Le Gouvernement béninois officialise l’interchangeabilité commerciale des bouteilles de gaz de pétrole liquéfié (GPL). Un arrêté interministériel signé le 30 septembre 2026 fixe désormais les règles applicables à cette mesure qui permet aux consommateurs d’échanger une bouteille vide contre une bouteille pleine d’une autre marque, sans frais supplémentaires autres que le prix de la recharge.

Un même format, plusieurs marques : c’est une évolution importante pour les consommateurs de gaz domestique au Bénin. L’arrêté interministériel n° 2026/049, signé par les ministres en charge de l’Énergie, du Commerce et des Finances, encadre officiellement les modalités de mise en œuvre de l’interchangeabilité commerciale des bouteilles de GPL.
Concrètement, un consommateur détenant une bouteille vide pourra désormais se rendre dans une station-service ou un point de vente agréé et l’échanger contre une bouteille pleine d’une autre marque, à condition que les deux bouteilles présentent le même format et les caractéristiques techniques requises. L’opération s’effectue sans frais additionnels, le consommateur ne devant acquitter que le prix de la recharge de gaz. Cette disposition vise notamment à faciliter l’accès au GPL et à éviter aux ménages de multiplier les déplacements à la recherche d’un point de vente distribuant exclusivement leur marque habituelle.
Trois formats concernés
Le dispositif s’applique à trois catégories de bouteilles couramment utilisées sur le marché béninois. Il s’agit des bouteilles de 3 kg, avec camping valve et sans cerceau, des bouteilles de 6 kg, avec camping valve et cerceau, ainsi que des bouteilles de 12,5 kg, équipées d’un robinet.
L’interchangeabilité ne signifie toutefois pas que toutes les bouteilles peuvent être acceptées sans contrôle. Des exigences techniques et de sécurité demeurent applicables à chaque opération.
Le principe posé par l’arrêté est celui de l’échange, mais certaines situations autorisent le vendeur à refuser une bouteille. Le refus doit alors être justifié par un problème de sécurité ou de conformité. Sont notamment concernés les cas de déformation importante ou de corrosion susceptible de compromettre l’intégrité de la bouteille, les fuites ou la détérioration du robinet et des dispositifs de sécurité. Une bouteille dont l’identifiant est absent, altéré ou illisible, ou dont la durée de validité réglementaire est dépassée, peut également être refusée.
Ces dispositions visent à concilier la facilité d’accès au gaz domestique avec les exigences de sécurité liées à la manipulation et à la circulation des bouteilles de GPL.
La DPB chargée de la compensation et de la traçabilité
Pour assurer le fonctionnement du mécanisme entre les différents opérateurs, l’arrêté prévoit un système de compensation centralisé impliquant la société Dépôts Pétroliers du Bénin (DPB). Les échanges physiques de bouteilles entre opérateurs devront notamment être effectués au moins une fois par semaine sur les sites de la DPB. Le dispositif s’appuie également sur une plateforme électronique destinée à assurer la traçabilité des bouteilles.
Chaque bouteille doit ainsi disposer d’un identifiant unique permettant de suivre ses mouvements et son cycle de vie dans le circuit de distribution.
Le texte prévoit, en outre, un mécanisme de renouvellement du parc. Chaque opérateur est tenu d’acquérir annuellement un quota minimal de nouvelles bouteilles correspondant à 10 % au moins du volume moyen annuel des trois dernières années. L’objectif est de contribuer au renouvellement et à l’assainissement progressif du parc de bouteilles en circulation.
Des sanctions en cas de manquements
L’interchangeabilité commerciale s’accompagne d’obligations pour les opérateurs et les distributeurs. Le refus injustifié d’échanger une bouteille conforme, la facturation abusive de frais supplémentaires, la rétention injustifiée de bouteilles appartenant à d’autres opérateurs ou encore les manquements à la traçabilité sont passibles de sanctions.
Selon les dispositions annoncées, les contrevenants s’exposent aux sanctions prévues par la réglementation, pouvant aller jusqu’au retrait de l’agrément. Le suivi du dispositif est assuré dans le cadre d’un mécanisme de contrôle associant les structures techniques concernées et les représentants des opérateurs, sous l’autorité du ministère chargé du Commerce.
Romain HESSOU

