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Exportation de 250.000 barils de brut en octobre prochain : Le Bénin s’apprête à écrire une nouvelle page de son histoire pétrolière

Après plus de deux décennies d’absence sur le marché international du brut, le Bénin va effectuer sa première exportation de pétrole depuis 1998. Le pays remettra 250 000 barils de pétrole brut sur le marché international en octobre 2026, une cargaison produite par Akrake Petroleum Benin sur le champ offshore de Sèmè, la première commercialisée depuis plus de deux décennies. Cette annonce intervient à point nommé pour le gouvernement qui voit dans cette manne financière modeste mais symbolique un signal fort pour l’économie nationale.

Le gisement de Sèmè, découvert par la compagnie américaine Union Oil en 1969, avait connu une première vie productive entre 1982 et 1998, sous l’exploitation de la norvégienne Saga Petroleum. Environ 22 millions de barils en avaient été produits avant que la chute des cours mondiaux autour de 14 dollars le baril ne contraigne à l’arrêt des opérations.

C’est un contrat de partage de production signé en décembre 2023 qui a relancé le projet. L’opérateur du Bloc 1, Akrake Petroleum Benin S.A., est une filiale de Lime Petroleum Holding, elle-même contrôlée à environ 80 % par le groupe singapourien Rex International Holding. La répartition des parts confère 76 % à Akrake, 15 % à l’État béninois et 9 % à la société Octogone Trading (Octogone E&P), partenaire local spécialisé dans l’énergie et les matières premières.

Sur le plan opérationnel, la redynamisation du champ s’appuie sur une unité mobile de production offshore couplée à un navire de stockage flottant, selon le schéma technique low-cost habituel du groupe Rex. Le forage du puits horizontal AK-2H, achevé après le lancement de la campagne en août 2025, a permis de confirmer le potentiel du réservoir. La production atteint actuellement environ 3 000 barils par jour, contre une prévision initiale comprise entre 5 000 et 6 000 barils. Cet objectif est lui-même très en retrait par rapport aux 15 000 à 16 000 barils par jour initialement espérés lors du lancement du projet. La reprise de l’exploitation du champ offshore a débuté en mars 2026 avec la mise en production d’un second puits.

Côté réserves, un audit indépendant réalisé par Tetra Tech RPS Energy, daté du 17 avril 2025, a permis de certifier des réserves prouvées et probables (2P) de 10,9 millions de barils, tandis que des travaux d’exploration plus larges évaluent le pétrole en place à environ 950 millions de barils. Toutefois,  ce potentiel reste à confirmer par de futurs forages.

Cette opération s’inscrit dans un contexte plus large de repositionnement du Bénin sur la carte énergétique régionale. Le pays sert déjà de point de sortie au brut nigérien acheminé par l’oléoduc Bénin-Niger. Mais l’exportation d’octobre marquera une différence de taille. Pour la première fois depuis 1998, il s’agira de pétrole extrait du sous-sol béninois lui-même, et non de brut en simple transit. Un jalon modeste en volume, mais chargé de portée symbolique et économique pour notre pays.

Olivier ALLOCHEME

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