C’est un texte qui met fin à près de soixante-dix ans de règles héritées de l’époque coloniale. Les députés ont adopté ce lundi, au Palais des Gouverneurs, à Porto-Novo, la loi portant code de la route. Dans la foulée du vote, le président de la Commission des lois, de l’administration et des droits de l’homme, Jean-Baptiste Orden Alladatin, et le ministre du Cadre de vie et des Transports, chargé du Développement durable, Georges Alé, ont animé une conférence de presse conjointe dans la salle Antoine Idji Kolawolé de l’Assemblée nationale.

Pour l’honorable Alladatin, l’adoption de ce texte a été le fruit d’une large mobilisation. Avec le Centre national de sécurité routière (CNSR) et le ministre en charge des Transports, la commission a réussi à rallier presque tous les députés autour du projet, qui a, selon lui, été très bien compris et assimilé. Structuré à l’origine en sept titres et 121 articles, le document est ressorti de l’examen avec six titres et 122 articles.
Mais au-delà des chiffres, c’est la portée historique du vote que le président de la commission a tenu à souligner. Jusqu’ici, la circulation routière reposait sur un arrêté de 1956, un texte colonial datant d’avant les indépendances. L’enthousiasme affiché par le président de l’Assemblée nationale à l’issue du vote s’explique, a-t-il rappelé, par le fait qu’il s’agit d’une véritable révolution. Joseph Fifamin Djogbénou l’avait d’ailleurs dit à Grand-Popo “l’Assemblée nationale poursuit ainsi l’œuvre de décolonisation législative engagée depuis l’adoption du code pénal.”
Sur le fond, la nouvelle loi renforce notamment la protection des personnes vulnérables. Elle consacre aussi l’éducation routière à tous les niveaux, école primaire comprise. Les trottoirs et les espaces aménagés pour les piétons, quant à eux, ne pourront plus être occupés.
Autre avancée, et non des moindres, selon le Président Alladatin, le texte donne une nouvelle définition de la route au Bénin, qui s’impose désormais au gouvernement. Concrètement, plus aucune route ne pourra être construite sans tenir compte des prescriptions votées, ce qui suppose de prévoir des pistes cyclables ainsi que des aménagements pour les personnes vulnérables. Il en a profité pour remercier l’ensemble des parties prenantes.
Prenant la parole à son tour, le ministre Georges Alé a voulu rassurer sur la suite. Selon lui, l’arsenal réglementaire nécessaire à l’application de la loi est déjà prêt. Les documents élaborés par ses services pourront être examinés en Conseil des ministres ou pris sous forme d’arrêtés ministériels dès la promulgation, afin de conforter la mise en œuvre du code.
Reste un second volet, tout aussi essentiel à ses yeux, dont on parle pourtant peu à savoir l’éducation et la sensibilisation, sur lesquelles les députés ont eux-mêmes attiré l’attention. Le CNSR a déjà programmé, avec les autres structures du ministère chargées de l’éco-citoyenneté, plusieurs actions de communication et de sensibilisation à l’endroit des usagers, pour que le nouveau code soit le plus largement diffusé possible.
Fidèle KENOU