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Tanguiéta : Le PNUD renforce les mécanismes de prévention de l’extrémisme violent

Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), à travers le projet « Approche préventive pour la protection et le développement dans le Golfe de Guinée (Facilité de prévention) », a organisé les 15 et 16 décembre 2025 à Tanguiéta, un atelier consacré au renforcement des mécanismes et capacités locaux et nationaux de prévention de l’extrémisme violent et des conflits violents.

L’initiative s’inscrit dans un contexte sécuritaire préoccupant dans le département de l’Atacora, en particulier dans les communes de Matéri, Cobly, Boukoumbé, Tanguiéta et Toucountouna, situées à la frontière avec le Burkina Faso et le Togo. Ces zones font face à une combinaison de facteurs de vulnérabilité, notamment la montée de l’extrémisme violent dans le Sahel, la circulation incontrôlée des armes légères et de petit calibre, les tensions intercommunautaires liées à l’accès aux ressources naturelles, ainsi que des inégalités persistantes affectant les femmes et les jeunes.

Depuis 2021, la dégradation progressive de la situation sécuritaire dans le nord-ouest du Bénin s’est traduite par des incursions armées, des attaques contre des postes de sécurité, l’utilisation d’engins explosifs improvisés et des enlèvements. Cette pression accentue la fragilisation de la cohésion sociale et nourrit la méfiance entre populations et forces de défense et de sécurité, tout en exposant davantage les jeunes et les femmes aux discours de radicalisation.

Face à ces défis, le Gouvernement béninois, à travers la Commission nationale de lutte contre la radicalisation, l’extrémisme violent et le terrorisme, ainsi que les coalitions locales pour la paix, encourage la mise en place et la redynamisation de mécanismes communautaires de prévention. Toutefois, ces structures nécessitent un accompagnement soutenu pour jouer pleinement leur rôle sur le terrain.

C’est dans cette dynamique que le PNUD a apporté son appui à travers cet atelier, qui vise à évaluer les capacités des mécanismes locaux existants, à former les acteurs communautaires à la prévention et à la gestion des conflits, et à renforcer l’opérationnalisation des dispositifs de prévention dans les communes ciblées.

Les travaux ont réuni, pour chacune des communes concernées, des membres des mécanismes locaux de prévention, des autorités municipales, des représentants des forces de défense et de sécurité, des organisations de la société civile, ainsi que des femmes leaders et organisations féminines, reconnues comme des vecteurs essentiels de cohésion sociale. Des leaders religieux et traditionnels, des organisations de jeunesse et d’autres personnes-ressources communautaires ont également pris part aux échanges.

Avant la tenue de l’atelier, une évaluation approfondie des mécanismes locaux de prévention a été conduite afin d’identifier leurs besoins spécifiques et d’élaborer un plan de renforcement des capacités adapté. Les participants ont ensuite été formés sur des thématiques clés telles que la médiation communautaire, l’alerte précoce, la sensibilité aux conflits et la gestion inclusive des différends.

À l’issue de la formation, un dispositif de suivi-évaluation et de capitalisation a été mis en place pour assurer un accompagnement participatif des mécanismes locaux, documenter les bonnes pratiques et préparer un atelier de restitution destiné à consolider la pérennité des actions engagées.

HESSOU Romain

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