédits
Interrogée sur cette évolution contrastée, la direction générale apporte des clarifications précises sur la gestion du bilan et l’allocation des actifs. La contraction de 5 % des encours de crédits à la clientèle ne traduit pas un désengagement du marché, mais s’explique par l’accélération des remboursements des crédits de campagne agricole, notamment dans la filière cotonnière, ainsi que par une approche sélective d’octroi. L’établissement a sciemment privilégié la qualité des contreparties au détriment de l’expansion brute des volumes.
Concernant la contraction du bénéfice net, la direction générale indique que le repli s’explique par l’accroissement des dotations aux provisions destinées à couvrir la précarisation potentielle de certains engagements. Selon les informations communiquées par la banque, l’accent mis sur la couverture des risques garantit la pérennité du bilan, tout en précisant que « le niveau du coût du risque reste toutefois maîtrisé ». La direction souligne par ailleurs que cette politique s’inscrit dans la préservation de « fondamentaux commerciaux préservés », garantissant la solidité financière de l’établissement face aux aléas de la conjoncture.
Des perspectives stratégiques
Pour le dernier trimestre de l’exercice 2026 et les échéances futures, Bank of Africa Bénin entend tirer parti de sa forte position de liquidité issue du remboursement des crédits saisonniers. La direction générale anticipe la poursuite des mêmes orientations financières fondamentales, prévoyant « un Produit Net Bancaire en légère hausse soutenu par les commissions et une masse bénéficiaire tenue sous l’effet de la prudence appliquée au provisionnement ». La banque prévoit de réengager ses capacités de financement en relançant la production de crédit au quatrième trimestre 2026.
Cette relance ciblée mettra un accent particulier sur l’accompagnement du segment des PME et PMI, identifié comme le moteur prioritaire pour l’élargissement de la marge d’intérêt et la diversification des revenus de commissions. Sur le marché boursier, ces choix de gestion rigoureux sont accueillis favorablement par les investisseurs. Le titre BOAB s’échange à la BRVM aux alentours de 9 365 francs CFA, affichant une progression de 59,83 % depuis le 1er janvier 2026 et offrant un rendement du dividende de 6,25 % adossé au dernier coupon net de 585 francs CFA par action versé le 26 mai 2026.
Olivier ALLOCHEME