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Projet de loi de finances 2027 : Voici le  pari fiscal du budget  de l’Etat 2027

  • (Le ministre Houngbédji dévoile tous les avantages : Plus de contribuables plutôt que plus d’impôts)    

Le gouvernement finance la hausse de son budget sans créer la moindre taxe. Son levier : élargir l’assiette fiscale en intégrant le secteur informel et les contribuables non déclarés. Une stratégie qui mise sur l’équité et sur la mobilisation des ressources nationales. Comment augmenter un budget de plus de 14 % sans créer d’impôt nouveau ? C’est l’équation que résout le projet de loi de finances 2027, d’un montant de 4 757 milliards de FCFA. Présentant le texte dimanche 18 octobre, le ministre porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, a été clair : la hausse des ressources de l’État ne passera pas par de nouvelles taxes. La réponse tient en une notion technique, mais décisive : l’assiette fiscale. Ne pas alourdir la charge de ceux qui paient déjà

Le premier choix est politique. En renonçant à créer de nouveaux impôts, le gouvernement protège les ménages et les entreprises qui s’acquittent déjà de leurs obligations. Ils ne verront pas leur contribution augmenter du fait de nouveaux prélèvements. Ce choix n’allait pas de soi. Face à des besoins publics croissants, la tentation de la taxe supplémentaire est souvent la plus simple. Le gouvernement a préféré une voie plus exigeante, mais aussi plus juste.

L’assiette, clé de voûte de la stratégie

L’assiette fiscale désigne l’ensemble des revenus, activités et opérations sur lesquels l’impôt est prélevé. L’élargir, c’est faire entrer dans le champ de l’impôt des activités qui y échappaient jusque-là, sans toucher aux taux appliqués. C’est le levier principal retenu pour 2027. Le principe est d’une grande cohérence : si davantage d’acteurs économiques contribuent, les recettes de l’État progressent sans que la charge individuelle augmente. L’effort collectif est mieux réparti. Cette approche présente un autre avantage. Elle préserve la compétitivité des entreprises formelles, dont la charge n’augmente pas, tout en rétablissant des conditions de concurrence plus équitables avec les acteurs non déclarés.

Le secteur informel, un potentiel à intégrer

L’objectif majeur de cette stratégie est la formalisation du secteur informel. Une part de l’activité économique se déroule aujourd’hui en dehors des circuits déclarés. Le gouvernement entend l’accompagner vers la formalisation, afin que chacun contribue selon ses moyens au financement des services publics. La démarche s’adresse aussi aux contribuables non déclarés. Le gouvernement mise sur l’incitation pour les amener à s’acquitter de leurs obligations. Le choix du mot dit l’esprit de la politique : il s’agit d’encourager l’entrée dans le circuit formel.

Pour les opérateurs concernés, la formalisation est aussi une forme de reconnaissance. Une activité déclarée est une activité inscrite dans l’économie officielle du pays, qui participe pleinement à son développement.

Une question d’équité

Derrière la technique fiscale se joue une question de justice. Lorsque seule une partie des acteurs économiques contribue, la charge repose sur un nombre restreint de ménages et d’entreprises. Élargir l’assiette, c’est corriger ce déséquilibre. La stratégie présentée par le porte-parole répond à cette exigence. Elle ne demande pas plus à ceux qui donnent déjà ; elle invite ceux qui ne contribuent pas encore à rejoindre l’effort commun.

Des ressources nationales au service de la croissance

Le choix fiscal s’inscrit dans une orientation plus large du budget 2027 : le soutien à la croissance par une mobilisation accrue des ressources nationales. Plus l’État finance son action par ses propres recettes, plus il gagne en autonomie dans la conduite de ses politiques. Cette mobilisation des ressources internes concourt aussi à la stabilité macroéconomique, autre priorité affichée.   Le gouvernement poursuit la réduction continue du déficit public et la maîtrise de l’inflation. Des recettes plus larges permettent de financer un budget plus ambitieux sans relâcher la discipline budgétaire.

La transparence, contrepartie de l’effort

Demander à davantage de citoyens de contribuer engage l’État. Le troisième pilier du budget 2027, le renforcement de la transparence et de l’efficacité dans la gestion des deniers publics, en est la contrepartie. La confiance des contribuables se construit sur la certitude que leur argent est bien utilisé. En affichant cette exigence de bonne gouvernance au même niveau que ses objectifs de recettes, le gouvernement fait de la transparence un instrument de sa politique fiscale.

Une stratégie à la mesure d’une économie solide

Pour le porte-parole, cette stratégie n’est possible que parce que l’économie béninoise est solide. Il attribue cette robustesse aux réformes structurelles et aux efforts collectifs des dix dernières années. Le budget 2027 en tire les conséquences. Il prouve qu’un État peut accroître ses moyens sans alourdir la fiscalité, à condition d’élargir la base de ceux qui y contribuent. Le Bénin fait ainsi de l’équité fiscale un levier de sa résilience économique

Wandji  

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