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Réouverture attendue de la frontière Bénin-Niger : Tiani salue la démarche de Wadagni et pose des préalables  

À l’occasion d’un entretien accordé, samedi 25 juillet 2026, à la télévision publique nigérienne, le Président du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), le Général d’armée Abdourahamane Tiani, a évoqué les perspectives de réouverture de la frontière entre le Niger et le Bénin. Tout en reconnaissant les avancées enregistrées dans le rapprochement entre les deux pays, il estime que plusieurs préalables doivent être réunis avant toute décision définitive.

Près de trois ans après la fermeture de la frontière terrestre entre le Niger et le Bénin, les autorités nigériennes affichent une volonté d’apaisement, tout en appelant à une approche prudente. Interrogé sur la question lors d’une émission spéciale diffusée à l’occasion du troisième anniversaire de son accession au pouvoir, le Général Abdourahamane Tiani a indiqué que la réouverture de la frontière ne saurait intervenir sans un règlement durable des différends ayant conduit à sa fermeture. « Beaucoup d’eau a coulé sous le pont. Il y a des traces, il y a des plaies qu’il va falloir panser et correctement soigner avant de prendre la décision irréversible de l’ouverture de la frontière », a-t-il déclaré.

Le chef de l’État nigérien a insisté sur la nécessité d’établir des mécanismes permettant d’éviter qu’une frontière commune puisse, à l’avenir, être fermée à la seule initiative des dirigeants politiques. Selon le général d’armée, l’objectif est de faire en sorte que cette frontière soit avant tout « une frontière des peuples et non une frontière d’un individu ». Il a expliqué qu’un comité conjoint a été mis en place afin de formuler des propositions destinées à garantir une ouverture durable et irréversible. « Nous faisons tout pour qu’une fois que cette frontière sera ouverte, aucun individu, si puissant soit-il, ne puisse la fermer selon ses humeurs », a affirmé le Général Tiani.

Un hommage au Président Wadagni

Au cours de son intervention, le dirigeant nigérien a salué la démarche entreprise par le Président béninois, Romuald Wadagni, reçu à Niamey au début du mois de juin dernier. Il a qualifié cette visite de « premier pas historique » dans le processus de normalisation des relations entre les deux pays et a souligné que les peuples béninois et nigérien demeurent liés par une histoire et des intérêts communs. « Le lien entre les peuples est au-dessus du lien entre les chefs d’État », a-t-il déclaré, estimant que les deux parties ont fait preuve de disponibilité et d’engagement en faveur d’un rapprochement.

Revenant sur les circonstances ayant conduit à la fermeture de la frontière, Abdourahamane Tiani a réaffirmé que cette décision s’inscrivait dans le contexte des sanctions imposées au Niger par la CEDEAO à la suite du changement de régime intervenu en juillet 2023. Il a estimé que cette période a conduit les autorités nigériennes à tirer des enseignements sur la nécessité, pour les États africains, de préserver leurs intérêts économiques indépendamment des divergences politiques. À cet égard, il a développé une analyse critique du fonctionnement de la CEDEAO et des relations internationales, évoquant notamment le rôle des puissances occidentales dans les crises internationales. Ces appréciations relèvent de sa position politique exprimée au cours de l’entretien.

Une décision encore en attente

Si le principe d’une réouverture n’a pas été remis en cause, le Général Tiani a indiqué qu’aucune échéance n’était arrêtée à ce stade. Il a précisé que les discussions se poursuivent entre les autorités des deux pays afin de répondre aux préalables identifiés par les comités mis en place.

Pour Niamey, l’enjeu est de parvenir à un accord qui garantisse une ouverture définitive de la frontière commune, dans l’intérêt des populations béninoise et nigérienne, tout en évitant que sa fermeture ne puisse à nouveau résulter de décisions unilatérales des autorités politiques.

Les déclarations du Général Tiani interviennent alors que les relations entre Cotonou et Niamey connaissent un net réchauffement depuis la visite officielle du Président de la République du Bénin Romuald Wadagni au Niger en juin dernier. Elles confirment la volonté des deux États de poursuivre le dialogue, même si la réouverture effective de la frontière reste conditionnée à la conclusion d’un accord répondant aux préoccupations exprimées par les autorités nigériennes.

Romain HESSOU

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