
Le coton confirme son rôle de pilier des exportations béninoises en cette année 2026, dans un contexte international marqué par une remontée sensible des cours. Sur le marché mondial, la fibre s’est appréciée de 2,5 % au cours de la seule semaine du 27 au 31 juillet, passant de 79,80 à 81,79 cents la livre, portée par des inquiétudes météorologiques sur les zones de culture américaines. Les rapports de l’USDA font état de conditions de culture dégradées par rapport à l’an dernier, notamment sur les cotonniers en phase de formation des capsules, dans le Delta et le Sud-Est des États-Unis. Cette fermeté des prix profite directement aux pays producteurs ouest-africains, au premier rang desquels le Bénin.
Les chiffres officiels disponibles à ce jour confirment cette dynamique favorable. Selon le bulletin trimestriel du commerce extérieur publié le 5 juin 2026 par l’Institut National de la Statistique et de la Démographie (INStaD), le Bénin a exporté plus de 74 000 tonnes de coton non cardé ni peigné au premier trimestre 2026, pour une valeur d’environ 70,2 milliards de francs CFA. Ce seul produit a représenté 31,3 % de la valeur totale des exportations béninoises sur la période, loin devant tous les autres postes, y compris la réexportation d’équipements maritimes vers la Côte d’Ivoire. Au global, les exportations de marchandises du pays ont atteint 223,96 milliards de FCFA sur ces trois mois, en hausse de 78,3 % par rapport au trimestre précédent et de 51,1 % sur un an, une performance largement tirée par le coton, les graines oléagineuses et le soja.
Le Bangladesh demeure de loin le premier débouché du coton béninois, absorbant à lui seul 30,6 % de la valeur totale des exportations du pays au premier trimestre, pour 68,6 milliards de FCFA, essentiellement destinés à son industrie textile. La Chine et l’Inde complètent le trio des principaux clients de la filière.
À ce stade, les données consolidées du deuxième trimestre 2026, qui permettraient d’établir un bilan complet du premier semestre, n’ont pas encore été publiées par l’INStaD, dont les bulletins trimestriels paraissent généralement avec un décalage de deux à trois mois. Sur la base de la seule performance du premier trimestre, toutefois, la trajectoire de la filière cotonnière apparaît nettement orientée à la hausse par rapport à 2025, année où le Bénin avait engrangé au total 223,5 milliards de FCFA de recettes sur l’ensemble de ses exportations de coton non cardé ni peigné.
Cette embellie commerciale intervient alors que le Bénin, premier producteur de coton d’Afrique de l’Ouest, cherche à inverser une tendance baissière de sa production, retombée à environ 500 000 tonnes après avoir dépassé les 700 000 tonnes lors des campagnes précédentes. Pour la campagne 2026-2027, lancée en avril, les autorités visent un retour au-dessus du seuil des 700 000 tonnes et ont promis une prime exceptionnelle de 10 FCFA par kilogramme aux producteurs en cas d’atteinte de cet objectif. Combinée à des cours mondiaux mieux orientés, cette ambition pourrait consolider, dans les mois à venir, la place du coton comme premier pourvoyeur de devises du Bénin.
Olivier ALLOCHEME

