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Tentative de putsch avortée : « Rien ne justifie un coup d’État », martèle Gilbert Déou Malè

Invité de l’émission « L’Invité » sur ESAE TV, ce dimanche 21 décembre 2025, Gilbert Déou Malè, ministre conseiller à la Justice et aux Relations extérieures et leader du parti Bloc républicain (BR), est revenu longuement sur la récente rencontre du président Patrice Talon avec les professionnels des médias. De la tentative de putsch avortée à la révision constitutionnelle, en passant par les élections législatives et communales de 2026, l’acteur politique a livré une lecture assumée de l’actualité nationale.

Pour Gilbert Déou Malè, la conférence de presse du chef de l’État avec les journalistes nationaux et internationaux a permis de lever de nombreuses zones d’ombre. « Le président est venu mettre fin à plusieurs polémiques, donner des explications à ses compatriotes et à l’opinion internationale », a-t-il estimé, saluant une démarche qu’il juge pédagogique et responsable.

Tentative de putsch : Sur les événements sécuritaires du 7 décembre, le ministre conseiller s’est montré catégorique. « Rien ne justifie un coup d’État », a-t-il martelé à plusieurs reprises, rejetant toute tentative de légitimation des mutineries militaires. Revenant sur la décision du président Patrice Talon de ne pas ordonner des tirs contre les fugitifs, Gilbert Déou Malè y voit un choix à la fois humain et stratégique. « Celui qui est en fuite n’est plus dangereux », a-t-il rappelé, estimant que l’option des enquêtes ciblées était préférable à une riposte létale susceptible d’aggraver la situation, d’autant plus que la caserne de Togbin se trouvait en pleine zone habitée à Cotonou. Il a également salué le courage du chef de l’État, resté, selon lui, aux côtés des forces de défense et de sécurité durant les opérations. « Assumer la magistrature suprême, c’est être prêt à affronter les risques », a-t-il affirmé, évoquant la responsabilité constitutionnelle du président en tant que chef suprême des armées.

Maturité du peuple béninois et rôle des partenaires

Pour Gilbert Déou Malè, la gestion de cette crise révèle une maturité politique du peuple béninois. « La population n’a pas accepté de se faire manipuler », a-t-il souligné, estimant que l’absence de mobilisation populaire en soutien aux mutins constitue un indicateur fort de stabilité démocratique. Concernant l’appui de partenaires comme le Nigeria ou la France, il a parlé d’une coopération technique et ponctuelle, notamment en matière de renseignements et d’appui aérien, afin « d’éviter le carnage » et de préserver l’intégrité territoriale du pays.

Révision constitutionnelle : Sénat, septennat et trêve politique

Sur le second volet de la conférence présidentielle, consacré à la révision de la Constitution, le cadre du Bloc républicain a défendu la légalité et l’opportunité des réformes engagées. À propos de l’institution du Sénat, il a invité les critiques à dépasser les débats sémantiques. « La vraie question, ce n’est pas le nom, mais le rôle que cette institution doit jouer », a-t-il déclaré, présentant le Sénat comme un organe de stabilisation et de médiation entre l’exécutif et le législatif.

Sur le passage au septennat, Gilbert Déou Malè dit avoir été convaincu par les arguments du président Patrice Talon. Selon lui, cette réforme vise à donner au chef de l’État le temps nécessaire pour mettre en œuvre un projet de société cohérent, tout en laissant à la population la possibilité de sanctionner, le moment venu, une gouvernance jugée inefficace.

Quant à la trêve politique, il insiste sur une clarification, « Elle n’interdit pas la critique, mais la remise en cause des fondements de l’action de l’État ». Pour lui, certaines prises de position de l’opposition dépassent la critique légitime et frôlent la mise en danger de l’intérêt national.

Opposition et élections de 2026

Interrogé sur les réactions de l’opposition à la révision constitutionnelle, Gilbert Déou Malè a évoqué des divisions internes et un manque de cohérence stratégique. « Ils ne sont pas contre ce qui est fait, ils sont contre Patrice Talon », a-t-il affirmé, estimant que cette posture nuit au débat démocratique. À l’approche des élections législatives et communales de 2026, le leader BR affiche une confiance assumée. Au sein du Bloc républicain, « tous les militants se considèrent comme candidats », a-t-il indiqué, annonçant une campagne menée dans la sérénité, notamment dans la 10ᵉ circonscription électorale (Savè, Ouèssè et Glazoué).

Gilbert Déou Malè a pour finir rendu hommage aux forces de défense et de sécurité et appelé les populations à faire confiance aux candidats de la mouvance présidentielle. Pour lui, les réalisations enregistrées sous le président Patrice Talon, notamment en matière d’infrastructures, d’eau potable et d’électricité dans les Collines, constituent des arguments solides en faveur de la continuité.

Romain HESSOU

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