Un forum stratégique s’est ouvert ce mercredi 21 octobre 2026 à Cotonou. Porté par Afreximbank en partenariat avec la GDIZ et Panafritex, l’événement est axé sur le thème : « Investir dans l’industrialisation et la création de valeur ».

La cérémonie d’ouverture du Forum des Zones Économiques Spéciales s’est tenue ce mercredi 21 octobre 2026 au Sofitel Hôtel de Cotonou. Porté par Afreximbank en partenariat avec la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ) et Panafritex, cet événement rassemble investisseurs, décideurs publics, institutions financières et acheteurs internationaux. Placé sous le thème « Investir dans l’industrialisation et la création de valeur », l’objectif central est d’accélérer la transformation locale des matières premières, de renforcer les capacités productives et de bâtir des chaînes de valeur compétitives au sein de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAF).
Dès l’entame de la cérémonie d’ouverture, l’enjeu des travaux a été clairement circonscrit : rompre définitivement avec le modèle extractif brut pour bâtir une économie souveraine fondée sur la manufacture.
Létondji Beheton, Directeur général de la SIPI-Bénin, a souligné l’urgence d’un changement de paradigme pour le continent. « Depuis plusieurs décennies, la plupart des pays africains ont toujours exporté leurs matières premières, agricoles ou de leurs ressources minières à l’état brut sans aucune transformation. Ce modèle économique a contribué à appauvrir la plupart des pays africains », a-t-il déploré. Rappelant qu’avec un PIB de 19,4 milliards de dollars en 2023 pour 13,4 millions d’habitants, l’économie béninoise est longtemps restée tributaire des rentes agricoles, le directeur a exposé les avancées tangibles de la GDIZ. « Aujourd’hui, grâce à la GDIZ, nous transformons 40 000 tonnes de fibre de coton, ce qui représente 12,7 % de notre production annuelle de fibre, avec plusieurs unités intégrées du textile qui sont installées dans la zone (…) pour passer de la fibre au vêtement, avec une capacité totale de plus de 50 millions de pièces de vêtements installées », a-t-il précisé. La zone traite également plus de 125 000 tonnes de noix de cajou par an, tout en affichant un bilan de plus de 25 000 emplois créés et une contribution directe à l’atteinte d’un taux de croissance de 7,5 %.
Abondant dans le même sens, Jean Arsène Yérima, Directeur des opérations d’Afreximbank pour l’Afrique de l’Ouest francophone, a rappelé la profondeur historique du textile béninois avant d’égrener les défis continentaux. Pour lui, en 2025, l’Afrique a importé pour près de 40 millions de dollars de textiles et de vêtements. « Nous représentons près d’un dixième de la population mondiale, et pourtant nous disposons de moins de 2 % de la capacité mondiale de transformation textile », a-t-il analysé avant de réaffirmer l’engagement de la banque panafricaine qui a déjà injecté plus de 2 milliards de dollars dans les parcs industriels africains et cofinancé la GDIZ à hauteur de 69,3 millions d’euros. Il a par ailleurs annoncé l’installation imminente d’un bureau d’Afreximbank au cœur même de la GDIZ et invité les industriels à saisir les mécanismes de garantie, de capital-patient (FEDA) et de règlement en monnaies locales (PAPSS).

L’ouverture officielle des travaux a été prononcée par Eustache Kotingan, président du Conseil National du Patronat (CNP-Bénin), qui a assuré les investisseurs de l’accompagnement vigilant du secteur privé local. « Le patronat du Bénin incite tous les investisseurs ici à pouvoir venir dans notre zone (…) Sachez que nous sommes très préoccupés par tout ce qui a été mis en place déjà au niveau de la GDIZ, toutes les facilitations pour pouvoir faire grandir vos affaires », a-t-il déclaré.
Après les interventions protocolaires, les travaux de cette première journée se sont poursuivis à travers des panels, des tables rondes de haut niveau, des rencontres Business-to-Business et Business-to-Government. Les échanges ont notamment porté sur la construction des hubs industriels de nouvelle génération, le raccordement du coton africain aux acheteurs mondiaux, les solutions de financement pour l’industrie textile, la mise en œuvre de l’African Buyers Programme ainsi que la fluidification de la logistique et des chaînes d’approvisionnement.
À noter que la seconde et dernière journée du forum sera marquée, ce jeudi 22 octobre, par une immersion de terrain et une visite guidée des unités de production au cœur de la Zone industrielle de Glo-Djigbé.
Augustin HESSOU

