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Décryptage de la théologie Vodun : Le Comité des rites Vodun outille les professionnels des médias

Le Ministère de la Culture, des Arts et du Patrimoine (MCAP), à travers le Comité des Rites Vodun du Bénin, a organisé le samedi 20 juin 2026 à la Maison d’accueil Xwefa (ex-Chant d’oiseau) à Cotonou, une session d’information et de sensibilisation à l’intention des journalistes. Initiée en partenariat avec l’Union des professionnels des médias du Bénin (UPMB), cette rencontre a permis de lever le voile sur les fondements théologiques, éthiques et philosophiques du Vodun, loin des clichés hérités de l’histoire coloniale.

Doter les professionnels des médias d’éléments de langage rigoureux pour parler du patrimoine endogène sans altération. Tel est l’enjeu du déjeuner de presse qui a réuni de nombreux professionnels des médias autour du bureau de l’UPMB, conduit par son président Hervé Hessou, et des membres du Comité des Rites Vodun du Bénin. Cette séance d’information organisée le samedi 20 juin 2026 à la Maison d’accueil Xwefa (ex-Chant d’oiseau) à Cotonou est une initiative du Ministère de la Culture, des Arts et du Patrimoine (MCAP), à travers le Comité des Rites Vodun du Bénin.

Cette session n’a pas été dictée par l’actualité immédiate. Le président du comité, le professeur Mahougnon Kakpo, a tenu à préciser qu’il s’agit d’une activité inscrite de longue date dans leur plan de travail annuel pour s’adresser « aux journalistes, aux artistes et aux communautés ». Co-animée avec le professeur Dodji Amouzouvi, la conférence a abordé l’ordonnancement de l’univers, la place du créateur et l’émanation des esprits.

Au-delà de la métaphysique, la conférence s’est attardée sur l’axiologie du Vodun, révélant un code moral extrêmement rigoureux. Le serment Vodun dresse ainsi une barrière inviolable contre les dérives sociales. Le mensonge, le vol, le parjure, la traîtrise et le faux témoignage y sont « strictement interdits », tout comme l’adultère, l’assassinat ou la convoitise des biens d’autrui.

Sur le plan social et environnemental, cette spiritualité se traduit par des obligations civiques claires. Elle impose la solidarité, l’intégrité, le civisme et le respect des lois de la Cité. Le serment exige également une protection stricte des écosystèmes, notamment à travers la sacralisation des « espèces animales, aquatiques, des essences forestières » et des plans d’eau.

La mort comme une continuité de l’existence

L’un des points majeurs de l’exposé a concerné l’eschatologie Vodun. Contrairement aux idées reçues, le Vodun « refuse la mort comme un achèvement total de la vie ». Le professeur Kakpo a expliqué aux professionnels des médias que la disparition physique n’est qu’un passage, une transition vers l’ancestralisation à travers des cultes comme le Játó ou l’Egungun. Les adeptes aspirent ainsi à une forme de « vie éternelle » où les défunts continuent d’agir sur un autre plan.

Les professionnels des médias ont été invités à percevoir le Vodun non pas comme un simple ensemble de rituels, mais comme un « humanisme total » et une philosophie de l’être. Une identité culturelle commune qui dépasse le cadre strict de la foi. « On peut être de la culture Vodun sans être de religion Vodun », a rappelé Mahougnon Kakpo, soulignant que toute personne issue de l’aire culturelle Adja Tado, du golfe du Bénin et du golfe de Guinée partage intrinsèquement ce socle patrimonial.

Augustin HESSOU

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