
Quatorze enseignants-chercheurs ayant marqué l’histoire du département d’anglais de l’Université d’Abomey-Calavi (UAC) ont reçu les hommages de la communauté universitaire, les 8 et 9 octobre 2026. À travers un colloque scientifique international organisé par la Faculté des Lettres, Langues, Arts et Communication (FLLAC), leurs successeurs ont célébré leur contribution à la formation universitaire et réaffirmé la nécessité de préserver cet héritage tout en adaptant l’enseignement de l’anglais aux réalités actuelles.
Les retrouvailles entre les professeurs retraités et leurs collègues ont donné à cette rencontre une dimension particulière. Pour le chef du département d’anglais, le Dr (MC) Raoul Ahouangansi, il était essentiel que les nouvelles générations connaissent ceux qui ont contribué à bâtir la discipline au sein de l’université. « Il faut que la génération de mon temps puisse voir qu’il y avait des bâtisseurs, il y avait des gens qui avaient travaillé ici, voilà comment ils ont fait », a-t-il déclaré. Au-delà de l’hommage, l’initiative vise à transmettre des exigences qui ont marqué la formation des générations précédentes. Raoul Ahouangansi a notamment rappelé l’importance de la discipline, de l’équité dans l’évaluation et de la rigueur dans le travail universitaire. « Il y avait de l’ordre, il y avait de la discipline, il y avait de la rigueur. Ils sont tous égaux. Pas de gradation ascendante selon les noms », a-t-il souligné.
Pour le doyen de la FLLAC-UAC, le professeur Julien Gbaguidi, cette rencontre constitue un cadre de rapprochement entre les générations d’enseignants-chercheurs. Il y voit une occasion de transmettre le flambeau scientifique sans opposer les anciens aux plus jeunes. « Je crois que c’est une connexion parfaite pour garder le flambeau de l’intergénérationnel, c’est-à-dire que le flambeau est transmis à la jeune génération mais ce flambeau ne constitue pas une rupture mais bien au contraire un flambeau de communion scientifique », a-t-il affirmé. Il a également souhaité que de telles initiatives soient renouvelées.
Adapter l’enseignement de l’anglais aux besoins actuels
Réunissant notamment des participants des universités d’Abomey-Calavi, de Parakou et de Lomé, le colloque a aussi servi de cadre à des échanges scientifiques autour du thème « Langues, sociétés et mutations, enjeux des réformes éducatives et reconfiguration du rôle de l’enseignant d’anglais ».
Pour Dr Raoul Ahouangansi, les méthodes d’enseignement doivent évoluer avec les transformations de la société et les besoins du terrain. « Tel qu’on a fait l’anglais ou qu’on a enseigné l’anglais dans les années 70, 80, 90, on ne peut plus continuer comme ça aujourd’hui, ce n’est pas possible », a-t-il estimé. Il a plaidé pour un enseignement davantage adapté aux réalités professionnelles.
Le doyen Julien Gbaguidi a, pour sa part, insisté sur la place de cette langue dans les interactions internationales, la science et le commerce. Selon lui, la maîtrise de la langue anglaise peut élargir les perspectives professionnelles des apprenants et leur permettre de trouver leur place dans différents secteurs d’activité.
À noter que le colloque a accueilli comme invité le professeur Komlan Mensah Nubukpo, enseignant-chercheur à l’Université de Lomé et ancien ministre de la République togolaise.
Augustin HESSOU

