Le ministre José Didier Tonato a présenté mardi un budget en baisse de 13,72%, tout en maintenant un vaste programme d’électrification rurale et d’accès à l’eau potable.

Le ministre de l’Énergie, de l’Eau et des Mines, José Didier Tonato, a défendu ce mardi 25 novembre 2025 devant la commission budgétaire de l’Assemblée nationale une enveloppe de 175,27 milliards de francs CFA pour 2026, contre 203,14 milliards en 2025. Cette régression de 13,72% n’affecte pas la structure du budget, qui demeure massivement tourné vers l’investissement avec 97,74% consacrés aux dépenses en capital, soit 171,31 milliards.
Les dépenses ordinaires se limitent à 3,96 milliards (2,26%), destinées aux activités de soutien aux trois programmes métiers du ministère.
50% d’électrification nationale
Le programme Énergie bénéficie de 59,37 milliards de francs CFA et vise des objectifs ambitieux : porter le taux de couverture électrique de 60% en 2024 à 70,18% en 2026, et le taux d’électrification national de 45% à 50% sur la même période.
Parmi les projets phares, le ministre a annoncé l’électrification des localités rurales frontalières et le démarrage des travaux préliminaires pour la construction d’une centrale de 42 MW à Maria-Gléta et d’une autre de 148 à 225 MW à la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ).
La poursuite de la construction de plusieurs centrales solaires photovoltaïques figure également au programme : 25 MW supplémentaires à Pobé (portant la capacité totale à 75 MW), 25 MW à Kandi, 15 MW à Bohicon et Parakou, ainsi que 10 MW à Djougou et Natitingou. L’intensification du raccordement des zones périphériques à forte croissance démographique et le renforcement du réseau de transport d’électricité complètent ce volet.
Eau : o 90% en milieu urbain, 92% en zone rurale
Avec une dotation de 108,43 milliards de francs CFA, le programme Eau représente la part la plus importante du budget ministériel. L’objectif est d’améliorer le taux de desserte en eau potable en milieu urbain de 75% à 90%, et en milieu rural de 80% à 92% d’ici 2026.
Les études et travaux de réalisation de forages d’exploitation se poursuivront dans huit villes non encore couvertes par la SONEB : Karimama, Kalalé, Cobly, Gogounou, Ouèssè, Ouinhi, Kpomassè et Zè. Les infrastructures hydrauliques dans les zones de socle (Savalou, Bantè, Glazoué, Dassa et Savè) verront leurs travaux achevés, tandis que de nouveaux chantiers démarreront dans plusieurs communes du Nord et du Centre.
La mise en service du système d’alimentation en eau potable dans la zone d’Akpakpa à Cotonou, de plusieurs dizaines de systèmes d’adduction d’eau potable multivillages (SAEPmV), de quatre barrages multifonctions dans le Nord et la mise en valeur d’une quarantaine de forages artésiens constituent les autres réalisations attendues.
Mines et pétrole : valorisation du potentiel national
Le programme Mines dispose de 2,18 milliards de francs CFA pour stimuler les recettes liées aux activités extractives. La construction d’un laboratoire de recherche et d’analyse des ressources minérales ainsi que la promotion du potentiel minier béninois sont programmées.
Le ministre a particulièrement insisté sur l’accélération des travaux d’exploration et d’exploitation pétrolière sur le champ de Sèmè et l’ensemble du Bloc 1, menés par le consortium Akrake Petroleum Benin et Octogone E&P. Le démarrage des travaux de construction d’un laboratoire de contrôle de la qualité des produits pétroliers figure également au programme.
Le programme Pilotage et Soutien, doté de 5,28 milliards, vise à créer les conditions optimales pour une mise en œuvre efficace des trois programmes métiers. Le ministre a réaffirmé que l’exécution du budget 2026 sera guidée par les principes de bonne gouvernance et de transparence budgétaire.
Malgré une enveloppe en retrait, ce budget témoigne de la volonté gouvernementale de poursuivre les investissements structurants dans les secteurs stratégiques de l’énergie et de l’eau, essentiels au développement socio-économique du pays.
Fidèle KENOU

