Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), à travers le projet « Approche préventive pour la protection et le développement dans le Golfe de Guinée (Facilité de prévention) », a organisé du 16 au 19 juin 2026, au Centre pastoral Monseigneur Okioh de Natitingou, un atelier consacré à l’élaboration des Plans locaux de sécurité (PLS) des communes de Matéri et de Tanguiéta. Cette initiative vise à doter ces deux communes frontalières d’outils de planification intégrant les dimensions du genre, de la prévention des conflits et de la lutte contre la prolifération des armes légères et de petit calibre.

L’atelier d’élaboration des Plans locaux de sécurité intervient dans un contexte de dégradation de la situation sécuritaire dans le nord-ouest du Bénin. Depuis 2021, les communes de Matéri et de Tanguiéta sont confrontées à des incursions de groupes armés non étatiques, à la circulation illicite des armes, aux tensions communautaires et à une vulnérabilité accrue des populations, notamment des femmes et des jeunes. Face à ces défis, le PNUD accompagne les acteurs locaux dans la mise en place de Plans locaux de sécurité élaborés de façon participative afin de renforcer la prévention des conflits et la cohésion sociale.
La cérémonie d’ouverture a été marquée par les interventions du maire de Natitingou, Taté Ouindeyama, de la coordonnatrice du projet Prévention de l’Extrémisme Violent du PNUD, Sakinatou Bello, ainsi que du secrétaire général du département de l’Atacora, Abdoulaye Affo, représentant le préfet. Tous ont insisté sur la nécessité d’une réponse concertée aux défis sécuritaires qui touchent les communes frontalières.
Les participants ont suivi plusieurs communications portant sur le contexte sécuritaire régional, les violences basées sur le genre, liées à l’extrémisme violent, la méthodologie d’élaboration des Plans locaux de sécurité, les instruments juridiques de contrôle des armes légères et de petit calibre, ainsi que les risques liés aux engins explosifs improvisés. Ces présentations ont été animées par des experts du PNUD, du Centre de perfectionnement aux actions post-conflictuelles de déminage et de dépollution (CPADD) et de la gouvernance sécuritaire.
Les travaux de groupe ont constitué une étape importante de l’atelier. Répartis par commune, les participants ont contribué à l’élaboration d’un diagnostic local en analysant les incidents sécuritaires, les zones à risque, les conflits liés aux ressources naturelles, les initiatives communautaires existantes ainsi que les vulnérabilités spécifiques des femmes et des jeunes. Cette approche participative doit permettre de bâtir des Plans locaux de sécurité adaptés aux réalités de chaque territoire.
L’atelier a réuni les maires, chefs d’arrondissement, secrétaires exécutifs, responsables des forces de sécurité, organisations de la société civile, leaders communautaires, représentants des femmes et des jeunes, ainsi que des cadres du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique.
À l’issue des travaux, plusieurs recommandations ont été formulées pour poursuivre le processus. Les données recueillies serviront à élaborer les premières versions des Plans locaux de sécurité de Matéri et de Tanguiéta, qui seront ensuite examinées et validées par les autorités compétentes avant leur adoption. Un dispositif de suivi-évaluation accompagnera leur mise en œuvre, avec des actions de renforcement des capacités et de sensibilisation des populations. À travers cette démarche, le PNUD entend contribuer à faire des communes de Matéri et de Tanguiéta des acteurs de premier plan dans la prévention des conflits, la consolidation de la paix et le renforcement de la sécurité humaine dans le nord-ouest du Bénin.
Propos de quelques participants
NOMA AMADOU Aboubacar, Maire de la Commune de Tanguiéta
« …Nous pouvons espérer arriver au bout du phénomène qui nous menace dans nos deux communes. »

« Nous avons un sentiment de satisfaction totale après quatre jours d’intenses activités. Nous avons en effet pris part à un atelier d’élaboration de plans locaux de sécurité de Materi et Tanguita. Cet atelier nous a appris beaucoup de choses qui nous amènent à réfléchir, à toujours réfléchir sur la sécurité qui est perturbée dans nos deux communes. C’est dans cette logique que le PNUD finance les plans locaux de sécurité. Nous avons mené des activités de diagnostic qui nous ont permis d’analyser cinq outils relatifs à la cohésion sociale, au pastoralisme, et autres pour pouvoir finalement trouver les leviers essentiels sur lesquels il faut agir pour lutter contre l’insécurité qui nous menace dans nos deux communes. Nous formulons l’espoir de voir ces plans locaux prospérer. Il y a beaucoup de choses qu’on ignorait. L’atelier nous a permis de savoir beaucoup de choses dont on n’avait pas connaissance sur le plan de la sécurité. Je crois qu’avec cet outil, nous pouvons espérer arriver au bout du phénomène qui nous menace dans nos deux communes. »
AZAFLA Azad, Secrétaire Exécutif de la Mairie de Tanguiéta
« Cet atelier nous permettra désormais de connaitre le niveau de sécurité »

« Mes impressions sont bonnes par rapport à cet atelier. D’abord, j’ai vu des acteurs à la base, la première chaine d’acteurs qui est intéressée par cet atelier qui s’y est mis formidablement. Ensuite, je suis en train de découvrir que nous avons de gros défis au plan sécuritaire. Beaucoup de choses se passent et on n’est même pas informé. Cet atelier nous permettra désormais de connaitre le niveau de sécurité, les zones vraiment à risque et les dispositions à prendre pour mieux sécuriser nos communautés et aussi d’avoir un plan d’anticipation. Si l’élaboration de ce plan local de sécurité peut-être vite faite, cela va beaucoup nous sauver car cela y va de notre sécurité et du développement de nos localités. Mon souhait est que les prochaines étapes se déroulent très vite pour qu’à la fin, nous ayons vraiment un plan de sécurité communal qui puisse nous aider pour stabiliser les populations de nos localités. »
GNAMI Yombo Richard, Membre du Comité Communal de Paix de Matéri
« Nous avons assez d’éléments maintenant pour convaincre la population… »

« A cet atelier, nous avons appris beaucoup de choses. Nous avons eu assez d’arguments sur cette approche qui nous a permis de faire un travail durant quatre jours et de sortir cinq outils qui vont nous permettre de déboucher sur le plan local de sécurité. Je crois que les outils qu’on a renseignés vont nous permettre véritablement de trouver les solutions pour lutter contre ces terroristes. Nous avons assez d’éléments maintenant pour convaincre la population qui était réticentes pour ne pas avoir de contact avec les forces de défense et de sécurité. Je crois qu’actuellement nous allons travailler sur cela. L’espoir est permis. »

