
Le Bénin ne se contente plus de cultiver le coton ; il le façonne. Selon les dernières données du Programme régional de production intégrée du coton en Afrique (PR-Pica), le pays a officiellement décroché le titre de premier producteur de coton en Afrique pour la campagne 2025-2026. Mais au-delà de ce record agricole, c’est l’accélération industrielle au sein de la Zone Industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ) qui marque un tournant historique pour l’économie nationale.
L’époque où la quasi-totalité du coton béninois quittait le port de Cotonou sous forme de balles brutes est en passe de devenir un souvenir. Aujourd’hui, la GDIZ transforme directement sur le territoire 12,7 % de la production nationale. En captant plus d’un huitième des 647 290 tonnes récoltées, la zone industrielle sécurise une part croissante de la richesse au profit des populations locales.
Cette capacité de transformation locale est le pilier d’une économie cotonnière qui représente déjà 12 % du Produit Intérieur Brut (PIB). En intégrant les usines de filature et de confection au cœur de sa stratégie, le Bénin transforme un avantage comparatif agricole en une véritable puissance industrielle.
Avec une production qui surpasse désormais celle du Mali (433 700 tonnes), le Bénin fait d’une pierre deux coups. En étant à la fois premier producteur et leader de la transformation, le pays prouve que l’industrialisation massive est possible. La GDIZ n’est plus seulement une zone de production, c’est le symbole d’un pays qui refuse de subir les cours mondiaux de la fibre brute pour imposer ses propres produits finis sur le marché international.
Augustin HESSOU

