La Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin (CCI Bénin), en partenariat avec le Projet d’Appui au Développement du Maraîchage (PADMAR), a organisé, le mardi 28 juillet 2026 à Azalaï Hôtel de Cotonou, un débat économique consacré au développement de la culture maraîchère sous serre. L’objectif est d’identifier les opportunités, les défis et les perspectives de cette technologie afin d’accélérer la modernisation de l’agriculture béninoise.

Faire de la culture maraîchère sous serre un levier de modernisation de l’agriculture béninoise. C’est l’ambition qui a réuni, le mardi 28 juillet 2026 à Azalaï Hôtel de Cotonou, experts, producteurs, opérateurs économiques et acteurs institutionnels autour d’un débat économique initié par la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin (CCI Bénin) avec l’appui du Projet d’Appui au Développement du Maraîchage (PADMAR). Cette rencontre tenue sous le thème « développer la culture maraîchère sous serre au Bénin : opportunités, défis et perspectives pour une agriculture moderne », a permis d’analyser les performances de cette technologie, ses contraintes ainsi que les opportunités d’investissement qu’elle offre.
Ouvrant les travaux, le représentant de la cheffe du projet PADMAR, Christian Houénou, a rappelé que la promotion de la culture sous serre s’inscrit dans la dynamique du gouvernement visant à bâtir une agriculture moderne, résiliente et capable d’assurer la sécurité alimentaire. Il a souligné que cette technologie permet de produire des légumes de qualité tout au long de l’année, indépendamment des aléas climatiques. « Cette technologie, elle est jeune au Bénin. Nous vous exhortons à ne pas faire économie de vérité (…) pour que nous puissions aller très loin dans la promotion de ce que nous appelons aujourd’hui la serriculture au Bénin », a-t-il déclaré.
Une technologie au service de la compétitivité agricole
Représentant le secrétaire général de la CCI Bénin, Félix Agbakou a, pour sa part, rappelé que cette réflexion est au cœur des missions de l’institution consulaire. Selon lui, accompagner les opérateurs économiques, favoriser l’innovation et promouvoir les opportunités d’affaires constituent des priorités pour la Chambre de Commerce. S’appuyant sur les données de l’INSTAD, il a relevé que près de 70 % de la population active béninoise évolue dans le secteur agricole, ce qui impose d’investir davantage dans les innovations susceptibles d’améliorer durablement les performances du secteur. « Nous devons élaborer une feuille de route et nous engager véritablement à traduire tout ce que nous avons dit aujourd’hui en réalité concrète », a-t-il insisté avant de déclarer officiellement ouverts les travaux.
Des performances supérieures aux cultures traditionnelles
Après la cérémonie d’ouverture, le coordonnateur de l’Observatoire du Commerce, de l’Industrie et des Services (OCIS) de la CCI Bénin, Hyppolyte Koukou, a présenté une synthèse du rapport d’analyse consacré à la culture maraîchère sous serre. Sa communication introductive a mis en évidence les nombreux atouts de cette technique de production. Selon sa présentation, les cultures sous serre permettent notamment de protéger les plantes contre les intempéries, de produire hors saison, d’allonger les périodes de récolte et d’améliorer la qualité des produits.
Les données présentées montrent également des rendements largement supérieurs à ceux des cultures en plein champ. Pour la tomate, les expériences menées dans le cadre du PADMAR révèlent des rendements variant entre 1,1 et 7,2 kg/m², contre 0,41 à 0,90 kg/m² en culture traditionnelle. Les fruits issus de la production sous serre bénéficient aussi d’une meilleure conservation et d’une valeur marchande plus élevée.
Des défis à relever pour accélérer la filière
Les échanges ont toutefois mis en lumière plusieurs contraintes qui freinent encore le développement de cette technologie au Bénin. Il s’agit notamment du coût élevé des investissements initiaux, des difficultés d’accès aux financements, du besoin de renforcer les compétences techniques des producteurs, de la disponibilité des semences adaptées ainsi que de la dépendance aux intrants importés.
Malgré ces défis, le rapport de l’OCIS conclut que la culture maraîchère sous serre représente une véritable opportunité économique. Outre l’installation et l’exploitation des serres, de nouvelles perspectives existent dans la production d’intrants spécialisés, la maintenance des équipements, la formation technique ou encore la création d’un label béninois des produits issus de la culture sous serre.
À travers ce débat économique, la CCI Bénin et le PADMAR affichent ainsi l’ambition de contribuer à l’émergence d’une filière maraîchère plus moderne, plus compétitive et davantage capable de répondre aux besoins du marché national et sous-régional.
Augustin HESSOU

