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Hommages à un homme politique au parcours exceptionnel: Ifangni célèbre de son vivant son fils Louis Gbèhounou Vlavonou

L’arrondissement de Ko-koumolou, dans la commune d’Ifangni, a vécu ce samedi 20 juin 2026, une journée d’émotion peu ordinaire. Autorités, têtes couronnées, parlementaires, sages et populations des sept arrondissements se sont rassemblés pour célébrer, de son vivant, l’ancien président de l’Assemblée nationale, le Dr Honoris Causa Louis Gbèhounou Vlavonou.

La cérémonie s’est ouverte par une messe d’action de grâce célébrée par le père Robert Tozé, curé de la paroisse Saint-François-Xavier de Daagbé. Présentant Vlavonou comme « un signe », le célébrant a salué l’humilité et la proximité qui ont marqué son parcours, saluant l’initiative d’Ifangni d’honorer l’un des siens de son vivant : « Célébrons nos modèles avant les oraisons funèbres. »

Au nom du comité d’organisation, Mathieu Ahouansou a salué un hommage « mérité », relevant la mobilisation des députés du Plateau et la présence amicale d’une délégation du Bloc Républicain, signe de « solidarité agissante » entre frères.

« Une empreinte qui dépasse les frontières du territoire »

Dans un discours dense, le maire d’Ifangni, Anselme Dossou Aguémon, a dressé le portrait d’un homme dont la grandeur, a-t-il dit, se mesure moins aux fonctions exercées qu’à l’empreinte laissée dans le cœur des populations. Ancien colonel des douanes, plusieurs fois député, premier lauréat béninois du titre de Docteur Honoris Causa à l’UPAO, Vlavonou s’est imposé, selon lui, comme une référence de sagesse. Citant Mandela : « ce qui compte, c’est la différence que nous avons faite dans la vie des autres », l’édile a salué un homme qui a choisi d’être « un bâtisseur plutôt qu’un spectateur », avant d’associer son épouse à l’hommage, « cette force tranquille qui accompagne sans chercher la lumière » : « Honneur au couple Vlavonou ! Vive le Bénin ! »

Le « Francis Ngannou » de Banigbé devenu défenseur d’un peuple

Moment le plus inattendu de la cérémonie, le témoignage de Ganiou Olaïfa, porte-parole de la génération scolarisée à Banigbé entre 1960 et 1965, a rappelé la stature imposante du jeune Louis, surnommé en plaisantant « le Francis Ngannou » de l’époque pour sa carrure redoutée à la récréation. Derrière cette force, a-t-il précisé, se cachait un protecteur : « Louis ne se servait jamais de sa force contre les faibles. Il s’en servait pour les protéger. » Pour ses anciens camarades, l’homme défend désormais « tout un peuple » plutôt qu’un camarade de classe.

« Solide comme le baobab qui tient face au vent »

Présidente du Caucus des femmes parlementaires du Bénin, Djamilatou Mohamed Sabi a comparé l’ancien président à un baobab, « solide face au vent », saluant son sang-froid et sa capacité à désamorcer les tensions par l’écoute. Elle a rappelé que c’est sous sa présidence qu’a été créé le Caucus des femmes parlementaires : « Un homme de paix, de principes, de dialogue et de vision. Nous sommes beaucoup à l’appeler Papa. »

« Qui suis-je ? » : l’émotion d’un homme face à son histoire

Visiblement touché, Louis Gbèhounou Vlavonou a clos les témoignages par un discours empreint de gratitude. Reprenant les mots du Magnificat, il a rendu grâce à Dieu, s’interrogeant avec humilité : « Qui suis-je pour que le Seigneur me lève à ce niveau de responsabilité de la Nation ? » Convoquant Pascal sur la grandeur de l’homme qui « se connaît misérable », il a rappelé qu’une gratitude non exprimée est comme « un cadeau emballé mais jamais offert ».

Une longue chaîne de gratitude

Revenant sur deux décennies à l’Assemblée nationale, qu’il a qualifiées de « pèlerinage politique », il a égrené une longue chaîne de remerciements : aux prêtres qui l’ont accompagné spirituellement, puis ses « quatre frères inséparables ». Ses remerciements sont également allés à l’endroit de son aîné en politique Antoine Idji Kolawolé et au patriarche Sèfou Fagbohoun qui l’a positionné pour la première fois sur la liste des élections législatives en 2003.

Sa gratitude la plus appuyée est allée à l’ancien président de la République, Patrice Talon, qui lui a « offert l’opportunité d’exercer au sommet de l’État en qualité de deuxième personnalité » pendant sept ans. « Qu’il reçoive ici l’expression de mes sentiments les plus reconnaissants », a-t-il insisté.

Il a aussi remercié ses collègues députés des 21e et 22e circonscriptions et ceux d’autres départements, promettant de pérenniser ce qui a été bâti ensemble. Sa reconnaissance s’est étendue aux populations d’Ifangni et des communes environnantes, à ses amis du forum FAN-LGV, à l’amicale ABM, à ses collaborateurs du Perchoir dont Ogoutolu Mariano et Mathieu Ahouansou et à la responsable de son cabinet rapproché, Innocencia Alladagbé, chargée de transmettre ses remerciements aux autres membres pour les sacrifices consentis à ses côtés.

Le cercle de sa gratitude s’est enfin refermé sur sa famille, « première école de communion », et sur ses « amis et soutiens de l’ombre ». Dans un moment plus personnel, il a réitéré, à l’attention d’Apolline son épouse, une dédicace inscrite sur son mémoire de DESS de 1993, convoquant le Cantique des Cantiques sur un amour que « les grandes eaux ne pourront éteindre », avant de conclure avec Sénèque : la gratitude est « la plus belle fleur qui jaillit de l’âme ».

Au-delà du protocole, cette cérémonie aura surtout permis à toute une commune de célébrer un homme dont le parcours n’a jamais effacé l’attachement à ses origines, un acte de mémoire vivante rendu à l’un de ses plus dignes fils.

Fidèle KENOU

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