À Bétérou, dans la commune de Tchaourou, l’accès à l’eau potable en quantité et en qualité est une réalité. Des localités autrefois dépendantes des rivières, marigots et points d’eau partagés avec les animaux basculent progressivement vers des réseaux structurés, des bonnes fontaines et des branchements particuliers à domicile. Dans les villages, on parle de santé retrouvée, de temps gagné et de dignité.

D’un approvisionnement “à la course” à un service organisé
À Kaki Koka, Chando Martin résume la période d’avant en une image forte : « nous faisions la course avec les porcs » pour puiser une eau de rivière avant qu’elle ne soit souillée, dès quatre heures du matin, au prix d’une corvée épuisante pour les femmes. L’arrivée du service public d’eau potable change le quotidien : moins de déplacements, moins de stress, et surtout un impact sanitaire tangible. La personnalité locale cite une baisse nette des maladies liées à l’eau sale (diarrhées, dysenteries, maux de ventre), et donc des dépenses de soins qui reculent pour les ménages.
Le socle technique : le SAEPmV BETEROU 1, livré et contrôlé
Cette amélioration des conditions de vie des populations s’appuie sur un investissement lourd et stratégique. Le Programme AQUA VIE, qui prévoit la réalisation de 95 systèmes multi-villages (SAEPmV), inclut le SAEPmV de BETEROU 1, dont le constat d’achèvement est fait. Le dispositif s’articule autour d’une station unique de traitement située à Tchokpassi, raccordée au réseau SBEE (100 A) et appuyée par un groupe électrogène (80 KVA), avec locaux techniques/administratifs et équipements de dosage fonctionnels. Côté production, plusieurs forages alimentent le système (F2, F14, F4, F6), chacun disposant d’un local technique et d’équipements fonctionnels, avec des pompes (type Grundfos) et des débits/paramètres de pompage documentés.
Un réseau de distribution étendu et des bornes-fontaines
L’ouvrage de stockage est un château d’eau de 300 m³ et le réseau de canalisation représente 49 765 mètres linéaires de tuyaux PEHD (dont 3 030 ml de refoulement et 46 734 ml de distribution).
Le prix et l’acceptabilité sociale
À Kaïkpa, la fontainière Assapka Yawa, gérante d’une borne-fontaine, décrit une demande forte (jusqu’à 5 000 FCFA de ventes par jour quand l’affluence est là) et confirme le tarif local : 600 FCFA le mètre cube. À Igbelé, la gérante Oluwadara Célestine confirme la forte fréquentation quotidienne.
Bétérou est désormais dans l’accès universel à l’eau potable par la densification des ouvrages et l’extension du réseau, avec un système multi-villages dont l’achèvement et les performances de bornes-fontaines ont été formalisés et testés.

