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Droits des personnes handicapées : Le Parlement panafricain plaide  pour la ratification du Protocole

Le Parlement panafricain (PAP) a engagé une véritable campagne politique pour accélérer la ratification du Protocole de Malabo et des autres instruments juridiques de l’Union africaine (UA). Dans ce cadre, une délégation de haut niveau a été reçue en audience, ce 29 septembre 2026, par le président de l’Assemblée nationale du Sénégal, Ousmane Sonko.

Les échanges ont été marqués par des prises de parole appuyées. Le président du caucus régional ouest-africain du PAP a défendu avec vigueur la ratification du Protocole révisé de l’Acte constitutif de l’Union africaine. La députée béninoise Alimatou Badarou s’est, pour sa part, vu confier officiellement la mission de se faire la voix des sans-voix en plaidant pour le Protocole relatif aux droits des personnes handicapées en Afrique.

Le bilan actuel est préoccupant, sur les 55 États membres de l’Union africaine, seuls 17 ont ratifié ce texte essentiel. Le Sénégal et le Bénin figurent encore parmi les retardataires. Sur le terrain, pourtant, les deux pays se démarquent par des progrès tangibles en matière d’inclusion et de protection sociale. Le Bénin applique déjà ces standards dans sa gouvernance quotidienne, mais n’a à ce jour ni signé, ni ratifié, ni déposé les instruments du protocole.

C’est donc dans un esprit de solidarité et d’émulation mutuelle que la mission a lancé sa démarche à Dakar, avant de porter le même plaidoyer auprès des autorités béninoises.

Fidèle KENOU

Le plaidoyer de l’honorable Alimatou Badarou

« Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les députés,

Je suis Alimatou Badarou, députée de la République du Bénin et membre du Parlement panafricain.

Je profite de cette haute tribune pour appeler votre attention sur une cause qui m’est chère et qui touche à la dignité humaine : les droits des personnes en situation de handicap sur notre continent.

L’Union africaine dispose d’un instrument juridique de premier plan : le Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des personnes handicapées en Afrique. Adopté en 2018, ce texte est officiellement entré en vigueur en 2024.

Aujourd’hui, la Commission africaine adresse un appel pressant aux États membres qui ne l’ont pas encore fait, afin qu’ils le ratifient et en assurent l’application effective.

Monsieur le Président,

Le Sénégal a, à maintes reprises, démontré son leadership et son attachement à l’inclusion des personnes handicapées. Notre démarche n’a pas pour but de donner une leçon, mais d’inviter votre illustre institution à franchir une étape historique, en ancrant définitivement cet engagement dans le socle juridique africain.

Ce Protocole exige, avant tout, un changement de regard. La personne en situation de handicap ne saurait plus être considérée comme un simple objet de charité ou d’assistance. Elle doit être reconnue comme une citoyenne à part entière, en droit de prendre part aux décisions, de travailler, d’entreprendre, de créer de la richesse et de construire l’Afrique de demain.

Notre demande est simple, claire et fraternelle : nous prions le Sénégal d’engager ou d’accélérer son processus législatif de ratification, en y associant étroitement les organisations représentatives des personnes handicapées.

Car, au fond, une règle d’or doit désormais guider nos parlements : « Rien ne doit plus être fait pour les personnes handicapées, sans les personnes handicapées. »

Au nom du Parlement panafricain, je vous demande respectueusement une écoute attentive et un soutien précieux. Faire triompher ce Protocole ici, au Sénégal, c’est allumer un phare d’espoir qui éclairera les droits des personnes handicapées dans toute l’Afrique.

Je vous remercie. »

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