Après plusieurs mois d’information et de sensibilisation, la mairie de Cotonou passe à la phase opérationnelle de son action de libération de l’espace public. L’opération démarre officiellement le lundi 21 septembre 2026 et concernera en premier lieu les garages installés dans l’emprise des voies publiques. L’annonce a été faite vendredi 18 septembre à l’occasion d’une conférence de presse tenue à l’hôtel de ville, en présence de la Première adjointe au maire, Arlette Saïzonou, et du Directeur des Services techniques, Urbain Abdel Aziz Kpatchia.

L’opération fait suite au communiqué municipal n°13 du 13 avril 2026 relatif à l’enlèvement des épaves et véhicules abandonnés, ainsi qu’à la mise en conformité des garages dont les activités débordent sur les emprises publiques. Pour la municipalité, l’objectif est de restaurer progressivement les conditions normales de circulation et d’usage des rues de Cotonou.
Présentant les fondements de cette initiative, Arlette Saïzonou l’a inscrite dans le cadre du projet de mandature « Cotonou 2026-2033 : Changer d’échelle ». La Première adjointe au maire a notamment mis en avant la nécessité de « réparer la ville » et de la réconcilier avec ses mobilités. Selon elle, une ville fonctionnelle doit offrir des rues accessibles, des trottoirs praticables, des espaces publics ordonnés et des voies de circulation sécurisées.
La municipalité veut toutefois dissocier cette opération d’une démarche de déguerpissement social. « Il ne s’agit pas d’une opération de déguerpissement », a précisé Arlette Saïzonou, mais d’une action de remise en ordre et de salubrité urbaine. Elle a également rappelé l’importance accordée par le maire Luc Gnacadja à l’économie populaire, dont la valorisation figure parmi les priorités de son mandat.
Cinq mois de sensibilisation
Le Directeur des Services techniques, Urbain Abdel Aziz Kpatchia, a pour sa part, rappelé que la mairie intervient après une phase préalable d’information, de dialogue et de sensibilisation. À la suite du communiqué du 13 avril, un délai de 90 jours avait été accordé aux personnes concernées afin de libérer volontairement les emprises irrégulièrement occupées.
Les chefs d’arrondissement et les chefs de quartier ont également été mobilisés pour aller au contact des acteurs, notamment des garagistes, afin de les informer et de les responsabiliser. La démarche municipale se veut ainsi graduelle : information et sensibilisation, dialogue, préavis, notification, puis exécution. « Le dialogue n’exclut pas l’application de la règle », a souligné le Directeur des Services techniques.
Pour la mairie de Cotonou, l’opération ne doit pas se limiter à une intervention ponctuelle. Elle s’inscrit dans une volonté de parvenir progressivement à une régulation permanente de l’occupation du domaine public.
L’opération sera conduite dans le respect des dispositions applicables à l’occupation du domaine public, à la circulation, au stationnement et à la fourrière municipale. Les équipes procéderont à la constatation des situations irrégulières et pourront, selon les cas, enlever les véhicules concernés et les transférer à la fourrière.
La Direction de la Police municipale assurera la coordination opérationnelle, en collaboration avec les arrondissements, les services techniques, financiers et juridiques, la fourrière municipale ainsi que la Police républicaine.
La mairie de Cotonou assure également que les interventions feront l’objet d’une traçabilité administrative et financière. Les propriétaires ou ayants droit disposeront des procédures prévues pour justifier leur qualité et récupérer, le cas échéant, leurs véhicules après règlement des sommes dues.
À travers cette opération, la municipalité entend progressivement passer de la sensibilisation à une régulation permanente de l’occupation du domaine public. Les propriétaires de véhicules, responsables de garages et autres usagers concernés sont donc invités à libérer spontanément les emprises irrégulièrement occupées avant le début des opérations qui démarrent ce lundi 21 septembre.
À quelques jours du démarrage effectif, la mairie de Cotonou invite donc les propriétaires de véhicules, responsables de garages et autres usagers concernés à prendre les dispositions nécessaires pour libérer spontanément les emprises irrégulièrement occupées.
L’ambition affichée par la mairie est de permettre aux rues de Cotonou de retrouver pleinement leur vocation collective, dans un cadre présenté comme compatible avec les activités économiques et les besoins de mobilité des populations. « La rue est notre maison à tous ; nous devons la protéger et la respecter », a rappelé la Première adjointe au maire.
HESSOU Romain

