
Le ministre de la Justice et de la Législation, Yvon DETCHENOU, entend insuffler une nouvelle dynamique au fonctionnement des juridictions béninoises. À l’occasion de la conférence de rentrée judiciaire 2026-2027, tenue le samedi 17 octobre 2026 au Complexe judiciaire de Cotonou, il a présenté les grandes orientations destinées à améliorer la performance du service public de la justice, renforcer le professionnalisme des acteurs judiciaires et rapprocher davantage les juridictions des justiciables.
Placée sous le thème « Une justice pilotée, performante et proche du justiciable », cette rencontre a réuni les chefs de juridiction et de parquet, les greffiers en chef des cours et tribunaux ainsi que les directeurs techniques et centraux du ministère. Elle a permis de dresser le bilan de l’année judiciaire écoulée et de présenter les indicateurs de performance retenus pour le nouvel exercice.
Des objectifs mesurables pour les juridictions
Dans son intervention, le Garde des Sceaux a exposé sa vision d’une gouvernance judiciaire fondée sur des données fiables, des objectifs clairement définis et une évaluation régulière des résultats. Selon cette approche, les juridictions ne devraient plus fonctionner uniquement sur la base des habitudes ou de l’intuition, mais s’appuyer sur des indicateurs permettant de mesurer leur activité et la qualité du service rendu aux citoyens.
Pour concrétiser cette ambition, Yvon DETCHENOU a présenté trois piliers : la mesure objective de l’activité à travers des indicateurs partagés, la fixation d’objectifs de performance adaptés aux différentes catégories d’acteurs et la modernisation des services par la digitalisation. Cette démarche repose également sur quatre exigences fondamentales : la qualité des données, l’encadrement, la performance et le professionnalisme.
Au total, vingt orientations ont été définies pour guider la mise en œuvre de cette nouvelle gouvernance. Leur application et leur suivi incomberont notamment aux chefs de juridiction, aux chefs de parquet et aux greffiers en chef.
Parmi les mesures annoncées figurent la limitation des rôles à 50 dossiers par audience, la tenue d’audiences de quatre heures afin de préserver la santé des magistrats, la publication des rôles 48 heures avant les audiences et la signature des décisions dans un délai de huit jours. La ponctualité et le respect des exigences professionnelles ont également été présentés comme des impératifs pour les cours et tribunaux sur l’ensemble du territoire national.
Trois prix pour valoriser les performances
Le dispositif prévoit par ailleurs la mise en place de distinctions annuelles destinées à encourager l’excellence au sein de l’institution judiciaire. Selon le ministre, ces récompenses seront attribuées lors de la revue du secteur de la justice ou de l’audience solennelle de rentrée judiciaire, sur la base des tableaux de bord et des rapports de l’Inspection générale de la justice (IGJ).
Trois prix sont envisagés : celui de la décision la mieux motivée, celui de la mise à disposition diligente des décisions et celui de la juridiction la plus performante. À travers cette initiative, le ministère entend valoriser les bonnes pratiques et promouvoir une culture de résultats au sein des juridictions.
Les responsables judiciaires saluent les orientations
À l’issue de la conférence, plusieurs responsables ont exprimé leur appréciation de cette démarche. Le premier président de la Cour d’appel de Cotonou, Alexis METAHOU, le président de la Cour d’appel de commerce, William Codjoh KPAKPASSOU, ainsi que le directeur de cabinet du ministère, Florentin GBODOU, ont salué l’initiative. Ils ont notamment mis en avant l’attention accordée à la personne humaine et à la prise en compte des besoins des justiciables.
Avec ces nouvelles orientations, l’année judiciaire 2026-2027 s’ouvre ainsi sous le signe d’une gouvernance davantage axée sur les résultats, la modernisation et la qualité du service public. Le défi consistera désormais à traduire les objectifs annoncés en améliorations concrètes pour les usagers de la justice.
Romain HESSOU

