You are currently viewing Diasporama 2026 : Le rendez-vous culturel structurant s’ouvre à Cotonou

Diasporama 2026 : Le rendez-vous culturel structurant s’ouvre à Cotonou

L’Institut Français du Bénin (IFB) accueille du 19 au 24 janvier 2026, la deuxième édition de DIASPORAMA. Cette semaine culturelle dédiée aux expressions de la diaspora béninoise s’ouvre cette année sous le signe de la liberté artistique, avec une carte blanche confiée à Mina Agossi, chanteuse de jazz franco-béninoise au parcours international. La première journée a été consacré à une conférence de presse qui s’est tenue dans la matinée du lundi 19 janvier à l’IFB.

Concerts, projections, débats, masterclasses et rencontres artistiques rythment cette édition portée par une figure singulière du jazz contemporain. À travers DIASPORAMA, l’Institut Français du Bénin ambitionne de faire dialoguer les mémoires, les territoires et les générations autour d’une diaspora en mouvement.

Une scène pour penser et vivre la diaspora

DIASPORAMA s’impose progressivement comme un rendez-vous culturel structurant à Cotonou. Pensé comme un espace de circulation des idées et des créations, l’événement met en lumière des parcours issus de la diaspora béninoise, qu’ils soient artistiques, intellectuels ou citoyens. Après une première édition saluée avec Fifto Bossi, cette deuxième étape approfondit le concept de carte blanche, en donnant à une personnalité artistique la liberté de dessiner une programmation à son image.

Pour cette édition 2026, Mina Agossi a ainsi été invitée à prendre les rênes du projet. Chanteuse reconnue sur les grandes scènes internationales (de Marciac au Blue Note de New York), elle incarne une diaspora plurielle, libre et assumée, à la croisée des cultures.

Mina Agossi, une voix libre entre les mondes

Artiste hors des cadres, Mina Agossi explore depuis des années un jazz affranchi des conventions. Sa voix, tour à tour douce et abrasive, dialogue avec les musiques du monde, l’électro, le blues et l’improvisation. À DIASPORAMA, elle propose bien plus qu’une programmation artistique : une vision. « Nous avons une opération absolument magnifique qui consiste à réunir des artistes issus de tous les horizons en rapport à la diaspora », a-t-elle confié lors de la conférence de presse. Béninoise officiellement depuis un an, l’artiste revendique un retour aux sources empreint d’émotion et de responsabilité. « Je suis sur mon sol, dans mon pays. Le Bénin, c’est maintenant ma maison, ma vie », a-t-elle affirmé. Cette carte blanche devient alors un espace d’expression total, où musique, cinéma, danse, mode et engagement social se rencontrent.

Une programmation dense et engagée

Tout au long de la semaine, DIASPORAMA propose des masterclasses ouvertes au public, des projections de films documentaires, des débats et des concerts. La masterclass musicale animée par Mina Agossi et le contrebassiste Eric Jacot ouvre les festivités, dans un dialogue subtil entre voix et cordes.

Le cinéma occupe également une place importante, avec la projection du documentaire Retour à Ouidah de Charles Najman, suivie d’un échange, puis le portrait sensible Mina Agossi, une voix nomade réalisé par Jean-Henri Meunier. Le débat consacré au rôle de la diaspora béninoise réunit plusieurs voix, dont le président du HCBE Monde, Romain Da Costa, autour de questions fondamentales sur l’appartenance, l’engagement et la contribution au développement.

Une vision partagée par l’Institut français du Bénin

Pour Jérôme Binet Bos, Directeur délégué de l’Institut français du Bénin, DIASPORAMA répond à une ambition claire. « Diasporama, c’est un projet qui vise à valoriser la diaspora béninoise, mais aussi les artistes et acteurs culturels ici à Cotonou », a-t-il expliqué. Il souligne la richesse d’une programmation multiple, mêlant musique, danse, projections, conférences et initiatives associatives.

Il est important de noter que la majorité des activités sont proposées en accès libre. Seul le concert de clôture, Electrochocs, prévu le samedi 24 janvier, est payant.

Une diaspora en mouvement

À travers DIASPORAMA, Mina Agossi met en lumière des valeurs qui lui sont chères : la force des femmes, l’entrepreneuriat, la transmission, le dialogue des cultures et l’engagement social. « Les deux vibrations, béninoise et française, s’entremêlent et font que je suis qui je suis », a-t-elle résumé.

Plus qu’un événement culturel, DIASPORAMA se présente comme une expérience vivante, un espace de rencontres et de réflexions. Une semaine pour écouter la diaspora, la voir à l’œuvre et la penser dans toute sa complexité, au cœur du Bénin contemporain.

Augustin HESSOU

Laisser un commentaire