Au terme de quatre jours de formation consacrés à la vérification des faits, au journalisme éthique et à la lutte contre les discours de haine, des journalistes et blogueurs ont mis en place un réseau dénommé « Réseau des journalistes et blogueurs pour la paix » pour contribuer à la prévention de l’extrémisme violent au Bénin. La cérémonie de clôture s’est déroulée le vendredi 16 octobre 2026 à Djougou, dans le département de la Donga, en présence des autorités administratives et policières.

Les journalistes et blogueurs du Bénin sont appelés à faire de la qualité de l’information un levier de prévention de l’extrémisme violent et de consolidation de la paix. C’est l’un des principaux enseignements de l’atelier de formation organisé du 13 au 16 octobre 2026 à Djougou, dans le cadre du Projet régional de prévention et de réponse à l’extrémisme violent dans le Corridor Atlantique, avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).
Durant quatre jours, les participants ont approfondi leurs connaissances sur les mécanismes de radicalisation, la vérification des faits, le traitement des informations sensibles en contexte de crise et la prévention des discours de haine. Les échanges et exercices pratiques ont également porté sur les exigences éthiques du métier de journaliste face aux défis sécuritaires.
À la clôture des travaux, Julien Djidonou, représentant de l’équipe projet, s’est félicité de la qualité des communications et de la participation des bénéficiaires. Saluant la disponibilité des formateurs et l’implication des participants, il a estimé que cette rencontre avait été un cadre d’apprentissage mutuel. Il les a exhortés à maintenir leur engagement en faveur d’une communication responsable et de la paix, particulièrement dans le nord du Bénin, confronté à des défis sécuritaires persistants.
Julien Djidonou s’est également réjoui de la mise en place d’un réseau de journalistes et blogueurs, invitant ses responsables à entretenir la dynamique engagée et à poursuivre la collaboration avec les acteurs impliqués dans la prévention de l’extrémisme violent.
La collaboration avec les forces de sécurité mise en avant
Prenant la parole à son tour, le commissaire principal de police Fatoumbi M. Bariou, directeur départemental adjoint de la Police républicaine de la Donga, a insisté sur la sensibilité de la communication en période de crise. Il a invité les professionnels des médias à entretenir une collaboration constructive avec les fonctionnaires de police, soulignant l’importance de la circulation de l’information dans la compréhension et la gestion des situations sécuritaires.
Pour le commissaire principal de police Fatoumbi Bariou, les acquis de cette formation devraient permettre aux participants de mieux appréhender les enjeux liés au traitement de l’information en contexte sensible. Il leur a souhaité un bon retour dans leurs localités respectives.
Un réseau pour promouvoir la bonne information
Représentant l’administration départementale, le secrétaire général du département de la Donga, Saka Abdou Maguidi Gbere Kora, a salué les acquis de cette session, qu’il a qualifiée d’édifiante. Il a notamment relevé les connaissances acquises sur la radicalisation, les techniques de vérification de l’information, les outils numériques et le traitement des sujets sensibles.
Il a surtout mis en avant la création du réseau de journalistes et blogueurs, appelé à devenir un relais de sensibilisation auprès des professionnels des médias et des populations. Sa mission sera notamment de promouvoir la diffusion d’informations fiables, de prévenir la propagation des rumeurs et d’encourager des comportements responsables en période de crise.
Le secrétaire général a, par ailleurs, invité les participants à accompagner les efforts des autorités et des communautés dans la lutte contre l’extrémisme violent. C’est sur cette note qu’il a officiellement déclaré clos les travaux de l’atelier.
À travers cette initiative soutenue par le PNUD et ses partenaires, dont la Norvège et le Danemark, l’ambition est de renforcer la contribution des médias à la cohésion sociale. La mise en place du réseau ouvre ainsi une perspective de collaboration durable entre journalistes, blogueurs et acteurs de la prévention, afin que l’information participe davantage à la construction de la paix plutôt qu’à l’exacerbation des tensions.
HESSOU Romain


