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Journée mondiale de l’approche « Une seule santé » : Le Bénin renforce la riposte aux menaces sanitaires par une action intersectorielle

Face à la multiplication des risques sanitaires, le Bénin entend renforcer la collaboration entre les secteurs de la santé humaine, animale et environnementale. À l’occasion de la 11ᵉ édition de la Journée mondiale de l’approche « Une seule santé », célébrée le mardi 3 novembre 2026 à Cotonou, le Gouvernement a réaffirmé sa détermination à faire de la prévention et de la coordination multisectorielle les piliers de la protection durable des populations.

La santé humaine ne peut être durablement préservée sans celle des animaux et la protection de l’environnement. C’est autour de cette conviction que s’est articulée la célébration de la 11ᵉ édition de la Journée mondiale de l’approche « Une seule santé » (One Health), organisée le mardi 3 novembre 2026, dans la salle Fleuve Jaune du ministère des Affaires étrangères, à Cotonou. Placée sous le thème « Une approche intégré pour protéger durablement la santé humaine, animale et environnementale », cette édition a mobilisé plusieurs membres du Gouvernement, des autorités préfectorales et communales, des professionnels de la santé, des acteurs du secteur vétérinaire et de l’environnement, ainsi que des partenaires techniques et financiers.

À travers cette célébration, le Bénin entend promouvoir une réponse intégrée aux défis sanitaires, dans un contexte marqué par les maladies infectieuses émergentes, les changements climatiques, la dégradation des écosystèmes et les risques liés aux interactions entre les populations humaines et animales. L’approche « Une seule santé » repose ainsi sur une collaboration étroite entre les différents secteurs pour prévenir, détecter et gérer efficacement les menaces sanitaires.

Procédant au lancement officiel de cette journée, le ministre de la Santé, Benjamin Ignace Bodounrin Hounkpatin, a rappelé que les crises sanitaires vécues par le Bénin, notamment le choléra, la fièvre de Lassa, le charbon bactéridien et la COVID-19, démontrent qu’aucun secteur ne peut agir isolément. Il a particulièrement attiré l’attention sur la recrudescence des morsures de chiens et des cas de rage humaine. Selon les données communiquées, 1 809 morsures de chiens ont été notifiées au premier semestre 2026, contre 1 372 sur la même période en 2025, soit une progression d’environ 32 %. Par ailleurs, 25 cas de rage humaine ont été rapportés, contre 18 un an plus tôt.

Face à cette situation, le Gouvernement a organisé, du 15 septembre au 15 octobre 2026, une campagne subventionnée de vaccination antirabique des animaux de compagnie. D’autres mesures portent sur le renforcement de la sensibilisation communautaire, la prise en charge des personnes mordues et l’application des arrêtés préfectoraux interdisant la divagation des animaux. L’ambition affichée est de parvenir à zéro décès humain dû à la rage au Bénin à l’horizon 2030.

La vigilance face aux urgences sanitaires

Le ministre de la Santé a également évoqué la menace de la maladie à virus Ebola, dont un épisode sévit en Afrique depuis le 16 mai 2026, ainsi que la confirmation, le 20 octobre dernier, d’un cas importé à proximité des frontières béninoises. En réponse, le Gouvernement a activé le dispositif national de préparation et de riposte, renforcé la surveillance épidémiologique et communautaire et actualisé le plan de contingence. Il a invité les populations à respecter les mesures d’hygiène, à éviter les rumeurs et à signaler tout cas suspect au numéro vert 136 ou aux relais communautaires.

Pour le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Adin Yeton Bloukounon Goubalan, cette approche est le résultat d’une longue évolution scientifique qui a progressivement établi les liens entre la médecine humaine, la médecine vétérinaire et la préservation des écosystèmes. Il a rappelé les efforts engagés par le Bénin depuis 2019, notamment la priorisation des maladies zoonotiques telles que l’influenza aviaire hautement pathogène, la rage, le charbon bactéridien et les fièvres hémorragiques. Les campagnes de vaccination des animaux de compagnie contre la rage, organisées en 2019, 2020, 2023 et 2025, ainsi que les formations en épidémiologie de terrain, témoignent également de cette dynamique.

Le ministre Bloukounon Goubalan a toutefois souligné la nécessité de renforcer les dispositifs de surveillance, d’améliorer le partage des informations entre les secteurs et de mobiliser davantage de ressources pour assurer une riposte rapide et coordonnée.

L’environnement, un maillon essentiel de la santé collective

Abondant dans le même sens, le ministre du Cadre de vie et des Transports, chargé du Développement durable, Georges Alé, a insisté sur les conséquences sanitaires de la pollution, de la contamination des eaux, de la mauvaise gestion des déchets, de la dégradation des terres et des dérèglements climatiques. Pour lui, la protection de l’environnement ne relève pas uniquement d’une exigence écologique, mais constitue également un investissement stratégique pour la santé publique, la sécurité alimentaire et la résilience des territoires.

Il a plaidé pour une synergie renforcée entre les ministères sectoriels, une meilleure intégration des impératifs sanitaires et environnementaux dans les politiques de développement, ainsi qu’une mobilisation accrue des collectivités territoriales, des chercheurs, du secteur privé et de la société civile.

De son côté, le préfet du Littoral, Gilbert Déou Malè, a mis l’accent sur le rôle déterminant des communautés dans la mise en œuvre de cette approche. Il a particulièrement salué l’engagement des agents de santé communautaire qualifiés et des relais communautaires, dont la proximité avec les ménages favorise la sensibilisation, la prévention et la détection précoce des risques. Il a également invité les acteurs de la santé animale et de l’environnement à s’appuyer davantage sur ce dispositif communautaire.

Coordonnée au niveau national par le Conseil national de lutte contre le VIH/Sida, la Tuberculose, le Paludisme, les Hépatites, les Infections sexuellement transmissibles et les Épidémies (CNLS-TP), l’approche « Une seule santé » appelle ainsi à dépasser les cloisonnements institutionnels pour construire une réponse collective et durable aux menaces sanitaires.

Au terme de cette célébration, le message des autorités est sans équivoque ; la prévention des risques sanitaires est une responsabilité partagée. La mutualisation des compétences, le partage permanent des informations et la coordination des interventions devront désormais se traduire davantage dans les pratiques quotidiennes, afin de garantir un environnement sain et de préserver la santé des générations présentes et futures.

En ouvrant officiellement cette 11ᵉ édition, le ministre Benjamin Hounkpatin a appelé l’ensemble des acteurs institutionnels, des collectivités territoriales, des professionnels et des communautés à faire de la coopération multisectorielle une pratique permanente. Au-delà de la célébration, l’enjeu est désormais de traduire le principe « Une seule santé » en actions concrètes et durables, au bénéfice des personnes, des animaux et des écosystèmes.

HESSOU Romain

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