You are currently viewing Coup d’état déjoué du 7 décembre 2025 : Talon et la République s’inclinent devant la mémoire du Quartier-maître Jean-Baptiste DOTOU

Coup d’état déjoué du 7 décembre 2025 : Talon et la République s’inclinent devant la mémoire du Quartier-maître Jean-Baptiste DOTOU

La cour de la Garde républicaine, au Palais de la Marina, a été le théâtre d’un moment de profonde gravité le samedi 17 janvier 2026. Sous un ciel lourd de symboles, le Bénin a rendu les honneurs militaires au Quartier-maître de 1ère classe Jean-Baptiste DOTOU, mort en service commandé lors de la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025. Un sacrifice qui inscrit à jamais son nom dans l’histoire de la République.

Drapée de vert, jaune et rouge, la dépouille du soldat est apparue portée par ses frères d’armes, dans un silence seulement rompu par les sonneries militaires. Autour, autorités civiles et militaires, hiérarchie des Forces armées, famille, amis et compagnons de combat ont partagé un même recueillement. À travers cette cérémonie solennelle, la Nation reconnaissait la valeur d’un homme tombé en accomplissant son devoir.

Âgé de 34 ans, Jean-Baptiste DOTOU était originaire de Houéyogbé, dans le département du Mono. Engagé le 1ᵉʳ mars 2013, il avait effectué sa formation au Centre de formation militaire de Bembèrèkè, avant de servir dans les Forces navales, puis au sein de la Garde républicaine à partir de novembre 2013. Treize années de service marquées par la discipline, la loyauté et la montée progressive en responsabilité, couronnées en 2023 par son accession au grade de Quartier-maître de 1ère classe.

L’instant le plus chargé d’émotion est intervenu lors de l’oraison funèbre prononcée par le Général Dieudonné TÉVOÈDJRÈ, Commandant de la Garde républicaine. D’une voix empreinte de gravité, il a confié la douleur d’un chef confronté à une perte sans précédent dans sa carrière. « En 31 ans de service, c’est la première fois qu’un soldat servant sous mes ordres tombe à quelques mètres de moi, sous le feu de l’ennemi. » Le Général a pointé du doigt la tragédie insupportable de ce 7 décembre : l’identité des agresseurs. « Jean-Baptiste, la difficulté n’est pas que tu sois tombé les armes à la main, mais que l’ennemi en face n’était en fait qu’un ami, des collègues de même promotion, des frères d’armes. » Avec une amertume palpable, il a fustigé cette trahison du serment, s’interrogeant sur la propagande ayant pu pousser des soldats à retourner contre la République les armes achetées pour la défendre. 

Le récit d’une fin héroïque 

Le récit des derniers instants du soldat DOTOU force le respect. Ce dimanche matin, alors que l’attaque éclate au domicile du Chef de l’État, le soldat ne recule pas. Adjoint au Chef de poste, il parcourt les rangs pour encourager ses hommes, rappelant les postures de combat. C’est en revenant de sa ronde qu’il se retrouve nez à nez avec les subversifs. Il n’a pas cédé à l’intimidation. « Je te revois encore, t’abaissant à mes pieds comme pour te protéger, mais c’était trop tard », a confié le Général avec une émotion brute. Atteint mortellement à la tête, Jean-Baptiste DOTOU s’est éteint en service commandé, fidèle jusqu’au bout au serment qu’il avait prêté. 


Un héritage pour la République 

Présent à la cérémonie, le Président de la République, Chef Suprême des Armées, s’est incliné devant la dépouille, marquant ainsi la reconnaissance de toute une nation. Il n’a pas manqué de réconforter la veuve et la famille du soldat. Si Jean-Baptiste laisse derrière lui deux orphelins, le Général TÉVOÈDJRÈ a tenu à rassurer ses proches : « Votre fils est la raison pour laquelle notre drapeau flotte encore fièrement. Son sacrifice est le socle de notre liberté ». 

Désormais, son silence résonne comme un rappel permanent. Celui qu’un soldat est parfois appelé à donner sa vie pour que la République demeure debout.

Augustin HESSOU

Laisser un commentaire