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Sélections nationales féminines : Ouzérou Abdoulaye, entre critiques et devoir de reconnaissance

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Après l’élimination des Amazones du Bénin dans la course aux Jeux olympiques de Los Angeles 2028, le sélectionneur national, Ouzérou Abdoulaye, essuie de vives critiques. Si les résultats appellent naturellement des interrogations, son parcours à la tête des sélections féminines mérite également d’être considéré avec objectivité.

Dans le football, les victoires sont souvent célébrées au nom des joueurs ou joueuses, tandis que les défaites finissent généralement par se concentrer sur un seul homme : l’entraîneur. Ouzérou Abdoulaye en fait actuellement l’expérience. À la suite de l’élimination des Amazones du Bénin des qualifications pour les Jeux olympiques de Los Angeles 2028, le technicien béninois se retrouve au centre des critiques, parfois au-delà du cadre strictement sportif.

Battues 6-2 par les Aiglonnes du Mali lors de la manche retour, après leur victoire 3-1 à l’aller, les Amazones ont vu leur rêve olympique s’envoler. Une désillusion qui suscite des interrogations légitimes sur les choix tactiques, la préparation de l’équipe et la capacité du staff technique à faire franchir un nouveau cap à la sélection. Mais faut-il pour autant transformer cette élimination en procès personnel contre le sélectionneur ? Au-delà des critiques liées aux performances de l’équipe, certains remettent en cause le cumul des fonctions d’Ouzérou Abdoulaye, à la tête des sélections nationales féminines seniors et U20. Pour ces observateurs, la responsabilité de deux équipes pourrait limiter sa capacité à assurer un suivi optimal de chacune d’elles. L’argument mérite d’être examiné. Toutefois, une question essentielle se pose : le sélectionneur s’est-il lui-même attribué ces deux responsabilités ? Rien ne permet de considérer qu’il a décidé seul de cette organisation. En acceptant les missions qui lui ont été confiées, il a répondu à une sollicitation de son employeur. Il appartient donc également aux autorités sportives d’assumer leurs choix et d’évaluer, en toute responsabilité, la pertinence de cette organisation.

Il serait injuste de réduire son bilan à une élimination. Avant cette déconvenue avec les seniors, Ouzérou Abdoulaye a contribué à une performance historique du football féminin béninois avec la sélection U20. Sous sa conduite, les jeunes Amazones ont franchi plusieurs obstacles, notamment face au Burkina Faso, à l’Égypte et à la Côte d’Ivoire, pour décrocher une qualification historique à la phase finale de la Coupe du monde féminine U20. Cette performance constitue un acquis majeur pour le football béninois. Elle a permis au pays de franchir un cap inédit dans son histoire et de démontrer que les sélections féminines nationales peuvent rivaliser avec des adversaires de référence sur le continent. Un tel parcours mérite d’être reconnu, même si les succès passés ne sauraient exonérer un entraîneur de ses responsabilités présentes.

Avec les Amazones seniors, le contexte était différent. Face à une sélection malienne expérimentée, de retour de la Coupe d’Afrique des nations, les Béninoises n’ont pas réussi à préserver leur avantage acquis lors du match aller. L’ampleur de la défaite au retour appelle nécessairement une analyse approfondie. Mais il serait hasardeux d’attribuer cet échec au seul cumul des fonctions du sélectionneur sans disposer d’éléments permettant d’établir un lien direct entre cette organisation et le résultat obtenu. La véritable question est donc celle de la progression du football féminin béninois. Depuis plusieurs années, les différentes sélections peinent à franchir durablement certains paliers. Ouzérou Abdoulaye hérite lui aussi de cette réalité structurelle, qu’il lui appartient désormais de contribuer à faire évoluer. L’élimination des Amazones .

Anselme HOUENOUKPO

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